La fête nationale du peuple allemand, ou journée nationale du travail remplace à partir de 1934 la journée internationale des travailleurs du 1er mai. Le parti nazi NSDAP avait l’année précédente écrasé et remplacé les syndicats libres par des cellules d’entreprises national-socialistes les NSBO.
Très rapidement après l’élection d’Hitler au poste de chancelier, le 30 janvier 1933, les nazis ne laissent aucun doute sur le fait que l’organisation des travailleurs aura à l’avenir un tout autre visage.
Dans leur projet, il n’y a plus d’élection de délégués des salariés ni de conventions collectives, l’État seul contrôle les salaires.
En mars 1933, deux mois après la nomination d’Hitler, les élections dans les comités d’entreprises ne reflètent pas la prise de pouvoir nazi.
Les syndicats libres restent de loin représentatifs.
J. Goebbels note dans son journal le 24 mars 1933 : « Je suis le premier à introduire la déclaration du 1er mai comme fête nationale du peuple allemand et j’ai été chargé par le cabinet de la mettre en œuvre. Nous allons soulever cette question à la plus grande échelle et, pour la première fois, unir tout le peuple allemand dans une seule manifestation. À partir de ce moment, le conflit avec les syndicats va commencer. Nous ne nous reposerons pas tant qu’ils ne seront pas complètement entre nos mains ».
Le 16 avril Goebbels reçoit l’approbation d’Hitler.
Le lendemain, il note dans son journal : « Nous ferons du 1er mai 1933 une démonstration grandiose de la volonté du peuple allemand. Le 2 mai, les centrales syndicales seront occupées. Il y aura peut-être quelques jours de bruit, mais ensuite ils seront à nous. Nous ne rendrons service au travailleur que si nous le libérons de la direction parasitaire qui a jusqu’ici mis sa vie en colère. Si les syndicats sont entre nos mains, les autres partis et organisations ne pourront pas tenir plus longtemps. Il n’y aura pas de retour en arrière ».
Les célébrations du 1er mai 1933 sont planifiées par le NSDAP comme un évènement majeur. Les responsables nazis sont chargés d’organiser de grands rassemblements dans tout le Reich.
Des centaines de milliers de personnes se rassemblent à Berlin. Le président conservateur P. Von Hindenburg déclare : « Ce n’est que par l’élevage des hommes et l’esprit de sacrifice que peut naître une génération à la hauteur des grandes tâches que l’histoire imposera au peuple allemand ». Hitler évoque lui la communauté nationale comme contrepoids aux luttes de classe.
Un jour plus tard comme prévu, les centres syndicaux, les rédactions des journaux syndicaux ainsi que toutes leurs autres institutions sont occupé·es par les SA.
La police n’intervient pas, l’ensemble des biens syndicaux sont confisqués.
Les syndicalistes de premier plan sont incarcérés, de nombreux militants décèdent lors des assauts de locaux syndicaux.
Ceux des syndicalistes qui sont libérés quelques semaines plus tard se voient proposer de travailler sous le contrôle du NSBO.
Dans les jours qui suivent le 1er mai les syndicats restants se soumettent.
Le front du travail allemand le « deutsche arbeitsfront » est officiellement créé le 10 mai 1933.
Il aura fallu 10 jours aux nazis pour démanteler le mouvement syndical allemand, pourtant fort de plusieurs millions d’adhérents.





























Total Users : 1092534