Jeudi 14 et vendredi 15 août je me suis promené dans le périmètre feria avec quelques amis. Jeudi nous étions trois et six le lendemain. Sur la poitrine nous portions des messages : « Palestine solidarité » ou « Halte au génocide » ou encore « La Palestine appartient aux Palestiniens » Etait-ce là un délit de notre part ? Non bien sûr. Pourtant nous avons été interpellés jeudi et vendredi par des policiers qui ont relevé notre identité. Si nos messages avaient été imprimés sur nos vêtements, nous n’aurions pas été inquiétés. Mais nous avions préféré écrire ces messages sur du carton que nous portions à la poitrine. Cette menue différence a suffi pour que, de simples badauds, nous devenions des « manifestants ». Jeudi après le relevé d’identité nous avons pu continuer notre déambulation mais le le lendemain une dizaine de membres des forces dites « de l’ordre » nous ont encerclés comme si nous étions des malfaiteurs, et après le relevé d’identité nous ont ordonné de sortir immédiatement du périmètre feria sous peine d’amende.
J’en conclus que lorsqu’on se risque dans l’espace feria on cesse d’être un citoyen libre d’écrire ce qu’il pense. Pour restreindre ou supprimer la liberté d’expression et de manifestation, les pouvoirs publics invoquent en général « le trouble à l’ordre public ». Or ce n’est pas nous mais la feria qui trouble l’ordre public. Démonstration ci-après :
1- En temps normal le tapage nocturne est interdit mais dans l’espace feria il est toléré sans limite. Tant pis pour les milliers de Biterrois qui ne peuvent dormir cinq nuits consécutives alors qu’ils doivent se lever tôt le matin pour aller travailler.
2- D’autre part la feria non seulement tolère mais organise l’abus d’alcool en multipliant bodegas et casitas, ces débits de boisson qui ne vendent jamais du jus d’orange mais seulement de l’alcool.
Vers 3 h du matin des milliers de fêtards ivres de bruit et d’alcool reprennent le volant pour rentrer chez eux avec tous les troubles à l’ordre public que provoque une telle conduite.
3- J’ajoute que les riverains de la rue Carles l’ont surnommée rue Pipicaca en raison de l’usage qui en est fait pendant la feria.
Aucun de ces 3 excès n’est traité par l’administration comme « trouble de l’ordre public » . Les trublions ce serait uniquement nous qui sommes coupables de ne pas « faire la fête », coupables de ne pas boire, coupables de ne pas faire de bruit et qui déambulons paisiblement parmi les fêtards .
La bande de Gaza, naguère camp de concentration pour réfugiés palestiniens, est devenue un camp d’extermination. La population gazaouie, bombardée jour et nuit est condamnée soit à périr déchiquetée soit à mourir de faim et de soif . Les chirurgiens palestiniens survivants sont condamnés, eux, faute de médicaments, à opérer et à amputer des femmes et des enfants sans anesthésie. Comment tolérer de telles monstruosités ?
Nous jugeons sévèrement aujourd’hui les politiciens pétainistes et les fonctionnaires qui, complices des nazis , ont participé jadis à l’entreprise d’extermination de la prétendue « race juive ». Que penseront les générations futures des pouvoirs publics actuels qui, refusant toute sanction contre le gouvernement génocidaire israélien, s’évertuent même à restreindre ou à empêcher le mouvement de solidarité avec les victimes du génocide comme ce fut le cas à Béziers hier et avant-hier? Monsieur le sous-préfet, j’aime mieux être à ma place qu’à la vôtre.
Si les pouvoirs publics persistent à considérer comme délinquants ceux qui refusent de « faire la fête » et de s’étourdir pendant qu’un peuple tout entier est massacré, alors faites-nous arrêter et emprisonner car, sûrs de notre bon droit, nous continuerons à mobiliser en faveur des victimes du génocide et entre autres nous continuerons nos déambulations citoyennes pancartes à la poitrine dans les lieux où la foule est dense.
Avec mes meilleurs sentiments de citoyen
Robert CLAVIJO