Élections municipales : la vague brune
On l’attendait, elle a parfois été moindre qu’annoncé, mais
elle a quand même été importante.
Dans l’Hérault, avant ces élections, il n’y avait qu’un maire
d’extrême droite, à Béziers. Aujourd’hui dans notre
département, il y en a au moins trois : à Béziers dès le 1er
tour, à Agde avec Aurélien Lopez-Liguori et à la Salvetat
sur Agout, dans les Hauts cantons, où sous couvert d’une
liste « Sans étiquette » les habitant.es ont élu Jacqueline
Granier, qui a soutenu activement Marine Le Pen puis Eric
Zemmour.
L’extrême droite n’est en effet pas toujours « identifiée »,
comme à Marseillan, où Bernard Chaumeil,
suppléant du député RN, a été élu sur une liste « divers
droite » menée par un maire par ailleurs condamné en
première instance.
Que dire du nombre important d’élu.es RN dans les
conseils municipaux de plusieurs villes du département :
à Lattes, Lunel, Sète, Frontignan, Gignac, Valras Plage,
Mèze, Bédarieux, Mauguio, Palavas, Bessan, Servian,
Béziers.…
L’extrême droite même minoritaire dans ces villes va
développer sa manière de gérer, proposer de fausses
solutions et favoriser des alliances pour un monde encore
plus policé et antisocial.
Que dire également du développement de l’extrême droite
(RN ou UDR ciottiste) dans les 3 départements voisins de
l’ex Languedoc-Roussillon où des villes importantes ont
reconduit ou ont basculé vers des mairies brunes ? Dans
l’Aude, il y a eu Carcassonne. Dans le Gard : Beaucaire,
Vauvert, Bagnols-Sur-Cèze, St Gilles, Pont-St Esprit,
Comps et Fouques. Et dans les Pyrénées Orientales, Per-
pignan, Rivesaltes, Elne, Canohès et Ille-sur-Têt.
Que dire enfin au niveau de la France métropolitaine où,
jusque-là, on comptait un peu plus d’une dizaine de villes
dirigées par le RN ? Aujourd’hui nous en sommes, avec les
villes activement soutenues par l’extrême droite, à 71 (voir
encadré page suivante).
Par contre, dans le Sud, la mobilisation des
habitant.es de villes convoitées comme Marseille,
Nîmes, Narbonne, Toulon, ou Alès a permis d’éviter le
pire…
L’importante présence du RN dans de nombreux
conseils municipaux va aussi lui permettre d’obtenir
des « grands électeurs » qui participent aux élections
sénatoriales. En septembre prochain, plusieurs dé-
partements seront concernés dont l’Hérault (4
sièges) et nos voisins du Gard (3), de l’Aveyron (2) et
de l’Aude (2). Un nombre significatif d’élu.es RN peu-
vent se retrouver au Sénat – il n’y a que 3 sénateurs
RN actuellement. Chaque voix va compter… notam-
ment celles des élu.es sans étiquette.
Cette vague brune a été en partie alimentée par l’en-
treprise de récupération et de manipulation d’une
grande partie de la classe politique et des médias à
la suite de la mort tragique, à Lyon en février dernier,
de Quentin Deranque, proche ou membre de divers
groupes de droite extrême, violents, racistes et mas-
culinistes. La lutte contre l’extrême droite a été mise
en cause.
On veut des logements
Nous devons analyser cette inversion des valeurs qui se répand de plus en plus, accompagnée d’un véritable
glissement vers l’extrême droite dans notre pays. Il nous faut en tirer des leçons et poursuivre notre combat
pour démontrer encore plus que la fausse solution RN est dangereuse pour toutes et tous. Elle n’apportera
rien au niveau social et ne fera que nous diviser. Cette déferlante est assurément européenne et même
mondiale. Elle vise à nous faire croire que nous devons nous replier sur nous-mêmes, sur nos communautés,
sur notre famille, nos ami.es et que l’ennemi est l’« Autre ». Qu’iel soit d’origine lointaine (Afrique, Asie) ou
qu’iel soit d’un autre département ou village, « IEL » est désigné.e coupable, bouc émissaire responsable de
tous nos maux.
Il est plus qu’urgent de s’opposer à ce courant. Et de s’ouvrir à l’autre, à cette différence, de vouloir vivre dans
un monde de solidarité. Et pour cela, une seule solution, c’est de s’unir plutôt que de se diviser…
Agde : le RN prend la mairie, mais pas la présidence de l’agglo
Aurélien Lopez- Liguori a donc fait un choix très opportun en préférant Agde à
Sète… Sa liste l’a emporté avec 54,87 % des suffrages exprimés, avec ses
meilleurs scores sur le littoral (Cap d’Agde), contre 45,13 % pour celle menée par
Thierry Nadal. La liste de gauche n’avait pas pu se maintenir au deuxième tour.
Au-delà des tribulations de l’ancien maire, des divisions à droite et à gauche, la
stratégie d’occupation du terrain déployée par le député depuis 2022 a payé, ainsi
que le soutien des responsables nationaux du RN, Bardella et Aliot étant venus
jusqu’à Agde.
Le 27 mars, le nouveau maire a présidé son premier Conseil Municipal, diffusé en
direct sur la page Facebook de la ville. Son discours d’installation a été débarrassé
des scories xénophobes qu’on trouvait encore dans ses meetings. Rappelant tout
de même que l’étiquette politique du Rassemblement National est un
«
engagement », il s’est voulu rassembleur et défenseur de la démocratie…
Mais manifestement, pas défenseur de toutes les valeurs républicaines, en
premier lieu la laïcité. Faut-il rappeler que l’un des piliers de la laïcité est le
principe de neutralité dans l’espace public que doivent respecter les élu.es ? Que
penser alors de la présence du maire, portant son écharpe tricolore, à la
procession du Saint-Christ le vendredi de Pâques ? Elle piétine allègrement le
caractère privé des convictions religieuses. Mais ce n’est pas une première pour
l’ancien député (voir numéros 2 et 3 de La Vigie). Robert Ménard à Béziers est
aussi un spécialiste du mélange des genres : messes diverses et pour Noël,
crèche au sein de la mairie par exemple.
Dans son discours par ailleurs, A. Lopez-Liguori
réaffirmait que la Présidence de l’agglomération
d’Agde Hérault Méditerranée était une condition de
la réussite de sa politique. Mais les autres maires
de droite ou sans étiquette de l’agglo, sans faire
un « barrage républicain » qui aurait favorisé le
maire PS de Pézenas Armand Rivière, se sont mis
d’accord sur une autre candidature, celle de la
mairesse de Portiragnes, Gwendoline Chaudoir.
Cette dernière se présente actuellement « sans
étiquette » mais elle portait les couleurs de « Agir
– la droite constructive » en 2019.
En contrepartie de sa non-candidature à la
présidence de l’agglo, A. Lopez-Liguori obtient la
première vice-présidence au détriment d’Armand
Rivière. Il a donné le ton sur la place des élu.es RN
d’Agde au sein de l’agglo : «
Nous restons engagés
sur des compétences (tourisme, collecte des
déchets, politique de la ville…) q
ui nous concernent
au premier chef. Agde, c’est un tiers de la popula-
tion du territoire, la moitié des ressources. Elle
sera respectée, j’en suis sûr. On a vu à Béziers,
Perpignan, l’humiliation d’une ville centre
déclassée, reléguée. Ce ne sera pas le cas ici »
(
Midi Libre). L’apaisement annoncé risque d’être de
courte durée…
Carcassonne : passées les bornes… le nouveau maire ne connaît pas de limites !
S’il fallait décerner des trophées de caricature des pratiques des élu.es RN, Christophe Barthès serait sans
aucun doute lauréat !
Il s’était déjà illustré en 2024 avec ses collègues députés RN de l’Aude Julien Rancoule et Frédéric Falcon pour
avoir fièrement posé devant une pancarte sur laquelle on pouvait lire «
Va faire la soupe, salope ! » (sic !) en
référence à l’insulte proférée par un agriculteur en 2023 à l’intention des élu.es écologistes Sandrine Rousseau
et Marine Tondelier (
La Dépêche 28/03/24).
Dès son élection à la faveur d’une triangulaire avec 40 % des suffrages exprimés au 2 ème tour, il a, comme
d’autres elu.es RN, retiré le drapeau européen du fronton de la mairie. Pour autant, il a déclaré qu’il ne refuserait
pas les subventions européennes, ni pour sa ville (plusieurs millions d’€ ces dernières années), ni pour
lui-même en tant que gérant d’une entreprise agricole (près de 300 000 € en 15 ans selon France Info
https://www.franceinfo.fr/replay-jt/france-2/20-heures/mairies-rn-oui-a-l-argent-de-l-union-europeenne-pas-a-son-
drapeau_7907042.html).
Puis il a pris un arrêté anti-mendicité, qui a dû être réécrit… et qui, pour la LDH qui a déposé un recours en
annulation, «
sous couvert de supposés troubles à l’ordre public, non étayés par des éléments concrets, vise en
réalité à chasser les personnes en situation de précarité d’une partiesignificative du centre-ville de
Carcassonne » (
Midi Libre du 08/04). La subvention municipale (300€) ainsi que le prêt d’un bureau 3 jours par
semaine à la LDH ont été supprimés dans les jours qui ont suivi !
Le premier conseil municipal a aussi décidé la suppression des abonnements à la presse locale, pas vraiment
dans un souci d’économies puisque les indemnités mensuelles des élu.es de la majorité ont été augmentées…
On les a essayés !
Des lycéen.nes qui s’apprêtaient à manifester contre
l’extrême droite ont reçu un message d’un certain
@christophe_barthes :
«
Bonjour, nous avons récupéré les pseudos de
chaque membre du groupe et si aucune manifestation
n’est déclarée en préfecture ou si des dégradations
sont commises, les services de police ont été
prévenus. Bonne journée. » (
Libération 02/04) Passée
la surprise et grâce au soutien des enseignant.es et
de la presse locale, la manifestation a quand même
eu lieu et a réuni plus d’une centaine de jeunes ; une
petite délégation a été reçue par le maire.
En réaction, le collectif « Nous Carcassonne » a été lancé et a très vite recueilli des centaines de
signatures. Regroupant des jeunes de 15 à 30 ans, autour d’une charte et des valeurs humanistes, il
affirme : «
Jamais la violence et la division n’ont fait une cité. Faisons de Carcassonne la cité de
l’humanisme, de la solidarité et du vivre-ensemble ». Présent sur les réseaux sociaux, il a pour
ambition de « mettre sous contrôle » le maire RN. Tous nos vœux solidaires !
Echos du Collectif : Dans la presse, on parle de nous !
Durant la campagne des Municipales, de nombreux médias ont mis en avant les résistances face à la montée de
l’extrême droite.
Parmi les articles qui mettent en avant les initiatives unitaires, plusieurs ont présenté notre Collectif et son travail
d’information, de formation et de veille, ainsi que sa publication
La Vigie.L’empaillé , a publié le témoignage de deux de nos militant.es (https://lempaille.fr/il-faut-decortiquer-leurs-
dicours). Basta !, dans un article intitulé «
Municipales : face au risque RN, les mobilisations se multiplient », a
passé en revue des actions locales et des outils visant à faire barrage à l’extrême droite (https://basta.media/mu-
nicipales-face-au-risque-RN-Rassemblement-national-les- mobilisations-se-multiplient ). La revue
Silence a
aussi rencontré un membre de notre Collectif (https://www.revuesilence.net/numeros/551-Resistances-non-
violentes-face-a-l-extreme-droite/resister-sans-hair-pour-un-antifascisme-non-violent) .
A la lecture de ces articles, nous prenons conscience que nous ne sommes pas seuls ! D’En Vie de Béziers (EVAB
https://www.envieabeziers.info/ ) à VISA (Vigilances et Initiatives Syndicales Antifascistes https://visa-isa.org/ ),
chaque initiative, plus ou moins structurée et pérenne (VISA existe depuis 30 ans…) apporte sa pierre.
Dans l’Hérault, un travail commun s’engage avec les divers Collectifs ou groupes locaux de lutte contre les idées
d’extrême droite. Des initiatives communes devraient voir le jour dès le mois de septembre et donneront lieu à un
prochain article.
Nous allons aussi établir des contacts avec des organisations de Carcassonne où, d’ores et déjà, des jeunes
s’organisent pour résister face au nouveau maire RN (voir page 3).
Qui sommes-nous ? Une organisation du collectif se présente :
aujourd’hui Greenpeace Sète
Une offensive réactionnaire mondiale cible toutes
celles et ceux qui se battent pour un monde plus juste
et plus durable qui ne sert qu’à maintenir un modèle
d’exploitation et d’injustices au détriment du bien
commun.
Sur les réseaux sociaux, les messages de haine, de
désinformation climatique, dans les médias, les
grandes fortunes font le jeu de l’extrême droite en
favorisant les intérêts des plus riches, entretenant les
inégalités, détruisant la planète et l’Humanité et
accentuant les discriminations.
Et maintenant, quelle suite pour le collectif, quel avenir pour La Vigie ?
Contre la sinistrose et le défaitisme politique, il existe un remède efficace : contribuer à la vie du Collectif de
lutte contre le RN et les idées de l’extrême droite.
Vous pourrez trouver votre place dans le collectif : participer aux réunions plénières mensuelles, aux
rencontres avec les lecteurices de notre feuille d’information
La Vigie, rejoindre le groupe de travail sur la
gouvernance du collectif (penser comment fonctionner, comment articuler le journal et le collectif), le groupe
animation-action (organisation de tables rondes, de formations internes…) ; ou encore aider à la création et à
la gestion d’une page Facebook ou Instagram.
La Vigie est un succès (7 numéros tirés entre 1000 et 2000 exemplaires depuis décembre 2024) mais si nous
voulons qu’elle continue à exister, il faut des forces nouvelles, pour rejoindre le Comité de rédaction, ou
ponctuellement, proposer un article ou des dessins humoristiques ou satiriques…
Nous avons aussi besoin de personnes venant renforcer l’équipe des distributeurices de La Vigie. Chaque action
compte ! Comment nous contacter ? Recevoir La Vigie par voie numérique ?
seteluttecontrelextremedroite@proton.me
Pourquoi l’association Greenpeace Sète s’engage-t-elle contre l’extrême droite ?
Un exemple, aux États-Unis une société major des
industries fossiles, société par ailleurs soutien
financier de Donald Trump, fait condamner
Greenpeace à lui verser 665 millions de dollars.
En France si l’extrême droite accédait au pouvoir, ces
mesures baillons se multiplieraient, ainsi que les
suppressions des subventions aux associations de
défense des droits Humains, de l’égalité femme, de
l’éducation populaire, de l’environnement ou contre la
xénophobie
Collectif de lutte contre l’extrême droite Sète / Bassin de Thau
pour tout contact : seteluttecontrelextremedroite@proton.me,



























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