Mussolini et Hitler sont morts à deux jours d’intervalle, fin avril 1945. Les conditions de leur mort sont indissociables de leur façon de gouverner : brutale.
(2/2) 30 avril 1945, mort de Hitler
La nouvelle de la mort d’Hitler n’est annoncée que le 3 mai 1945 par les journaux français qui reprennent une déclaration de la radio allemande.
Le « führer » s’est suicidé trois jours plus tôt, le 30 avril. Face à l’avance de l’armée rouge il ne voulait pas être capturé vivant et finir comme Mussolini deux jours plus tôt (voir article précédent la semaine dernière).
Ce suicide met fin à une agonie politique et psychique de plusieurs mois.
Hitler prononce son dernier discours public le 30 janvier 1945. Alors que les armées alliées progressent à l’Est comme à l’Ouest, il appelle d’un ton lugubre les Allemands à continuer de combattre.
L’armée enfoncée sur tous les fronts va lui rester fidèle, elle va continuer à se battre dans les ruines de Berlin, autour de son Quartier Général.
Dans la société allemande, c’est la débandade, l’immense majorité ne pense qu’à survivre.
Le pays connaît alors une véritable apocalypse. Sur 5,3 millions de soldats morts pendant la seconde guerre mondiale, 1,4 million tombent entre le 1er janvier et le 9 mai 1945.
Au milieu de ce chaos total, Hitler, continue de lancer des contre-offensives chimériques avec des armées qui n’existent plus.
Le 20 mars 1945, dans les jardins de la chancellerie, à proximité du bunker où il va se donner la mort et où il vit reclus, il passe en revue une cinquantaine de SS et des enfants des jeunesses hitlériennes.
On peut dès lors se demander comment un homme qui a vécu reclus pendant plusieurs mois a pu continuer à diriger jusqu’au bout un pays et une armée ?
La réponse est dans la mainmise totale du nazisme sur la société.
Elle est aussi dans la punition collective qui a été infligée au peuple allemand au travers des bombardements de toutes les grandes villes.
Faute d’échappatoire, dans les semaines qui précèdent l’armistice du 8 mai 1945, l’Allemagne est frappée d’une série de suicides.
Au même moment ou le nazisme s’effondre, des milliers de personnes décident d’en finir.
La ville de Demmin, située au nord de Berlin en Poméranie est particulièrement touchée. Entre le 30 avril et le 4 mai entre 500 et 1000 habitants s’y donnent la mort.
Pour un certain nombre d’Allemands, il n’y avait pas d’autre monde possible que celui imposé par Hitler.
À l’échelle du pays on estime que 20 000 personnes mettent fin à leurs jours au cours des dernières semaines de guerre.
80 ans après ce cataclysme, l’extrême droite allemande organise le 8 mai des marches silencieuses en mémoire des victimes allemandes du conflit.
Elle cherche à imposer une lecture alternative de la fin de la Seconde Guerre mondiale en mettant sur le même plan toutes les victimes : nazis et civils.
Pourtant c’est bien le régime nazi qui a dirigé cette chorégraphie d’autodestruction.
PS : pour plus de précisions sur la fin du nazisme et la mort d’Hitler, je vous conseille la lecture des livres suivants : « les cent derniers jours d’Hitler » par Jean Lopez, aux éditions Perrin / « les suicidés de Demmin » par Emmanuel Droit, aux éditions Gallimard.