Lorsque Michel Foucault publie en 1975 son célèbre ouvrage, on est encore loin de la situation actuelle.
L’essentiel de son travail consiste à analyser comment les conditions carcérales et en particulier l’architecture panoptique, permet au geôlier d’observer et donc de contrôler le prisonnier sans être vu, engendrant chez lui un sentiment d’impuissance et de culpabilité.
Il pointe également que cette nouvelle stratégie du pouvoir peut se retrouver dans l’organisation du travail industriel.
Cinquante ans plus tard, les choses ont bien avancé.
Le dernier projet de loi contre les fraudes sociales et fiscales en est une puissante illustration. Les fraudes sociales ciblées étant bien sûr principalement celles des assurés et non celles des entreprises.
Croisement des fichiers, échanges d’informations supposées confidentielles, algorithmes de détection des fraudeurs potentiels, tout est prévu pour cerner le « délinquant » qui ne sait où se cacher de ces drones informatiques qui le cernent.
Impuissance et culpabilité sont, comme dans les prisons décrites par Foucault, au rendez-vous.
Nombreux s’indignent devant ce qu’ils qualifient de chasse aux pauvres. C’est vrai, il y a de cela, mais ce n’est qu’un début. Les classes moyennes auraient tort de se penser épargnées. Le système de contrôle panoptique se met en place et elles seront les prochaines sur la liste.

































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