Projet Buesa : la gentrification est-elle soluble dans le populisme ?

par | 8 janvier 2023 | Edito

Robert Ménard est coutumier du fait, quand une association mobilise dans « sa ville », il essaye toujours de la contourner en recherchant un contact direct avec ses adhérents et sympathisants.

Le populisme dont il se revendique fièrement l’anime, le met en mouvement. Il vise avant tout à se mettre en relation directe, presque fusionnelle avec un peuple qu’il dit affectionner. On devine la filiation politique de cette incarnation du rapport au peuple.   

La manœuvre de rapprochement peut réussir, l’histoire le prouve, mais elle est risquée, car elle met face à face deux entités animées par des intérêts potentiellement divergents. Pour réussir, l’une des entités doit faire croire à l’autre que leurs intérêts sont communs.

Dans le cas du débat sur le projet Buesa l’embourgeoisement de la ville de Béziers s’est invité par surprise en posant une question à laquelle le maire de Béziers n’était pas prêt à répondre : la gentrification est-elle soluble dans le populisme ?

À ma gauche, les riverains de la villa Antonine ont évoqué les effets dévastateurs de l’urbanisation spéculative sur leur cadre de vie. Avec de nombreux exemples, ils ont montré leur attachement à un quartier mixte, résidentiel, en périphérie du centre-ville où il fait bon vivre. Ils ont justement identifié les menaces qui pesaient sur celui-ci et sur la coulée verte naturelle qui fait lien avec le quartier des arènes.

À mon extrême droite, le maire de Béziers a vanté l’attrait retrouvé pour sa ville, l’importance de la demande locative, la nécessité de loger les nouveaux arrivants sans étalement urbain trop important. Ce, alors que selon les dernières statistiques de l’ Insee la population biterroise n’a augmenté que de 0,6 % en moyenne entre 2014 et 2020.

Vous le devinez, les riverains parlaient « cadre de vie » et le maire parlait attrait spéculatif de la cité.

Entre les deux, la discussion fut difficile, animée, longue ( plus de 2 heures ).

Samedi deux projets, deux visions, s’opposaient. L’une parlait du quotidien, du vivre ensemble, de la quiétude.  L’autre parlait d’un avenir spéculatif :

  • Où le prix du mètre carré allait continuer d’augmenter,
  • Où les biterrois deviendraient richissime en vendant leurs biens ( mais ils ne seraient plus biterrois ),
  • Où les promoteurs joueraient les pères Noël en rachetant et en bétonnant.

Face au chantre local de la spéculation, les riverains ont très lucidement posé la question de l’effet domino. Si la ville est attractive et fait l’objet d’une demande locative, le projet Buesa n’est que le début d’une bulle spéculative sur la ville.

En bon populiste, le maire de Béziers a senti poindre cette interrogation. Il a tenté d’y répondre en proposant aux riverains de faire bloc avec la mairie contre les promoteurs. Ceux-là lui ont justement répondu qu’il pouvait bloquer le projet, revoir le PLU, qu’ils le lui demandaient depuis plus d’un an, mais qu’il ne l’avait pas fait.

Samedi, au palais des congrès, la gentrification n’était pas soluble dans le populisme.

Il reste maintenant à accentuer la mobilisation sur la ville. Rendez-vous est pris samedi 14 janvier à 15 h rue de république à Béziers pour une manifestation devant les locaux de Buesa et devant la mairie.

  

Partager sur

En Bref

< Retour à l'accueil

L'agenda Culturel

L'agenda Militant

Lettre d'informations En Vie à Béziers

Pour recevoir notre lettre hebdomadaire

La Revue de presse

Dessins et photos d'actualités

Le mot du maire de Béziers

En vie à Béziers Adhésion et/ou dons !

Le coin des lecteurs

Israël est en panique

En ce moment en Cisjordanie, des colons israéliens armés abattent des murs et assiègent des familles palestiniennes chez elles. Des dizaines de personnes ont été tuées, dont de jeunes enfants, et les familles vivent dans une terreur constante.Mais nous avons...

Référendum immigration : Non au coup d’État du RN !

La menace d’une conquête du pouvoir par l’extrême-droite en France est là, bien réelle. Les résultats en Saxe dimanche dernier nous le rappellent. Irresponsables sont celles et ceux qui voudraient la minimiser ou n’y percevoir qu’une alternance politique plus...

Au bout du fil de la presse libre

L’association a bénéficié en 2018 et 2019 du fonds de soutien aux médias d’information sociale de proximité / Ministère de la culture

Nombre de visites

Nombre de visites

1113304
Total Users : 1113304

mardi 15 septembre 2026, 0:31

La Rédaction