Trump incarne aux yeux de tous les travers de l’extrême droite actuelle. Ses avatars sont malheureusement nombreux à l’échelle du monde. On peut en trouver en France dans une sous-préfecture de province.
Trump est une caricature, nous sommes tous conscients que cette caricature met en danger la planète au niveau économique, militaire, démocratique et écologique.
C’est à juste titre inquiétant pour des milliards d’êtres humains.
Plus près de nous, il existe aussi des Trump de sous-préfecture. Ils sont tout aussi dangereux, mais à une autre échelle.
Béziers va terminer en mars prochain la deuxième mandature d’un de ces mini Trump, c’est le moment de comparer l’original et la copie.
Trump et Ménard abondent dans le registre viriliste blanc.
Le virilisme de Trump est physique, grossier, extraverti, visuel. Il sert à faire une sorte de show permanent qui a pour but de capter les projecteurs, les caméras, les micros et de le mettre visuellement au centre.
Le virilisme de Ménard n’est pas physique. Nous ne sommes pas face à un géant blond peroxydé qui cherche à occuper tout l’espace physiquement, à le saturer par sa stature.
Pour occuper l’espace médiatique, Ménard utilise un virilisme verbal.
En choisissant le support verbal, Ménard sature l’espace auditif. Il le sature sciemment pour se mettre lui aussi au centre du dispositif médiatique.
La logorrhée de Trump est erratique, on ne sait jamais quels chemins il compte pratiquer pour atteindre son but.
La logorrhée de Ménard est structurée, il sait où il veut aller.
La différence entre les deux porte sur la forme, pas sur le fond.
Ménard et Trump se positionnent comme des « leaders », ces leaders s’adressent à une base qu’ils transforment en « fans ».
Pour s’adresser à leur base, ils n’utilisent pas la forme « parti », ils utilisent les médias. Cette relation directe, quasi fusionnelle, les transforme en « rock star politique ». La passion qu’ils génèrent est indéniablement un de leurs moteurs.
L’autre moteur est l’idéologie. Trump et Ménard sont des idéologues qui se servent de leur aptitude réelle à faire le « show ».
Cette idéologie est bien sûr profondément rétrograde, chevillée à des valeurs d’extrême droite.
Trump et Ménard se positionnent comme des chefs. Des chefs qui aiment commander et qui aiment être écoutés. Cette particularité est profondément inquiétante, car on sait par expérience où elle peut mener.
L’autre particularité commune c’est la logique du « deal » avec leurs interlocuteurs. Cette logique prévaut sur la logique d’affrontement vindicatif.
Les « deals » proposés par Trump sont ceux d’un homme d’affaires. Les « deals » proposés par Ménard sont ceux d’un homme politique.
Dans les deux cas la conclusion est la même, les contrats sont de gré à gré.
L’homme d’affaires espère acheter ses interlocuteurs, l’homme politique espère noyauter ses pairs.
Les exemples des contrats économiques de Trump font suffisamment la une de l’actualité, ce n’est pas la peine de s’y arrêter.
Les exemples de gré à gré de Ménard méritent de s’y attarder. Ils peuvent concerner :
- La tauromachie qui est conçue comme une rente électorale,
- La présidence des comités de quartiers qui est une courroie de transmission entre mairie et habitants,
- Les mandataires religieux qui sont vus comme une réserve électorale,
- Les responsables culturels qui donnent accès aux communautés,
- Les commerçants pensés comme des faiseurs de rois et de reines.
L’idée de base chez Trump est de vassaliser le monde. L’idée de base chez Ménard est de noyauter la ville et ses forces vives.
Quand cette vassalisation ou ce noyautage ne marche pas, les deux personnages montrent une propension à l’énervement et à la colère.
Cet énervement et cette colère n’ont pas les mêmes incidences, mais ont les mêmes modalités.
Trump et Ménard peuvent être, grossiers et dangereux.
Pour ce qui concerne Béziers, ceux et celles qui se sont trouvés en face de Ménard en savent quelque chose.
Côté « monsieur et madame tout le monde », je pense à la famille syrienne désignée comme indésirable devant force micros et caméras, ainsi qu’au couple interdit de mariage pour cause d’OQTF.
Les deux « leaders » cultivent un populisme débridé qui prend deux formes différentes : une identification à un certain mode de vie côté américain, une identification à la « rébellion » côté biterrois.
Les ITW du maire de Béziers sont ponctués de grossièretés qui ont pour but de faire « peuple ».
Le risque permanent est pour ce genre de personnages de devenir la caricature d’eux-mêmes. Il n’est jamais facile de parler en permanence à son miroir.
Les dommages collatéraux qui peuvent être engendrés, que ce soit à l’échelle d’une ville ou du monde peuvent être colossaux et irrémédiables.
C’est pourquoi face à un éventuel point de non-retour il convient de considérer qu’il est urgent de tourner les pages Trump et Ménard.
































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