Un week-end de guerre à la guerre

par | 24 juin 2025

Un week-end de guerre à la guerre

Ce n’est pas si facile, en France, d’afficher son soutien à la cause palestinienne. Ce week-end pourtant, dans les rues de Bobigny, la manifestation et les balcons se sont fait échos comme rarement, drapeaux flottants aux vents de toute part. Au-dessus de nous, une démonstration honteuse faisait une place de choix au F-16 de Lockheed Martin utilisé par l’armée israélienne dans sa guerre génocidaire. Mais les avions de mort qui nous narguèrent depuis le ciel n’ont pas réussi à enlever le sourire des visages soulagé-es de se retrouver ensemble dans la rue. Tenir autant que possible « le rapport de force » face au cynisme des dirigeants qui se sont à nouveau si vite rangés derrière le criminel Netanyahou est une chose.

« Se donner de la force » dans cette situation politique si difficile en est une autre, non moins importante. 

Les 4000 personnes qui ont défilé n’ont pas réellement perturbé le salon, les 123 ballons qui ont brisé l’interdiction de pénétrer l’espace aérien non plus, mais ces deux gestes ont bel et bien brisé l’unanimisme résigné qui semble parfois régner. Lorsque les corps tatoués et ceux qui portent un foulard se mêlent dans l’action, que l’habituelle uniformité blanche des manifs françaises est enfin remplacée par un joyeux mélange, lorsqu’un cortège démarre au son des youyous et continue par des chants hérités des gilets jaunes, on ne sait plus trop distinguer l’antiraciste, la syndicaliste ou l’écolo, et on sait qu’on est sur le bon chemin.

Lorsque le chanteur Danyl a mis le feu au dancefloor, gamins du quartier sur scène, militant-es venu-es de toute la France dans la fosse, l’immense drapeau palestinien fièrement dressé derrière a semblé esquisser un sourire, lui aussi.

Les centaines de policiers (dont certains venus faire une arrestation dans l’enceinte même de la Bourse du travail) ne nous arrêterons jamais. Dès le samedi matin, le siège du lobby qui organise le salon a été recouvert de « rouge sang » par le Collectif anti-marchands de morts.  Un peu plus tard, c’est le collectif antiraciste Tapages qui a pris le relais en repeignant le chemin menant de la gare du Bourget au salon (on a entendu des gens se plaindre dans le Salon que leurs chaussures étaient encore pégueuses de cette offense colorée). À l’intérieur du salon, ce sont une trentaine de militant-es de plusieurs organisations qui ont symbolisé les victimes en s’allongeant par terre habillés de tee-shirts dénonçant le génocide, au nez et à la barbe des vigiles et des forces de l’ordre qui s’étaient promis d’empêcher ça à grand renforts de contrôles. Dans l’après-midi, un collectif anonyme a lâché des ballons sauvages, brisant l’interdiction de pénétrer l’espace aérien.

Partout la police veillait au maintien d’un ordre injuste et meurtrier. Partout nous l’avons défié, avec les dizaines d’organisations réunies dans la coalition « Guerre à la guerre ».

Le dimanche, les prises de paroles s’enchaînent dans la Bourse du travail comme dans les meilleures AG étudiantes. Une militante anti-SNU venue de St Nazaire raconte émue qu’elle croyait « l’antimilitarisme désormais réservé aux anciens ». Un CGTiste du coin dit qu’il n’avait « jamais vu une mobilisation d’une telle ampleur dans les rues du 93 ». Une camarade de Stop arming Israël 13, foulard palestinien sur la tête, donne des frissons quand elle appelle à rejoindre la lutte contre Eurolinks, l’entreprise visée par des actions, ciblée par un procès et bloquée par les dockers pour ses livraisons régulières de composants d’armements à Israël. À les écouter toutes et tous on se dit que dans cette situation mondiale qui nous échappe de plus en plus, on va continuer à chercher les prises pour s’y tenir ensemble.

Y résister, y faire la fête, bloquer gueuler courir à perdre haleine se reposer, y retourner. Et finir par changer la donne.

Date 24/06/2025 - 29/06/2025Heure 8h00 - 23h30Lieu Le BourgetOrganisateur Soulèvements de la terreCatégorie Agenda militant

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