Histoire du nettoyage ethnique de la Palestine (7). Le « processus de paix »

par | 23 novembre 2025 | Histoire

Au milieu de l’année 1949, les Nations unies ont tenté d’agir pour faire face aux fruits amers de leur plan de paix de 1947.

L’une de leurs premières décisions malencontreuses a été, au lieu de faire intervenir l’organisation internationale pour les réfugiés (OIR), de créer une agence spéciale pour les réfugiés palestiniens.

Derrière cette décision de tenir l’OIR à l’écart de l’affaire, il y avait Israël et les organisations juives sionistes à l’étranger.

C’était l’OIR qui avait aidé les réfugiés juifs d’Europe victimes du nazisme après la Seconde Guerre mondiale, et les organisations sionistes tenaient absolument à empêcher quiconque de faire le moindre lien, ou même la comparaison, entre les deux cas. De plus, l’OIR recommandait toujours, comme première option à laquelle les réfugiés avaient droit, le rapatriement.

C’est ainsi qu’est né, en 1950, l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA).

L’UNRWA n’avait pas à œuvrer pour le retour des réfugiés, décidé par la résolution 194 de l’assemblée générale de l’ONU le 11 décembre 1948. On l’avait simplement créé pour procurer des emplois et des allocations au million de réfugiés palestiniens, qui avaient fini dans des camps.

On l’avait aussi chargé de bâtir des camps plus permanents, d’y construire des écoles, d’y ouvrir des centres de soins médicaux. Autrement dit d’organiser durablement la vie dans les camps.

Dans ces conditions, le nationalisme palestinien ne pouvait que refaire surface. Son objectif central était le droit au retour, mais il aspirait aussi à remplacer l’UNRWA dans la gestion de l’éducation, des services sociaux et médicaux.

Inspiré par la volonté des Palestiniens d’essayer de prendre leur destin en main, ce nationalisme naissant leur rendit un objectif et le sens de leur identité après l’exil et la destruction dont ils avaient été victimes en 1948.

Ces sentiments nationaux allaient s’incarner en 1968 dans l’OLP (Organisation de libération de la Palestine). Ses dirigeants étaient issus des réfugiés et ils manifestaient une exigence : redresser, moralement et matériellement, les torts infligés par Israël au peuple palestinien en 1948.

L’OLP, ou toute autre organisation voulant défendre la cause palestinienne, devait affronter deux formes de négation.

La première était la négation opérée par les médiateurs internationaux : dans tous les projets d’accords de paix, ceux-ci ne cessaient de marginaliser, voire d’éliminer totalement, la cause et les préoccupations des Palestiniens.

La seconde était le refus catégorique des Israéliens de reconnaître « la Nakba », leur opposition absolue à être tenus pour responsables, juridiquement et moralement, du nettoyage ethnique qu’ils avaient commis en 1948.

Dans ces conditions, le « processus de paix » ne pouvait qu’échouer.

C’est ce qu’il s’est passé depuis lors, de processus avortés en guerres ou « intifada ».

Cette série d’échecs dure depuis plusieurs décennies, elle a amené la construction de la « forteresse Israël ».

Cette série sur le nettoyage ethnique de la Palestine se terminera la semaine prochaine par un dernier épisode sur les caractéristiques de la « forteresse Israël ».

N.B : bien avant les exactions du 7 octobre provoquées par le Hamas, le sionisme a planifié dans le temps le nettoyage ethnique de la Palestine. L’histoire de cette planification est racontée dans cette série hebdomadaire.

Cette série est réalisée à partir d’extraits de lecture du livre d’Ilan Pappé « le nettoyage ethnique de la Palestine », édité par « la fabrique », 370 pages, 20 euros. Je vous en recommande vivement l’achat et la lecture.

Partager sur

En Bref

< Retour à l'accueil

L'agenda Culturel

L'agenda Militant

Lettre d'informations En Vie à Béziers

Pour recevoir notre lettre hebdomadaire

La Revue de presse

Dessins et photos d'actualités

Le mot du maire de Béziers

En vie à Béziers Adhésion et/ou dons !

Le coin des lecteurs

Vivre quelque chose ensemble

Salut, Entre les œufs et le gros lapin de Pâques, la grosse cloche de la maison blanche a promis la destruction comme perspective  : « une civilisation entière allait disparaître pour ne plus jamais renaître »... puis il a bien fallu se confronter à la réalité, car le...

Fuites à la CCHL : dégât des hauts le cœur et bas les masques !

Le conseil communautaire du Haut-Languedoc (CCHL), s'était donc réuni  mardi 31 mars 2026 pour élire son  président et les vice-président-e-s. Robert Bousquet, maire de Lacaune et unique candidat à la présidence de la CCHL a été élu, avec les voix de 30 des...

Cueillette des chants de la Cimade/15 et 24 avril 2026

Bonjour tout le monde Le printemps arrive et nous met en fleurs ! Le 24 avril à partir de 18h, vous êtes invité.es. à la restitution de la Cueillette des Chants de la Cimade Béziers, mené par Laurent Cavalié. L’idée, c’est de cueillir la mémoire chantée de toutes...

Activités LPO avril

16 avril : 19h au Campotel de Bédarieux, conférence ouverte au public « Le Monde extraordinaire des chauves-souris » animé par Camille Fraissard, salarié de la LPO Occitanie chargée de missions nature et biodiversité.  La conférence sera...

Au bout du fil de la presse libre

Des médias et des penseur·euses pour s'armer contre l'extrême droite

A lire : Comment le fascisme gagne la France, De Macron à Le Pen Ugo Palheta, 2025, La Découverte

Ugo Palheta : "Les fascistes nous veulent déprimés, sidérés et isolés : la réponse, c'est l'action collective" (Socialter) 

 

L’association a bénéficié en 2018 et 2019 du fonds de soutien aux médias d’information sociale de proximité / Ministère de la culture

Nombre de visites

Nombre de visites

1084397
Total Users : 1084397

lundi 13 avril 2026, 10:55

Didier Ribo

Description de l'auteur de l'article - co-fondateur du journal majoritaire de Béziers