Une autre histoire – 25 décembre, histoire du Père Noël

par | 23 décembre 2023 | Culture

Le 25 décembre,  c’est le jour de Noël ! Je ne vous parlerai pas dans cette chronique du côté religieux de l’évènement, je vais vous raconter l’histoire du père Noël !

En fait, tout commence il y a bien longtemps, en 270 après Jésus Christ (Zut, j’ai été obligé de le citer)

A cette époque naquit Nicolas de Myre, dans la cité de Patara, en Asie mineure (une région correspondant à la Turquie actuelle.). Se convertissant très tôt au christianisme, le jeune homme fut nommé évêque de Myre par la jeune Église catholique, mais mourut martyr.

Selon la légende, les Romains tuèrent Nicolas de Myre un 6 décembre. Une fois décapité, il aurait jailli une fontaine d’huile du cou de la victime.

Peu après, l’Église décida de canoniser Nicolas, et choisit de célébrer le saint le 6 décembre de chaque année.

Par la suite, lorsque les Turcs s’emparèrent de Myre, des moines de la ville montrèrent le tombeau de Saint Nicolas à des soldats italiens, originaires de Bari. Ouvrant le cercueil, ils trouvèrent les ossements du Saint baignant dans l’huile, selon la légende. Par la suite, les soldats mirent les os dans une boîte, et rentrèrent chez eux, à Bari (c’est pour cette raison que Saint Nicolas est parfois appelé Nicolas de Bari.).

Puis, dans le courant du XII° siècle, un chevalier lorrain revenant de la croisade passa par Bari, où étaient entreposées les reliques de Saint Nicolas. C’est ainsi qu’il exporta le culte de ce Saint dans le nord de la France (emportant quelques os au passage.).

Au fil des siècles, le culte de Saint Nicolas évolua, jusqu’à devenir ce que connaissent aujourd’hui les habitants du nord de la France, de la Belgique et des Pays Bas : dans la nuit du 5 au 6 décembre, Saint Nicolas se rend dans les chaumières afin de demander aux enfants s’ils ont été obéissants. Ces derniers laissent alors leurs souliers devant la cheminée ou devant la porte, ainsi que du sucre, du lait et une carotte pour la mule qui porte Saint Nicolas. Les enfants qui ont été sages au cours de l’année reçoivent donc des cadeaux, mais pas les enfants qui furent méchants. En effet, ces derniers reçoivent alors des coups de fouet, administrés par le Père Fouettard, tout de noir vêtu.

Au XVI° siècle, la réforme protestante mit fin au culte de Saint Nicolas dans de nombreuses régions d’Europe du nord, voulant mettre un terme à ces actes de dévotion d’origine catholique. Cependant, les habitants des Pays Bas, bien que protestants, décidèrent de conserver la fête de Sinter Klaas (c’est ainsi qu’est nommé Saint Nicolas en langue flamande.).

Au cours du XVII° siècle, la Saint Nicolas immigra elle aussi, accompagnant ces Hollandais venus s’installer en Amérique. Ces derniers fondèrent New Amsterdam, qui, en 1664, suite à la prise de la ville par les Anglais, fut rebaptisée New York.

En quelques décennies, cette coutume néerlandaise de fêter la Saint Nicolas se répandit rapidement au sein des foyers des colons anglais. Sinter Klaas se transforma peu à peu en Santa Claus

Au fil des décennies, les familles chrétiennes trouvèrent plus approprié que cette fête des enfants soit associée à la naissance de l’enfant Jésus. Ainsi, Santa Claus commença donc à faire sa tournée non plus dans la nuit du 5 décembre, mais bien dans la nuit du 24.

Mais c’est au XIX° siècle que Santa Claus se transforma le plus. En 1821, Clement Clarke Moore, un pasteur américain, écrivit un conte de noël pour ses enfants dans lequel le Père Noël apparaît dans son traineau tiré par des rennes. Ce dernier prit de l’embonpoint, sa crosse se transforma en sucre d’orge, sa mitre devint un bonnet. En outre, l’auteur fit disparaître le Père Fouettard…

Au fil des années, Santa Claus prit encore du poids : d’un évêque plutôt maigre à l’origine, il devint le gros bonhomme que nous connaissons aujourd’hui.

En 1863, Santa Claus troqua ses habits d’évêque contre un costume rouge avec fourrure blanche, rehaussé d’une large ceinture de cuir. Il fut représenté ainsi par Thomas Nast, illustrateur et caricaturiste dans un journal new-yorkais.

Pendant près de trente ans, Thomas Nast dessina des centaines de Pères Noëls, « uniformisant » ainsi l’image de ce personnage dans l’inconscient collectif.

C’est en 1885 que l’illustrateur de ce journal dessina le parcours du Santa Claus qui va du pôle Nord aux Etats-Unis; sa résidence était ainsi officiellement établie …
Un an plus tard, l’écrivain Georges P. WEBSTER précisa que la manufacture de jouets ainsi que la maison du père Noël « étaient cachées dans la glace et la neige du Pôle Nord » confirmant par cette affirmation les dessins de Nast.

Enfin, en 1931, l’entreprise Coca Cola donna une nouvelle allure au Père Noël. Santa Claus y gagna alors son air jovial et son attitude débonnaire, et troqua sa robe contre un pantalon et un tunique rouge. Ce nouveau look et la renommée que lui valut la publicité avait pour objectif d’inciter les consommateurs à boire du Coca Cola en plein hiver…

Il y eut bien quelques mouvements de protestation de la part des Catholiques contre cette envahissante popularité. Certaines manifestations allèrent même jusqu’à brûler l’effigie du Père Noël, mais tout rentra dans l’ordre au fil du temps.

Depuis, le vieux bonhomme est devenu le maître planétaire de la nuit magique de Noël pour beaucoup d’enfants. Passage quasi obligé et difficile d’échapper à ce rituel consumériste.

On peut se poser des questions sur la transformation (qui dura environ 16 siècles !) d’un évêque d’Asie mineure en un gros bonhomme rougeaud,

mais c’est une autre histoire… Joyeux Noël quand même !

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