On ne peut pas reprocher à la présidente de la Région Occitanie de ne pas prendre à bras le corps la problématique de l’eau. Dès 2018 la Région avait adopté un plan d’intervention pour l’eau. Le 19 décembre 2025 la Présidente exposait son plan Résilience Eau devant l’Assemblée régionale.
Mais la lecture du projet, révèle d’emblée une absence d’analyse des causes des catastrophes climatiques en particulier à l’échelle locale (incendies, inondations, pénurie d’eau). Il n’y a aucune remise en question de ce qui produit ces catastrophes et les erreurs que nous devrions éviter à l’avenir. Le réchauffement climatique n’est pas nié, mais comme déconnecté de sa cause première, l’impact des activités humaines. La responsabilité de la politique de remembrement, de l’agro-industrie ou du réaménagement des cours d’eau dans l’assèchement des sols n’est pas évoquée.
C’est pourquoi Carole Delga peut faire cohabiter dans son plaidoyer pour son projet de résilience, la conscience que l’Occitanie est particulièrement impactée par le changement climatique ET une volonté d’industrialiser la région sous couvert d’industries dites vertes, allant même jusqu’à évoquer un « léger » désenclavement de Toulouse privé de LGV. On en rirait si cet aveuglement ne faisait pas craindre le pire.
De quelle résilience parle-t-on alors ? Les projets évoqués, comme l’agrandissement du réseau régional hydraulique qui amènerait l’eau du Rhône jusqu’à la frontière espagnole ou la création de méga bassines, alimentent un modèle économique capitaliste qui a montré son effet dévastateur et qui trouve dans le changement climatique une nouvelle source de profits. La création de l’A69 et ses paysages dévastés en est un exemple récent.
Mais qui conseille Madame Delga ? La présidente de la Région n’aurait-elle pas intérêt à faire un pas de côté et s’éloigner de la vision des décideur·ses financier·es et agro-industriel·les pour s’intéresser aux travaux de chercheurs et chercheuses notamment en matière d’hydrologie ou de préservation du vivant ? Ne devrait-elle pas aller regarder du côté d’expérimentations paysannes et écologiques qui font leurs preuves ? Ce pas de côté lui éviterait d’être l’un·e des acteur·ices des catastrophes à venir.
Pour répondre à la désertification de notre région, ce n’est pas d’une hypothétique résilience dont nous avons besoin, mais de transformation et de régénération des sols, qui permettraient aux agriculteur·ices de nourrir nos territoires.
Si vous voulez gérer l’urgence, Madame Delga, allez voir par exemple du côté des Corbières. Suite aux incendies, l’Office national des Forêts a décidé d’extraire le bois brûlé pour en tirer des gains, alors que la régénération des sols nécessiterait de laisser ce bois nourrir les sols pour contrer de nouveaux incendies.
Doutez Madame Delga, doutez.




































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