Cour des comptes : un rapport gravé dans le marbre

par | 13 septembre 2026 | Culture

Le récent rapport de la Cour des comptes régionale sur le domaine départemental de Bayssan est une belle illustration des conséquences d’une gouvernance autocratique du Conseil départemental de l’Hérault par Kléber Mesquida.

Au-delà des opacités et des pratiques « borderline » dans la gestion de ce lieu culturel, une chose saute aux yeux : le désastre artistique.

Avant l’éviction de Jean Varela et de l’équipe de sortieOuest, le lieu offrait un chapiteau de toile et de bois de 450 places, un espace restauration, l’équipe investissant ponctuellement la chapelle Saint-Félix pour de petites formes.

Les recettes de la billetterie se montaient à 578 000 euros.

Après la destruction de ce chapiteau et la construction d’un théâtre de béton et de marbre de 400 places assises et 1000 debout, d’un amphithéâtre de 1 444 places, d’un restaurant, de la rénovation de la villa David pour l’accueil d’artistes en résidence, de l’espace Hervé Di Rosa pour des expositions temporaires, les recettes de la billetterie en moyenne de 2021 à 2025 ne se montent plus qu’à 158 000 euros et il n’y a plus de résidences d’artistes.

De plus le dispositif qui consistait à irriguer le territoire par la programmation de spectacles en milieu rural appelé Scène en Hérault est au point mort.Dans le même temps,le budget consacré à l’achat et la production de spectacles a été divisé par quatre en cinq ans passant de 1,2 milliond’euros à 0,3.

Le public ne s’y est pas trompé et d’une structure qui accueillait des spectateurs de tout le département et de l’Aude voisine on est passé à un lieu qui peine à drainer le Biterrois,et ce avec des coûts importants. La Cour note que la Cigalière à Sérignan rassemble un public équivalent à celui de Bayssan avec un budget trois inférieur.

Ce fiasco de la politique culturelle du Département est imputable en particulier à son président qui a imposé ce projet et maintenant préside le conseil d’administration d’Hérault culture qui gère le site, propose, sinon impose, ses membres et valide le contenu de chaque saison culturelle.

Ceci s’accompagne d’un certain nombre de bizarreries :

Le pavillon Di Rosa a été doté de cinq toiles du Sétois de 2 mètres par 4 pour la modeste somme de 60 000 euros pièce,et ce sans publicité ni mise en concurrence.

La mise à disposition de salles gratuitementne peut être attribuée, selon le code de la propriété des personnes publiques, qu’à des « associations à but non lucratif qui concourent à la satisfaction d’un intérêt général ».Or, elle a bénéficié aux journaux du groupe Baylet, La Dépêche et Midi Libre.

Ainsi que l’indique la Cour descomptes la « gratuité a été appliquée selon un processus informel dans lequel le président du conseil d’administration d’Hérault Culture est décideur. »

Par ailleurs le système de location payante est si bien organisé qu’il a coûté plus cher en fonctionnement que ce qu’il a rapporté.

Cerise sur le gâteau Kleber Mesquida grand défenseur des carrières de marbre de Saint-Pons de Thomières(dont il a été longtemps le maire) a importé le symposium de sculpture qui se passait dans les hauts cantons à Bayssan.

Il a également imposé le marbre dans la décoration de l’ensemble au point que les commandes effectuées par le Département de l’Hérault et Hérault Culture pour le site de Bayssan représentent 35 % du chiffre d’affaires déclaré de la carrière.

À ces commandes de matière première s’ajoute l’externalisation de l’organisation du symposium pour un coût de 281 198 euros sur cinq ans à cette même entreprise qui n’étant pas compétente en matière d’évènementiel s’est empressée de sous-traiter avec une association et une auto entreprisede Saint Pons. Ce qui s’appelle un « circuit fermé » !

D’une belle aventure collective qui avait commencé avec sortieOuest, on est passé à un mauvais projet piloté par un homme seul.

Post scriptum
Parmi les caprices du président deux ont été abandonnés mais ont laissé des traces dans la comptabilité. Le dôme ou géode a coûté 200 000 euros et l’aquarium 2 100 000 euros auxquels s’ajoutent les pénalités de résiliation pour un montant de 640 000 euros.

Au total 2 940 000 euros qui auraient mieux été investis dans la création artistique.

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