Dès 2018, Le Réseau de Transport d’Électricité, connu sous le sigle RTE, a tenté d’anticiper la déferlante des énergies renouvelables en lançant dans chaque région un schéma de raccordement au réseau des dites énergies (S3REnR).
Pour l’Occitanie ce schéma prévoyait l’augmentation de capacité de 84 postes électriques (transformateurs), l’augmentation de la capacité de transit de 285 km de lignes, la construction de 14 nouveaux postes électriques, de 249 km de lignes et la reconstruction de 35 km de lignes existantes.
Tout cela pour la modeste somme de 712 millions d’euros, dont 252 pris en charge par RTE soit au bout du compte le consommateur. RTE avait anticipé,mais peut-être pas suffisamment.
Aujourd’hui, avec Enedis, il publie une carte des zones qui ne pourront être raccordées dans les cinq ans à venir compte tenu de l’embouteillage provoqué par la multiplication des installations de production d’ENR en particulier photovoltaïque.
Il faut dire que la poule aux œufs d’or a attiré une pléthore de candidats. Du côté de l’éolien,on n’enregistre que peu de nouvelles installations, mais toutes celles de plus de 15 ans sont en voie d’être « repowerées ». Ces machines sont alors remplacées par de nouvelles,plus hautes et plus puissantes qui vont injecter sur le réseau plus d’électricité.
Ce repowering se fait la plupart du temps sans nouvelle étude d’impact ni bilan sur le fonctionnement des parcs existants, et ce, pour gagner du temps sur les procédures.
Mais là où la ruée vers l’or blanc se déchaîne,c’est du côté du photovoltaïque sur sol agricole, naturel et forestier. Ici,il faut distinguer les gros projets de plus d’un 1 mégawatt (mW) qui sont en principe soumis à étude d’impact, excepté pour l’agrivoltaïsme très souvent dispensé d’études. Et les projets d’1 mW ou moins.
Pour les premiers on est passé de 44 centrales en 2023 à 50 en 2024, 99 en 2025 et déjà 49 fin juin 2026 en Occitanie. On notera d’ailleurs que 8 d’entre eux n’ont pas pu être évalués, faute de temps, par la Mission régionale de l’autorité environnementale débordée comme RTE par l’afflux !
À cela s’ajoutent 125 installations d’1 mWou moins, dispensées d’études d’impacts par les services préfectoraux. L’État veut faire passer un décret mettant la barre à 3 mW, afin d’éviter dorénavant les études d’impacts environnementaux.
Si toutes ces centrales photovoltaïques se construisent,ce sont environ 600 mW de puissance supplémentaire qui se retrouveront sur le réseau de RTE uniquement pour l’Occitanie (l’équivalent des parcs du sixième producteur français d’énergie photovoltaïque).
Pour conclure,rappelons que cette course à toujours plus de production d’électricité se fait dans un contexte de surproduction et donc en ce moment de saturation.
Lien pour visualiser les zones actuellement saturées.
Ici, les zones jugées en capacité d’accueil en production du réseau



































