C’est passé quasiment en catimini la semaine dernière, et pourtant, le RN tisse sa toile à l’occasion des municipales.
Les municipales étaient jusqu’au printemps prochain le talon d’Achille du RN.
Il ne comptait que 2 maires de villes de plus de 30 000 habitants, 3 si on compte la propriété en viager du maire de Béziers.
Dans la perspective des municipales de 2026 le bureau national du RN vient d’annoncer à ses représentants des départements et à ses députés qu’il allait proposer une charte de soutien aux maires de France.
Cette charte à co-signer entre le RN et les candidats au poste de premier édile serait une promesse de soutien en échange d’un engagement écrit.
Ce pacte faustien est présenté sous la forme d’un contrat gagnant / gagnant.
Gagnant pour le candidat qui aurait l’assurance de bénéficier des votes RN aux municipales.
Gagnant pour le RN qui aurait en retour une série d’engagements qui cadenasseraient le mandat de l’éventuel élu.
En effet, les engagements demandés ne sont pas les moindres :
- Côté populiste, ne pas augmenter les impôts,
- Côté sécurité, armer la police municipale,
- Côté boutique, donner sa signature aux prochaines présidentielles,
- Côté investissement, donner sa signature aux prochaines sénatoriales.
En clair le RN tente de cocher toutes les cases pour assurer son avenir électoral en envisageant de truster des majorités à toutes les élections.
Le RN investi directement 700 candidats sur les 34 875 communes que compte l’hexagone. Particularité française, plus d’une commune métropolitaine sur deux comptes moins de 500 habitants.
C’est à ces communes que s’adresse principalement le « deal » du RN. Il sait qu’un candidat qui s’afficherait ouvertement RN peut rencontrer des difficultés à constituer une liste. En misant sur le soutien il enlève officiellement l’étiquette qui revient par la fenêtre.
Car ne nous y trompons pas, si le RN ne fait pas de publicité à cette démarche c’est que les tractations auront lieu en catimini, éventuellement à l’insu des colistiers et des électeurs.
Dans le maquis des listes d’intérêt local il va être difficile de repérer celles qui vont rouler pour le RN. C’est pourquoi partout, dans toutes les communes, dans toutes les réunions publiques, il faudra poser la question du soutien.
Si on prend l’exemple de l’Hérault, le RN a très souvent atteint des scores supérieurs à 50 % dans les villages (quelquefois supérieurs à 80 %).
Dans ces conditions la question de constituer des listes RN « pur sucre » ou « canada dry » est pleine et entière.
Mesurer le danger est donc la tâche de l’heure, s’organiser pour y faire face arrive juste derrière.
Si nous laissons faire cette opération « ni vu, ni connu, je t’embrouille », nous risquons de nous retrouver dans une configuration proche d’un point de non-retour pendant la durée du mandat, soit les 6 années à venir.
Il serait alors difficile de plaisanter en disant que nous quittons Béziers, pour revenir en zone libre.
PS : Le titre de cet édito est une allusion à l’excellent film de Bertollucci sur le fascisme





























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