Ces textes mêlent chroniques du quotidien et analyses politiques. Ils font état des bombardements, de l’eau contaminée et des déchets qui sont devenus menace sanitaire et de l’état des hôpitaux… Mais ils témoignent aussi de la solidarité et de l’obstination à vivre d’une société qui refuse de disparaitre.
Ils révèlent la réalité que l’on cache : 63 % de la superficie de la bande de Gaza est désormais sous occupation et souveraineté israéliennes directe. Les Gazaouis sont entassés dans des espaces de plus en plus réduits tandis que s’agrandissent les zones interdites aux Palestiniens. Entre résilience et épuisement, le Gazaoui commence sa journée par « que va-t-il se passer aujourd’hui ? » En Cisjordanie, la route n’est pas simplement une distance à parcourir, mais une expérience imprévisible, « un court trajet peut se transformer en des heures d’attente, un soldat peut redéfinir ta journée. »
Le Hamas continue de parier sur l’incapacité d’Israël à aller jusqu’au bout, sur une intervention de la communauté internationale… Mais les faits indiquent que la couverture des États-Unis est omniprésente, qu’Israël est décidé à aller jusqu’au bout. Depuis janvier 2026, Israël gère la crise. Dans la première phase, l’arme était l’outil principal, maintenant l’administration organise la vie : l’acheminement de la nourriture, l’eau, l’électricité, la circulation des personnes, les permis de travail. On distribue l’aide sans relancer l’économie, on contient la colère sociale sans engager de négociations politiques. On ne vise pas le choc, mais l’usure silencieuse. Trump fait des projets de promoteur sur la ville, sans consulter ses habitants. « Ainsi la catastrophe devient une offre d’investissement et la tragédie un fichier PowerPoint intitulé : “Gaza, les potentiels inexploités.” Le scénario le plus dangereux reste toutefois non déclaré : le vidage progressif des habitants. Pendant ce temps, la Cisjordanie devient une colonie. Aujourd’hui, la construction d’un avenir ne peut être envisagée indépendamment des transformations du Moyen-Orient. Mais en attendant, sous l’égide de Trump, les peuples du monde entier sont partagés comme un butin.
Édit. Syllepse, juin 2026, 145 pages. WWW. SYLLEPSE.NET 10 €

















