« Béziers soutient la viticulture » ou les raisons de ma colère

par | 16 novembre 2025 | Politique locale

Il ne sera pas question ici de mon soutien ou non aux vignerons et viticulteurs qui ont manifesté le 15 novembre à Béziers, grands pourfendeurs (dans leurs discours) des normes et des écologistes, accapareurs d’eau et utilisateurs effrénés de pesticides. Nous n’avons pas la même vision de ce que devrait être l’agriculture, et l’absence totale de drapeaux de la Confédération Paysanne hier au rassemblement biterrois montre que je ne suis pas la seule à partager cette opinion. A chacun le droit de cultiver comme il l’entend et de boire ce qu’il veut, du moment que ça n’impacte pas la santé des riverains des vignes et que ça n’assèche pas les sols au profit de quelques-uns.

Je bois du vin (de préférence bio ou nature) et j’aime ça. Robert Ménard, lui, n’en boit pas, mais soutient les viticulteurs. C’est son droit. C’est aussi la raison de ma colère.

Des manifestations à Béziers, j’en ai fait beaucoup, pour diverses causes, des qui déplaisent à M Ménard (contre l’extrême-droite..), des syndicales, des plutôt militantes, contre les violences faites aux femmes par exemple. Jamais je n’avais vu un dispositif policier pareil : centre-ville barricadé, accès restreint aux voitures et aux bus, place de Gaulle interdite même aux piétons (pour j’imagine protéger la sous-préfecture), CRS, gendarmes, camions anti-émeutes (la 1ère fois que j’en voyais, et 2 d’un coup !), plus une seule voiture stationnée sur les Allées Paul Riquet. Visiblement, la préfecture s’attendait à des débordements et, tout en ayant autorisé la manifestation, avait pris des précautions. Mais débordements il n’y a pas eu, comme il n’y en avait pourtant pas eu à Montpellier, quand les mêmes camions anti-émeutes ou leurs semblables ont été utilisés contre les manifestants. Pas les mêmes manifestants. Les viticulteurs, eux, étaient pour M Ménard de bons manifestants : affiches municipales (payées par nos impôts, on aurait peut-être même pu acheter du vin avec ce qu’elles ont coûté) dans toutes les rues de Béziers, appelant à soutenir la manifestation, estrade municipale juste devant le théâtre, montée et démontée par les agents de la ville, et Ménard en tête de cortège. Rassemblement autorisé, entre 4000 (selon la police) et 7000 (selon les manifestants), BFM en ayant annoncé 10000 (propagande ou mauvais journalisme ?) devant le théâtre, pétards assourdissants (dont notre photographe a reçu une étincelle sur le visage) et pas un policier municipal en vue.

Je ne conteste évidemment pas l’autorisation de manifester et de se rassembler sur les Allées Paul Riquet, devant les chalets de Noël, avec sono géante et pétards explosifs. C’est un droit et heureusement. Une partie de la profession viticole est en crise, souffre, et veut légitimement le faire savoir. Mais je voudrais comprendre pourquoi (même si j’en ai une petite idée), quand une autorisation est demandée pour un rassemblement d’une cinquantaine de personnes sur le parvis du théâtre de Béziers pour la Palestine ou contre les violences faites aux femmes, la sous-préfecture nous demande d’aller ailleurs, ou interdit carrément le rassemblement : « Vous comprenez, les chalets de Noël, vous allez faire de la musique, M Ménard ne veut pas de nuisances sonores », comme le 25 novembre il y a 2 ans ? Pourquoi quand nous manifestons pacifiquement nous sommes entouré.es de policiers municipaux ? Pourquoi un cordon de nationaux empêche des personnes d’aller planter un olivier sur un terrain en friche (mais où il est prévu d’être construit un Centre de Rétention Administrative) ? Pourquoi des camarades se font contrôler pour quelques autocollants sur des feux rouges ? Et pourquoi nous avons droit à des interpellations musclées, des garde à vue, de la prison pour rien (manifestation du 30 janvier 2021, manifestation du 23 avril 2024) ? La réponse, nous la connaissons, mais il est toujours bon de la rappeler : nous sommes des manifestants indésirables, soutenant des causes dérangeant le pouvoir et le maire de Béziers. Et nous n’avons pas le soutien de la FNSEA ni celui du monde de l’argent. Mais nous continuerons pour autant à nous manifester !

Une autorisation a été demandée par l’intersyndicale CGT, Solidaires, FSU, pour un rassemblement devant ce même théâtre samedi 22 novembre à 10h30 – avec les Rosies de Béziers et les Simone Veillent – afin d’honorer les victimes des violences faites aux femmes dans le monde. L’autorisation n’a toujours pas été accordée (ni refusée, soyons honnête) à ce jour. Une réponse négative pourrait donc signifier soit que quelques dizaines de femmes et d’hommes se mobilisant contre les violences subies par les femmes auraient pour M Ménard et le sous-préfet plus de pouvoir de nuisance que 4 ou 7000 viticulteurs, soit que le sort de ces femmes victimes, violentées et assassinées ne seraient pas pour eux un sujet digne d’indignation à porter dans la rue.

Partager sur

En Bref

< Retour à l'accueil

L'agenda Culturel

L'agenda Militant

Lettre d'informations En Vie à Béziers

Pour recevoir notre lettre hebdomadaire

[sibwp_form id=1]

La Revue de presse

Dessins et photos d'actualités

Le mot du maire de Béziers

En vie à Béziers Adhésion et/ou dons !

Le coin des lecteurs

D-connexion blogs Médiapart

Bonjour Pour Information, J’ai publié sur blogs Media-part  un billet (en accès libre). Bonne lecture et Joyeuses Fêtes et désolé pour les doublonsCordialement Thierry Canals...

Communiqué de presse COLBAC

La disparition de Brigitte Bardot marque la perte d’une figure majeure de la cause animale en France. Parmi l’ensemble de ses engagements, l’un fut constant et sans ambiguïté : la dénonciation de la corrida en tant que pratique cruelle, fondée sur la souffrance...

Janvier 2026 pour la Palestine

Madame, Monsieur Le Week end des 10 et 11 janvier sera un temps  fort pour la Palestine à Béziers. Samedi 10 à 16H rassemblement rond point Gagarine. Dimanche 11 à 15H voeux partagés poétiques et musicaux à la Cosmopolithéque. Vous en trouverez le détail dans les...

Défendre la viticulture c’est vital !!

La ministre de l’Agriculture Annie Genevard annonce au salon Sitevi à Montpellier fin novembre l’arrachage de35000 hectares de vignes. L’an dernier c’est 27000 hectares qui ont été arrachées, l’équivalent du département duGard. Donc ils veulent en finir avec la...

Y’EN A MARRE DES PAUVRES ?

Le 27 juillet 2017, à Orléans, le jeune président Macron déclare : « Je ne veux plus, d’ici la fin de l’année, avoir des femmes et des hommes dans les rues, dans les bois ou perdus. C’est une question de dignité, c’est une question d’humanité et d’efficacité. ». Deux...

Au bout du fil de la presse libre

En 2026 Continuons à défendre l'édition libre

Le monde de l’édition française est un monde très concentré. Aujourd’hui, après des décennies d’acquisitions et de rachats, 90% du marché est détenu par 5 conglomérats d'édition, avec 5 milliardaires à leurs têtes. Statistiquement, l'achat d'un livre revient dans 90% des cas à renforcer les empires de Vincent Bolloré (Hachette), Daniel Křetínský (CMI/Editis), Bernard Arnault (LVMH, Madrigall, Lefebvre Sarrut), Francis Esménard (Albin Michel) ou de la famille Michelin-Montagne (Média Participations), dont l'omniprésence oriente l'opinion publique.

Hobo Diffusion promeut l’édition indépendante et critique, et propose une alternative dans un monde du livre monopolisé et dominé par les grands groupes. Hobo Diffusion ne travaille pas avec Amazon.

 

Cette carte, proposée par les éditions Agone et le Monde diplomatique,  expose l’ampleur de la concentration éditoriale tout en rendant visible la myriade de maisons indépendantes qui y échappe.

 

L’association a bénéficié en 2018 et 2019 du fonds de soutien aux médias d’information sociale de proximité / Ministère de la culture

Nombre de visites

Nombre de visites

1049264
Total Users : 1049264

jeudi 1 janvier 2026, 2:07

Françoise Le Bris