Le 12 septembre 1940, voilà exactement 82 ans, deux jeunes adolescents découvrent la grotte de Lascaux en Dordogne.
Cette découverte, tout à fait fortuite comme la plupart des 200 grottes ornées en France fit soudainement entrer l'art dans la préhistoire.

Des récits légendaires ont rapidement embelli la trouvaille des jeunes Montignacois notamment Marcel Ravidat et Jacques Marsal mais elle est aussitôt confirmée par leur instituteur Léon Laval. Elle sera scientifiquement authentifiée par l'abbé Henri Breuil quelques jours plus tard. Les rapports préliminaires de ce dernier ont conduit à un classement rapide de la grotte comme monument historique dès le 27 décembre 1940 soit 3 mois et demi plus tard.
Le spectacle est saisissant : de très nombreuses peintures sur les parois, en majorité d'animaux avec des scènes de chasse mais aussi des signes et des objets que l 'on découvrira plus tard .
Ouverte au public en 1948, elle fut à plusieurs reprises aménagée pour faciliter les visites. En 1958, on installe même un système de renouvellement de l'air, vicié par la multitude d'estivants qui se pressent dans un très faible volume d'environ 1500 m3.

La grotte de Lascaux est relativement petite : l'ensemble des galeries n'excède pas 235 mètres pour un dénivelé d'environ 30 mètres. Le sol, en pente, possède une dénivellation inférieure de 13 mètres à l'extrémité du Diverticule axial, et inférieure de 19 mètres au bas du Puits. La partie décorée correspond à un réseau supérieur, le réseau inférieur étant difficilement pénétrable du fait de la présence de dioxyde de carbone.
L’entrée actuelle correspond à l’entrée préhistorique, même si elle a été aménagée et équipée d’un système de sas. L’entrée d’origine devait être un peu plus éloignée, mais son plafond s’est écroulé anciennement jusqu’à former le talus par lequel les découvreurs ont accédé à la grotte.
Pour faciliter les descriptions, la grotte est traditionnellement subdivisée en un certain nombre de zones correspondant à des salles ou des couloirs. Leurs noms imagés sont dus en partie à Henri Breuil et font souvent référence à l’architecture religieuse :
la première salle est la salle des Taureaux ou Rotonde, longue de 17 mètres pour 6 mètres de large et 7 de haut ;
elle se prolonge par le Diverticule axial, une galerie plus étroite de même direction, à peu près de même longueur ;
depuis la salle des Taureaux, à droite du Diverticule axial, on accède au Passage, une galerie d’une quinzaine de mètres ;
dans le prolongement du Passage s’ouvre la Nef, un couloir plus élevé d’une vingtaine de mètres ;
la Nef elle-même se poursuit par une partie non décorée, les parois ne s'y prêtant pas, puis par le Diverticule des Félins (ou cabinet des Félins), un étroit couloir d’une vingtaine de mètres ;
l'Abside est une salle ronde s’ouvrant vers l’ouest à la jonction entre le Passage et la Nef ;
le Puits enfin s'ouvre au fond de l'Abside. Son accès suppose une descente d'environ 4 à 5 mètres jusqu’au début du réseau inférieur.
L'abbé Glory effectua les premières études de ce magnifique lieu et put le fouiller systématiquement. Il tenta de sauver déjà un maximum d'informations et de témoins archéologiques.
C'est lui qui repéra le premier et signala en février 1960 des "taches vertes" sur certaines représentations. Trois ans plus tard, la grotte est fermée définitivement. Une commission d'enquête est créé avec un double objectif : enrayer la lèpre dont souffre les parois et étudier les conditions d'équilibre climatologique du réseau pour assurer sa conservation. Les analyses biologiques avaient identifié de nombreuses espèces d'algues , de champignons, de mousses et autres cryptogames apportées par les visiteurs venus du monde entier. Ils furent détruits après deux années de traitement intensif.
Un voile de calcite commençait à se former et menaçait de recouvrir certaines peintures mais le phénomène a été stoppé et on a pu sauver peintures et gravures de la grotte. Il était temps.

L'homme sporadiquement représenté sur les parois des cavernes préhistoriques est pratiquement absent des salles et des galeries de Lascaux envahies d'animaux et de signes.
Les animaux parlons-en ! 20 Bisons, 87 aurochs, 88 cerfs et biches, 35 bouquetins et 355 chevaux mais également 7 félins, un renne, un ours. Il ne manque que le mammouth dans ce cortège d'animaux de Lascaux associés à une foule de signes peints et gravés. On a dénombré près de 400 signes différents. Les plus fameux sont les blasons ou damiers peints en rouge, jaune et noir et gravés. De nombreux objets ont également été trouvé : 112 outils en silex ou encore 28 pièces osseuses dont des sagaies et des aiguilles.

La société propriétaire de Lascaux se lança dans la réalisation d'une réplique d'une partie représentative de la grotte. Situé à 200 mètres de l'original, le fac-similé, nommé « Lascaux 2 », a ouvert ses portes le 18 juillet 1983. Quelques autres reproductions de peintures (frise des cerfs, bisons adossés et vache noire de la Nef, scène du Puits) sont exposées dans le parc du Thot, à quelques kilomètres de Montignac.
Suivront "Lascaux révélé", également nommé « Lascaux III » qui est une reproduction partielle de la grotte originelle dévoilée au public en octobre 2012 et conçue pour être itinérante puis Un centre international de l'art pariétal présentant, entre autres, un fac-similé intégral appelé Lascaux IV de toutes les parties ornées de la grotte de Lascaux voit le jour à proximité du site original fin 2016.

Gravés ou peints, gravés et colorés, les signes et les animaux de Lascaux rayonnent d'une beauté fragile et mystérieuse venue d'une des plus grandes civilisations qu'ait connues l'Europe. L'étroite union des figures avec leur support rocheux et l'architecture admirable de la grotte donnent à Lascaux une dimension monumentale, une profondeur presque théâtrale. En pénétrant à Lascaux, nul n'échappe à une émotion esthétique intense : il s'agit bien d'art et dans l'art de Lascaux se dissimulent des messages codifiés avec soin par les magdaléniens venus enfouir dans l'obscurité éternelle de la grotte leur mythologie , leurs croyances et leurs pensées.

Une autre grotte ornée paléolithique, sous-marine, la grotte Cousquer, située près Marseille, a aussi sa réplique pour la protéger ...
.....mais elle c'est une autre histoire !

Version audio sur Radio Pays d'Hérault à écouter ICI