L’orchestration et la rythmicité des buzz distillés par le maire de Béziers obéissent au souci d’occuper l’espace culturel et politique. Elles servent son camp, celui de la réaction. Elles servent aussi son appétence d’une stature nationale : jusqu’au buzz de trop ?

Robert Ménard a refusé, l’été dernier, de marier un couple au prétexte que le futur marié était sous le coup d’une OQTF. Il devra s’en expliquer ce mois-ci à Montpellier devant la police judiciaire à qui une enquête a été confiée.

La décision du maire de Béziers de surseoir à ses obligations légales a été préparée dans les moindres détails :

– présence de BFMTV sur place, le jour du mariage annulé,

– saisine antérieure du parquet pour suspicion de mariage blanc,

– saisine identique de la police de l’air et des frontières.

 Malgré l’annulation des soupçons de mariage blanc par la justice et la police, Ménard a quand même décidé de sursoir à ses obligations municipales pour orchestrer un buzz médiatique.

Le maire de Béziers risque 5 ans de prison, 75 000 euros d’amende, il peut également perdre sa place de maire par révocation ministérielle. L’enquête préliminaire a été confiée au service départemental de la police judiciaire de l’Hérault. Une deuxième plainte a été déposée au tribunal administratif.

Mustapha se trouve, lui, en Algérie depuis son expulsion le 20 juillet dernier. Cette expulsion controversée a été réalisée par les services de l’État. Les prochaines auditions sont à haut risque, il va falloir que Ménard prouve que son intention de refuser le mariage n’était pas délibérée. Jusqu’à présent tous ses coups de boutoir réactionnaires sur la crèche, l’armement de la police municipale, l’uniforme, lui ont réussi. Nous allons voir s’il va en être de même cette fois-ci.

Ménard activiste d’extrême droite notoire se trouve à la croisée des chemins. Il a le choix entre deux attitudes :

– faire profil bas pour sauvegarder ses chances avec la macronie,

– se victimiser pour renforcer sa place dans un futur gouvernement d’extrême droite.

Au vu de sa personnalité et de sa soif de pouvoir gargantuesque, la seconde hypothèse paraît la plus vraisemblable.

Sur un autre plan, et pas le moindre, les résultats de l’enquête sont tout aussi importants. Ils nous diront dans quel état est notre démocratie : Ménard devant être logiquement condamné pour obligation légale non effectuée avec préméditation.

 

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