À Béziers comme ailleurs, le fascisme peut s’installer et prospérer sans le bruit assourdissant des bottes.
Huitième et dernier épisode de cette série. Faites vous-même le « fascistotest »
Le texte d’une conférence donnée en 1995 par l’écrivain Italien Umberto Eco (mort en 2016) vient d’être réédité en français chez Grasset en 2017 avec comme titre : <<Reconnaître le fascisme>>. Ce petit fascicule de 56 pages vendu 3 euros est d’une brûlante actualité pour tous ceux qui tentent de comprendre le renouveau de l’extrême droite.
Pour présenter son texte Umberto Eco écrit :
<< Je crois possible d’établir une liste de caractéristiques typiques de ce que j’appelle l’Ur fascisme c’est-à-dire le fascisme primitif et éternel. L’Ur fascisme est toujours autour de nous, parfois en civil. Ce serait tellement plus confortable si quelqu’un s’avançait sur la scène du monde pour dire « je veux rouvrir Auschwitz. . . ». Hélas, la vie n’est pas si simple. L’Ur-fascisme est susceptible de revenir sous les apparences les plus innocentes. Notre devoir est de le démasquer, de montrer du doigt chacune de ses nouvelles formes, chaque jour, dans chaque partie du monde >>.
Dans son livre, Umberto Eco décrypte 14 archétypes d’un fascisme primitif et éternel.
Je me suis essayé à mesurer les archétypes qui pourraient être attribués au maire de Béziers, Robert Ménard, en cochant ou pas chaque archétype.
À la fin de ce rapide exercice, j’avais coché 12 archétypes et hésité sur deux.
Alors Ménard ou qui que ce soit fasciste ? Faites vous-même l’expérience de ce « fascistotest » et on en reparle.
Les 14 archétypes d’un fascisme primitif et éternel cités par Umberto Eco sont :
- Une novlangue simplifiée et manipulatrice.
- Un culte d’une tradition ancienne,
- Un refus du modernisme et du rationalisme,
- Un culte de l’action et une haine de la culture,
- Une réduction de tout désaccord à une trahison,
- Une peur notamment raciste de la différence,
- Un appel à des classes sociales moyennes frustrées et dévalorisées,
- Le nationalisme comme défense face à des formes de complot international,
- Une mise en exergue d’ennemis puissants, mais pas invincibles,
- Une exaltation de la vie pour la lutte rejetant tout pacifisme ou empathie,
- Un élitisme populaire qui méprise les faibles et crée des hiérarchies,
- Un culte de l’héroïsme et de la mort,
- Un machisme misogyne et paternaliste,
- Une exaltation du peuple souvent antiparlementaire,





























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