Un après-midi sous le signe de la poésie palestinienne avec la participation de poètes biterrois solidaires. C’était le dimanche 11 janvier 2026 à la Cosmopolithèque.
On ne le dit pas assez, le peuple palestinien est un peuple instruit et cultivé qui compte le nombre d’universitaires diplômés le plus important (en pourcentage d’habitants) de la planète. Loin donc des clichés diffusés par Israël.
C’est pourquoi, l’association France-Palestine solidarité (AFPS) de Béziers a choisi d’organiser une confrontation des cultures de nos deux pays à travers des écrits, des poèmes, des peintures et des musiques. Dans le hall d’accueil de la Cosmopolithèque qui accueillait l’évènement, un tableau multicolore et lumineux sur lequel on pouvait lire quelques vers célèbres de Paul Éluard, connu et admiré en Palestine comme l’est en France Mahmoud Darwich.
Dans la grande salle, le public était assis en rond ; sur l’estrade du fond, 5 musiciens, 3 d’entre eux, interprètes du répertoire musical palestinien. Puis l’écoute lourde d’émotion des voix d’hommes et de femmes qui ont écrit sous les bombes et dont plusieurs sont morts aujourd’hui, dans les gravats de Gaza. Ensuite, comme un répons, 5 Biterrois ont dit des poèmes écrits par eux-mêmes dans un silence recueilli. Enfin, chacun des membres du public a été invité à prendre la parole.
La manifestation s’est prolongée dans une ambiance conviviale autour des stands de pâtisseries et de produits palestiniens tandis qu’une table de livres permettait de découvrir des auteurs publiés par nombre d’éditeurs qui ne dépendaient ni de Bolloré ni de Krétinsky (ou des autres milliardaires qui monopolisent actuellement nos médias).
Nous vous proposons ci-dessous des textes qui ont été dits par deux poètes biterrois. ( la suite sera diffusée la semaine prochaine )
Ils ont »arraché » les oliviers!
Ces arbres qui marchent sur les siècles
Tel le Christ a marché sur l’eau.
À pleines dents, de leurs pelles mécaniques.
Menées, tonitruantes
Par les enfants du diable!
Ils ont »arraché » les oliviers!
Ce, en dépit des rameaux
Bois dont disposaient de toute éternité, les colombes
Les privant dés lors
D’apporter lors
Du prochain Déluge
Quelques espoirs à tous les, »Noé » de la terre.
Ils ont »arraché » les oliviers !
Se moquant
Dans les cris et la fureur,
La poussière
Les coups distribués
Aux gens de la »terre ».
Ils ont »arraché »les oliviers !
Le bois
Dont ont fait les croix.
Cet arbre d’alliance !
Ils ont »arraché » les oliviers !
Le pain
Quotidien
De ce peuple contrit
Dont les larmes de misère
Se répandent à terre.
Il ont » arraché » les oliviers !
Les armes en mains
Face aux mains nues,
Des hurlements féroces et tranchants
Des visages à vous clouer, vivants
Sur des crucifixs
Qu’ils portent
Devant, derrière,
En bandoulière.
Ils ont »arraché » les oliviers !
Puissent-ils s’en souvenir!
Le 11/01/2026. Stéphane Marty
Jet de pierre… génocide
Ce matin, je suis sorti du sous-sol.
Complètement explosé,
Pas dormi de la nuit, à même le sol,
J’te fais pas d’exposé.
Il fait si beau dehors, ça semble irréel.
Alors que toute la nuit, la pluie fut mortelle.
Je n’reconnais plus le décor, il est dépourvu de vie.
J’reconnais les restes des corps dépourvus de vie.
Je m’attends à mourir, ne peux fuir, va venir mon tour.
À quoi bon se couvrir, tu peux rire, va venir ton tour
Plus vite que tu ne crois, d’ailleurs, en quoi est-ce que tu crois
Toi qui guides drones à travers écran, pousses bouton du doigt.
Tu fais des dégâts, extermine, en une fois, un bon nombre de gars.
Sans aucune distinction, prêt pour extinction, es-tu sans dégoût ?
Pour toi, virtuel, l’homme est PNJ, c’est un jeu vidéo.
Macabre rituel sans once d’énergie où sont tes idéaux
Ça y est, ça revient, j’entends le moteur de ces putains d’engins.
Plus envie de rien, j’attends sans horreur, vas-y appuie frangin.
M’en tape à présent, je suis sans avenir
Espère jugement, courroux est à venir.
Devant le divin, tu devras enfin expier toutes tes fautes.
Pas besoin d’être devin, tu ne peux nier tes hautes
Responsabilités, sans culpabilités avec avidités
Je sais ce qui t’attends, tu ne seras pardonné, car tu sais ce que tu fais.
La vie n’est rien mon frère quand on a tout perdu.
De ma vie je suis fière, le bien j’ai répandu.
Je vois ton œil à travers l’appareil regarde moi bien.
Vois-tu le mien? Il est sans pareil, est sûr et serein.
Par mon regard te dis que tu finiras par payer tribut
Comme tu t’égards, te dis tes tourments ne sont que débuts.
Un dernier mot muet avant que tu ne te décides
Tu peux toujours changer, arrêter de contribuer à ce génocide.
Rachète-toi, il est encore temps avant fin des temps.
Qui va venir vite, le tien est imminent, le mien maintenant
Plus rien à perdre, ramasse sur gravats une grosse pierre
Ultime provocation, un jet avec pour seule conséquence de créer poussière
Je suis prêt, tu peux appuyer. Voici venir mon heure, m’en remet à Dieu
Quitte ce monde sans regret pour un autre meilleur, je te dis adieu.
Je l’ai vu défiant un drone, il avait l’air de vouloir en finir.
Je l’ai vu s’affaler à genoux implorant Dieu et fléchir.
Jusqu’à ce que son front heurte les gravats d’une vie effacée
Nos pierres tombales sont en morceaux, ils n’en ont pas assez.
Ils m’ont pris mes parents, ma petite sœur innocente de dix ans.
Plus de famille à présent, nous sommes extrémistes soi-disant
Mécréants, vos propos ont toujours été médisants.
Vous détruisez, anéantissez et restez médusés,
Quand nous décidons de ne plus nous laisser mépriser.
Priez bande d’enfoirés, car j’ai décidé que j’allais me venger.
La haine m’envahit, vous me l’avez instillé.
Elle s’infiltre et j’ai décidé de l’inviter à dîner
Autour de moi, n’existe que désolation, ça sent la putréfaction.
Je dois me rapprocher et faire partie de cette nouvelle faction.
J’ai plus rien à perdre et vous allez tous me le payer
J’vais crever vos proches, vous allez voir ce que ça fait.
Je vais le faire pour ma famille, pour mes amis, pour tous ceux qui sont partis.
Je vais le faire pour cette mère qui tente de fuir, on ne sait où, avec sa fille.
Je vais le faire et rien à foutre si je dois finir en enfer.
On s’y retrouvera, vous le ferai payer et j’en serai fière.
J’ai croisé son regard, il était si noir.
Un frisson m’a parcouru l’échine est il un miroir ?
Qui me montre ce que nous sommes voués à devenir ?
Ce n’est pas ce que je veux pour ma fille pour l’avenir.
Même s’il paraît ne plus être, j’ai enfanté un petit être.
Parfait qui, je voudrai, donne dans sa vie de l’amour à l’autre.
Je ne veux pas de cette haine qui s’alimente elle-même.
N’apporte que désespoir, c’est un chemin qui ne mène
Qu’à destruction, répétition d’une histoire trop souvent vécue
Je voudrais que de lumière mon enfant soit vêtu.
Je lui dirai nage à contre-courant quand il mène à cascade.
Je lui dirai n’écoutes pas les voix qui poussent à l’escalade.
Ma chérie, c’est sur cette voie que ton père s’est fait tuer
Vois-tu mon ange, c’est une vie qui n’a fait que se perpétuer.
À cause de mauvais choix, de mauvaises pensées.
Faites que ta vie soit couverte d’œillets ou de belles pensées
Et que jamais je ne doive t’habiller de chrysanthèmes
Mon amour aime tout le monde comme je t’aime.
Délivre-le autour de toi, soit un exemple ne déroge pas.
Montre à la haine qu’il n’est pas nécessaire qu’elle soit.
Gardes ouverts tes bras et ton cœur, c’est le chemin du salut
Ne sois pas triste de cette vie, c’est ainsi que Dieu l’a voulu.
Surmonte les épreuves avec courage et bravoure, garde la foi.
Même dans la douleur le bien triomphera, tu verras.
C’est dans les profondeurs que nous voyons la beauté de la lumière.
Quand je te regarde, tu es si belle, faites que jamais tu ne t’altères.
Que Dieu t’accompagne ma fille, t’aide et te donne la force
De construire un monde meilleur de l’arbre de la vie, tu seras l’écorce.
Corentin (nom d’artiste : ShAmen Coco)
Cette journée était organisée par l’ AFPS Béziers




































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