Le résultat d’Emmanuelle Ménard au premier tour des législatives 2022, sur la sixième circonscription de l’Hérault, rend compte de ce que nous savons déjà : la Ménardie se nourrit avant tout de l’effondrement de la droite locale.

À droite au premier tour des élections législatives de 2017 la candidate LREM obtenait 10 515 suffrages, en 2022 elle en obtient 6530 soit une perte de 3985 votes. LR de son côté présentait un candidat qui totalisait 7777 suffrages, en 2022 sa remplaçante en totalise 936 soit une perte de 6841 votes.

On peut bien sûr épiloguer que les 3985 votes manquants LREM ne sont sûrement pas partis en priorité vers la candidature Ménard.

Les 6841 votes manquants LR ont en revanche surement contribué à remplir l’escarcelle de la députée.

En effet E. Ménard totalisait 15 061 suffrages en 2017, elle en totalise 19 136 en 2022. Soit un différentiel positif de 4076 votes. Il y a fort à parier qu’une partie de cette progression vient d’un transfert de votes LR vers la franchisée RN.

Ce qui conforte cette hypothèse est le fait que les suffrages exprimés en 2017 ( 42 539 ) sont sensiblement identiques aux suffrages exprimés en 2022 ( 41 817 ). L’augmentation des votes en faveur de la députée sortante ne vient pas d’un afflux d’électeurs mais d’une modification des votes interne à la droite et l’extrême droite.

Preuve si besoin était de cette porosité interne les 3418 suffrages du candidat de Reconquête sur la circonscription en 2022.

Une des premières leçons qui peut être tirée de ce scrutin, c’est que le brouillage des cartes institué à longueur d’antenne par la Ménardie fonctionne (il était souligné dans l'article ni vu ni connu).

Qu’en est-il à gauche ?  

En 2017 il y avait 3 candidatures séparées à gauche ( LFI, PS, PCF ) elles totalisaient séparément 4212 votes pour LFI, 1998 votes pour le PS, 1377 votes pour le PCF. En 2022 ces 3 partis étaient regroupés sous la bannière de la NUPES ils ont totalisés 7131 suffrages soit 456 suffrages de moins qu’en 2017. Cette baisse résulte en partie de la candidature dissidente organisée autour de Florence Brutus par les minoritaires du PS Mesquida au département et Delga à la région. Cela étant les 2607 suffrages obtenus par Florence Brutus portent le total gauche à 9737 soit 10 000 votes de moins que la députée sortante.

Pourquoi ?

A la différence des Ménards la gauche locale n’est pas en position de gérer une rente, mais de faire ses preuves. Faire ses preuves c’est organiser une campagne commune, collective, dynamique. On peut s’étonner à ce sujet qu’il n’y est eu aucune réunion publique politique commune centrale sur la sixième circonscription. Une réunion qui centralise les diverses activités éparses, une réunion qui centralise et décline les priorités locales et nationales. Une réunion qui associe les différents groupes militants autour d’un même objectif : prendre la circonscription à l’extrême droite.

Par extension on peut aussi s’étonner qu’un véritable cadre collectif n’est pas été construit, favorisé pour associer toutes les bonnes volontés qui voulaient s’engager dans la NUPES et pas dans tel ou tel parti.

Bon bien sûr ce qui n’a pas été fait avant le premier tour peut être fait avant le second. Mais c’est court, très court.

Il reste l’autre solution plus probable c’est que la NUPES décolle lentement à Béziers, au prorata de ses résultats nationaux qui boosteront le local et permettront de dépasser les points de blocage initiaux.

Pour s’en convaincre il suffit de se rappeler qu’au premier tour des législatives 2012 dans un contexte national ‘’porteur’’ une gauche locale éparpillée en 4 candidatures avait obtenu 19 545 suffrages, soit sensiblement le même score que la députée sortante en 2022.

 

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