Le lien entre l’altération du climat et le développement de feux hors normes est de mieux en mieux identifié. Le réchauffement climatique et les périodes de sécheresse qui l’accompagnent expliquent scientifiquement la violence de ce nouveau phénomène.
« L’éclosion » du feu se produit en deux temps : la chaleur élimine l’eau contenue dans les plantes, puis élève la température de la masse sèche jusqu’à 320 °C. Cette masse prend feu par conduction, c’est-à-dire par contact.
Mécaniquement, plus les températures sont élevées, plus les plantes transpirent et sèchent, moins les sols contiennent d’eau. Les risques de départ de feu augmentent alors, ainsi que la quantité de combustible disponible.
Les dangers spécifiquement météorologiques des feux de forêt croissent si rapidement qu’il est malhonnête de mettre en doute la relation entre mégafeux et réchauffement.
Le critère utilisé est : « l’indice forêt météo » (IFM) calculé à partir de probabilités tenant compte de données telles que la température, l’humidité de l’air, la vitesse du vent et les précipitations.
D’après les simulations auxquelles ont procédé les spécialistes, la valeur moyenne de l’IFM a augmenté de 18 % entre la période 1961-1980 et la période 1989-2008. À l’horizon 2040, l’IFM moyen devrait progresser de 30 % par rapport à la période 1961-2000.
Certaines simulations montrent que cette augmentation pourrait atteindre jusqu’à 75 % d’ici à 2060.
À cette échéance, une année comme 2003 deviendrait ainsi la norme en matière de danger météorologique de feux de forêt.
Les rapports préliminaires établis à l’occasion de la COP 21, en 2017, confirmaient ces inquiétantes prévisions. On envisageait alors qu’en Europe du Sud, le nombre d’hectares de forêts brûlées augmenterait de 50 % à plus de 100 % au cours du XXIe siècle.
Moins de 10 ans après la COP 21, c’est ce qui est en train de se passer.
Dans une sorte de spirale infernale, les grands feux détruisent des millions d’arbres, qui sont les poumons de la planète. En relâchant les tonnes de CO2 stockées, ils contribuent au réchauffement climatique (qui lui-même favorise leur déclenchement).
Leur augmentation en fréquence et en intensité est donc une perspective réellement redoutable.
Dans ces conditions, l’idéologie d’une maîtrise complète de la nature ainsi que l’idéal techniciste de contrôle des feux, couplé à une responsabilité strictement humaine du départ des incendies occulte une réalité fondamentale.
Même si la cause des incendies est humaine, le processus enclenché par les mégafeux se retourne contre l’humain.
Cette série d’articles est une recension du livre de Joëlle Zask « Quand la forêt brûle » paru aux éditions « Premier Parallèle poche » en 2022, il est vendu au prix de 9,90 €. Je vous en recommande la lecture intégrale et l’achat.



























