Nous publions ci-dessous deux nouveaux poèmes lus par des poètes biterrois solidaires à la Cosmopolithèque lors d’une journée initiée par l’AFPS Béziers
Musique et poésie pour la Palestine
La seule musique que j’ai pu composer
C’est la musique du silence
La seule rythmique que j’ai pu vous donner
C’est celle de l’impatience
Mes seules notes suffisamment tragiques
Sont celles de la révolte et de la honte
Ma seule poésie pour toi est un cri
Ma seule rime vomit tous les crimes
Je ne sais plus les mots car ils ne savent plus dire
Je ne sais plus les mots car ils ne savent plus écrire
Je ne sais plus le pain qu’ils enterrent
Je ne sais plus le soin qu’ils lacèrent
Je ne sais plus l’enfance qu’ils explosent
Je ne sais plus rien de l’eau qu’ils supposent
Je ne sais que le bruit d’un nouveau désert
Que la peur des horreurs télécommandées à distance
Je ne sais plus rien que l’impossible présence
Et le rythme abruti des cadences
Qui détruit nos cervelles
La solidarité devenue crime
L’humanitaire devenu crime
L’écologie devenue crime
La liberté devenue crime
L’égalité devenue crime
La fraternité devenue crime
Dans les infos poubelles
De notre république enterrée
Et tout au bout du chemin écervelé
Les nouvelles valeurs cardinales que l’on doit vénérer
Le fric qui régit tout
La vitesse qui nous rend fous
Et la sacro-sainte sécurité
Qui nous a enfermé six pieds sous terre Messieurs Mesdames
En paradis ou en enfer une chose est sûre
Vous serez tranquilles vous serez peinards
Comme à Gaza après les bombes
Comme ici-bas dedans nos têtes
A un seul détail près il sera peut-être
Beaucoup trop tard
Stéphane Poitout
Mouroir vivant
Nous voulons dire à ceux qui veulent nous briser
Ne pensant qu’à eux, à leur rêve insensé :
« C’est quoi le faux, le vrai ? » ; mentir est leur technique.
Je forc’à pein’ le trait, mais là je tombe à pic.
Ce dont ils nous accus’nt, c’est eux qui l’ont commis ;
En plus ça les amus’, le vrai ils l’ont omis
Vous dit’s qu’il y a quelqu’un qui pourrai les fair’ taire,
Mais nous ne voyons rien sur notre pauvre terre,
Rien qui nous donne espoir contre ces médisants,
Du matin jusqu’au soir contre nous méprisants.
Pour nous c’est douloureux d’être toujours brimés,
C’est fatiguant un peu d’être toujours visés.
Chacun de nous le sait et même les moustiques :
On est des vach’ à lait qu’on met après en briques
et même les méduses, elles l’ont bien compris,
lorsque les bombes fusent, que l’honneur est parti :
On n’est mêm’ plus humain, on n’a mêm’ plus de mère
Et plus de lendemain, que des tisan’ amères
Partis sans au-revoir, chassés tous en sachant
Qu’à nous est ce terroir, à nous les combattants.
Vous qui vivez heureux dans votre canapé
Et qui trouvez honteux d’être des révoltés,
Vous qui vous implantez dans notre terre unique,
Rasant nos oliviers, nous disant « fanatiques »,
Disant que l’on abuse, que l’on hait les semis,
lorsque vos journaux s’usent à nous sucer les pis,
Vous revenez de loin, d’un triste cimetière,
Mais vous signez la fin de votre âm’ millénaire
En inscrivant en noir dans notre pays blanc
Un tout autre mouroir qui est toujours vivant.
Jean Banholzer
































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