La mise à sac de la protection de l’enfance en France et dans l’Hérault

par | 16 mars 2025 | Société

Printemps 2025, la protection de l’enfance craque de tout côté. Elle craque sous les révélations d’abus sexuels, sous les coups de menton sécuritaires, sous les coupes budgétaires.

Selon la très officielle Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’église (CIASE) près de 300 000 personnes ont été victimes d’abus sexuels commis par des clercs ou des religieux catholiques depuis les années 1960 en France.

La France découvre qu’il n’existe pas un, mais des Bétharram. Que ceux qui devaient contrôler ne l’ont pas fait y compris au plus haut sommet de l’État.

Face à cette culture du viol et de la violence instituée, l’ancien premier ministre Gabriel Attal n’a rien trouvé de mieux à dire que : « tu casses, tu répares ; tu salis, tu nettoies ; tu défies l’autorité, on t’apprend à la respecter. ».

Il n’a pas précisé si c’était à coup de chevalières comme à Bétharram mais il a fait voter une loi au parlement qui reprend les principes de sa formule le 13 février dernier.

Dans ce contexte, déjà marqué par une dérive idéologique à l’extrême droite, des départements dans toute la France veulent voter la suppression de lignes budgétaires allouées aux services de prévention spécialisée.

Exemple parmi tant d’autres, sur les 40 millions d’euros d’économie budgétisés pour le budget 2025, le conseil départemental LR de l’Essonne souhaite retirer 20 millions d’euros aux services sociaux. Ce qui représente une baisse de 40 % des moyens et qui va conduire à des licenciements.

Ces coupes budgétaires, les travailleuses et travailleurs sociaux y sont confrontés partout en France. Dans les Hautes-Alpes, Alpes-de-Haute-Provence, Ain, Bouches-du-Rhône, Vienne, Loire-Atlantique, Gironde . . .

Dans l’Hérault, le Conseil départemental à majorité socialiste a annoncé que le budget social serait amputé au minimum de 25 % de ses moyens. Cette baisse si elle est votée signifierait un licenciement d’un tiers des salariés.

Dans un secteur déjà fragilisé par les postes vacants (30 000, selon le livre blanc du haut conseil du travail social) par les prochains départs à la retraite (150 000 en 2025). Les 35 000 établissements qui composent le secteur n’avaient pas besoin de ce coup de poignard idéologique et budgétaire.

Additionnées les coupes budgétaires et idéologiques risquent de créer un point de non-retour dans un secteur qui n’est déjà pas attirant pour des raisons salariales.

Dans ce contexte de délabrement, la posture prise par le gouvernement : bomber le torse pour faire preuve d’autorité apparaît pour ce qu’elle est : un écran de fumée.

Côté départemental, de nombreux départements se délestent du budget de la prévention spécialisée pour le donner aux villes. Mais ces villes n’ont aucune obligation à réaliser des missions de protection de l’enfance. Leurs seules prérogatives sont la jeunesse et la tranquillité publique.

À Béziers par exemple, la prévention spécialisée s’est transformée en prévention de la délinquance. La mairie d’extrême droite a elle aussi abandonné les financements des postes éducatifs.

Dans un contexte éminemment dégradé et lourd de menaces, la riposte s’organise. Un rassemblement est organisé le mercredi 19 mars à Montpellier à 12 h avant un départ le même jour à 16 h 30 au conseil départemental. À Béziers, un rassemblement est organisé le jeudi 20 mars à 11 h 00 devant la mairie.

Ailleurs en France, la mobilisation a commencé début février à Lille, mi-février à Bordeaux, mi-mars à Évry. Ces mobilisations locales doivent culminer le 1er avril lors d’une mobilisation nationale.

Il sera alors grand temps de dire non à l’union sacrée idéologique et budgétaire qui est en train de se constituer entre droites, extrême droite et une partie de la gauche.

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Didier Ribo

Description de l'auteur de l'article - co-fondateur du journal majoritaire de Béziers