À l’occasion des quinze ans de la catastrophe de Fukushima, le 11 mars 2026 rappelle une tragédie dont les séquelles persistent, malgré les efforts pour en gommer la mémoire. « L’évènement est figé dans son mouvement même, comme dans une sorte de résine translucide. Les autorités japonaises, après avoir été déchargées de toute responsabilité judiciaire en 2022, promeuvent une « reconstruction » de façade, incitant les habitants à revenir dans des zones contaminées où l’agriculture et la pêche, autrefois prospères, ne peuvent plus reprendre. On a beau le savoir, rien ne passe, ne serait-ce que pour alerter sur les risques de cette politique. Même des décisions plus controversées, comme le rejet des eaux radioactives en mer, passent presque inaperçues, faute de réactions internationales fortes. » Dominique Balaÿ.
Aujourd’hui, l’accession au pouvoir d’un gouvernement ultra nationaliste aggrave la situation en décidant : la relance du nucléaire, la prolongation de la durée de vie des centrales et la construction de nouveaux réacteurs, malgré l’absence de plans d’urgence crédibles. En effet, depuis l’accident le Japon s’était passé de la plupart de ses réacteurs (3% seulement de l’énergie provenait encore du nucléaire) et il n’y a pas eu de pénurie.
Le 2& janvier 2026 on a appris que la plus grande centrale nucléaire du monde, située à Kashiwazaki-Kariwa, au nord de Tokyo venait de redémarrer.
Comme toutes les centrales nucléaires japonaises, le site avait été mis à l’arrêt après le séisme et le tsunami qui avait provoqué la catastrophe de Fukushima, le 11 mars 2011. Il a été doté depuis d’une digue de 15 mètres de haut contre les tsunamis et de nouveaux systèmes de secours électriques installés en hauteur, ainsi que d’autres dispositifs de sécurité.
Ce redémarrage concerne dans un premier temps un seul des sept réacteurs de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa. Le gouverneur du département de Niigata (centre ouest), où elle se trouve, avait donné en novembre son aval malgré une opinion publique divisée sur la question.
Selon une enquête menée en septembre par le département, 60 % des habitants étaient opposés au redémarrage, contre 37 % qui le soutenaient.
Outre les dangers du nucléaire civil, quand on parle nucléaire, on pense inévitablement nucléaire militaire qui lui est techniquement et historiquement lié. (La production de l’un alimentant l’autre.)
Et là, justement, le 22 janvier 2026 était le 5e anniversaire du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, adopté par l’Assemblée générale des Nations Unies le 7 juillet 2017est entré en vigueur le 22 janvier 2021. 95 pays et régions ont signé le traité et 74 l’ont ratifié.

Dans une déclaration marquant ce cinquième anniversaire, l’ONG internationale pour l’abolition des armes nucléaires (ICAN) a souligné :
« Les armes nucléaires ont perdu leur légitimité et leur financement est tari. Les banques et autres institutions réorientent de plus en plus leurs investissements, les détournant des entreprises de fabrication d’armes nucléaires. »
Cependant, des États dotés de l’arme nucléaire comme les États-Unis, la Chine et la Russie n’ont pas signé le traité, de même que le Japon, placé sous la protection nucléaire américaine, et les États membres de l’OTAN. Face à l’aggravation de la situation mondiale et à la persistance des conflits, la question de l’utilisation des armes nucléaires suscite une inquiétude croissante. Par ailleurs, le fossé se creuse entre les signataires du Traité, partisans de l’abolition de l’arme nucléaire, et les non-signataires, défenseurs de la dissuasion nucléaire.
La France s’est engagée dans le traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, mais elle n’a pas participé au vote sur l’interdiction des armes nucléaires !
Le traité sur l’interdiction des armes nucléaires prohibe l’utilisation, le développement, la production, les essais, le stationnement, le stockage et la menace d’utilisation de telles armes.
Un sondage IFOP réalisé en juin 2018 pour « La Croix » et « Planète Paix » indiquait que 76 % des Français sont favorables à ce que « la France s’engage dans un processus international d’élimination totale et contrôlée des armes atomiques, tel que prévu par l’ONU ».



























Total Users : 1071042