Le 19 mai 1925, voilà exactement 97 ans, Malcolm Little dit Malcolm X voit le jour à Omaha aux États-Unis. Métis afro-américain, fils d'un prêcheur baptiste, il va devenir une des figures les plus puissantes et le leader charismatique du mouvement nationaliste noir.

Il est le septième enfant de la famille. Son père est déjà très engagé dans le mouvement de libération des Noirs. Il est influencé par le leader noir panafricaniste Marcus Garvey qui exhortait les masses noires à retourner en Afrique.

L’enfance du petit Malcolm est difficile : son père est assassiné par une organisation raciste blanche proche du Ku Klux Klan dans des conditions épouvantables, poussé sous un tramway, son corps est coupé en deux. Sa mère, extrêmement marquée par la mort brutale de son mari, fait une dépression nerveuse quelques années plus tard, en 1939, et est internée dans un hôpital psychiatrique. Ses huit enfants sont séparés et envoyés dans différents foyers d’accueil et orphelinats.

Malcolm se révèle être un bon étudiant au lycée, mais perd son intérêt pour les études quand un de ses professeurs préférés lui dit que ses ambitions de devenir avocat sont « irréalistes pour un nègre ». Il commence alors à commettre de petits délits.

De 1942 à 1946, Malcolm est au centre de nombreux trafics (drogue, prostitution, paris clandestins...). C'est un petit délinquant qui s'honore de fréquenter des femmes blanches et tente de s'intégrer à la pègre de Boston. Il est arrêté pour cambriolage avec effraction et port d’armes illégal. La sentence ? dix années de prison !

C’est le tournant de sa vie. En prison, il passe des journées et des nuits entières à lire des œuvres littéraires, philosophiques, historiques et améliore sa formation, sa culture et son éducation. Malcolm se laisse attirer par les doctrines islamiques. Par l’intermédiaire de son frère récemment converti à l’Islam, il entend parler pour la première fois des Black Muslin, un mouvement nationaliste noir se réclamant de l'Islam et l'organisation "La Nation de l'Islam". Islam qu'ils déclarent  être la vrai religion de l'homme noir. A sa sortie de prison en 1952 (après six années de prison au lieu des dix initialement prévues) il se débarrasse de son ancien nom "Little" qu’il considère comme un nom d’esclave, le remplace par "X" qui correspond au nom africain perdu des Noirs d’Amérique et devient porte parole de la "Nation de l’Islam."

Il utilise les journaux, la radio et la télévision pour ouvrir les yeux des Noirs d'Amérique et propager ses messages pour leur défense à travers les États-Unis. Son charisme, sa dialectique caustique, son sens de la provocation et de la rhétorique attirent de plus en plus de personnes. Il est en grande partie responsable du succès croissant du mouvement (500 membres en 1952, 30 000 en 1963). L’audience et la controverse qu’il déclenche attirent les médias ce qui marque son émergence comme un des leaders de la communauté noire. Cela suscite des jalousies et Malcolm  se révèle comme un concurrent de Muhammad, le mentor du mouvement .

Les tensions raciales augmentent au début des années soixante, et en plus des médias, Malcolm X attire l’attention du gouvernement américain et du FBI, qui infiltre l'organisation  pour en surveiller les activités. En 1963, Malcolm X apprend que Muhammad aurait eu 6 maîtresses au sein du mouvement et plusieurs enfants adultérins alors que les Black Muslims doivent mener une vie exemplaire (pas d'alcool, pas de drogues, pas de fornication, pas d'excès alimentaire, pas de mensonges). Il en est profondément déçu et se demande s’il n’a pas mené les masses noires vers un mouvement frauduleux. Il est lui même contesté en interne et accusé de s’occuper plus de l’argent et de sa côte de popularité que de la cause qu’il doit défendre.

Il est également virulent envers le Mouvement pour les droits civiques de Martin Luther King et dénonce les principes d'intégration et de non-violence qu'il défend.

La marche de Washington en 1963 le laisse sceptique. Il ne comprend pas comment les Noirs sont (je cite) "enthousiasmés par une manifestation dirigée par des blancs en face de la statue d’un président qui est mort depuis plus de 100 ans et qui n’appréciait pas les Noirs de son vivant".

Ses déclarations à la suite de la mort de Kennedy ("la violence de l’homme blanc a fini par se retourner contre lui, on récolte ce que l’on sème"(dit -il) lui valent des critiques et il est suspendu de son poste de porte parole de la "Nation de l’Islam" pendant 90 jours. En mars 1964, il quitte le mouvement et accomplit un pèlerinage à la Mecque qui tempère son radicalisme. A la fin de son pèlerinage, il entreprend plusieurs voyages en Afrique, qui le mèneront au Nigeria, Ghana, Liberia, Sénégal, Maroc et Algérie. Malcolm X replace alors  le combat des Noirs aux États-Unis dans le cadre plus vaste de la lutte de libération des peuples opprimés de l’Afrique et du tiers-monde.

A son retour aux États-Unis, ses relations avec la "Nation de l’Islam" continuent à se dégrader. Il est même considéré comme homme à abattre. Après plusieurs tentatives d’assassinats commises à son encontre, il ne se déplace plus sans gardes du corps. Le 14 février 1965, un incendie criminel ravage sa maison mais ne fait aucune victime. Le 21 février, alors qu’il s’apprête à prononcer un discours à New-York, trois hommes armés, tous présumés membres de la "Nation de l’Islam" s’approchent de l’estrade et tirent à 15 reprises, ne laissant aucune chance à Malcolm X. Il est déclaré mort lors de son transport à l’hôpital.

A t-il été tué par "ses frères" ? Ou les commanditaires étaient-ils bien plus puissants ? Toujours est-il qu’il demeure avec Martin Luther King l’un des leaders noirs les plus importants de l’histoire contemporaine.

A chaque époque de sa vie Malcolm a été sincère dans tous ce qu'il a entrepris ce qui ne l'a pas empêché d'effectuer des changements de direction complets dans ses idées et son comportement : quand il a découvert l'Islam ou encore après son pèlerinage à la ville sainte de la Mecque.

Les évènements actuels à Baltimore et à Jefferson sur les crimes racistes perpétrés par la police démontrent que la situation des Noirs américains n'est toujours pas réglée...

 .....mais c'est une autre histoire

Version audio avec illustration musicale à écouter sur Radio Pays d'Hérault ICI

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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