Histoire de l’abandon des grands projets inutiles (10e et dernier épisode) : la ferme des 1000 vaches à Abbeville

par | 28 septembre 2025 | Écologie

La ferme des 1000 vaches est le nom d’une exploitation bovine laitière industrielle construite vers Abbeville dans le département de la Somme. Conçue pour exploiter 1000 vaches laitières, elle devait être doublée d’une usine de méthanisation d’environ 1,5 mégawatt.

À partir de 2009, des producteurs laitiers de Picardie décident de faire passer leurs fermes à l’ère industrielle. Ils se regroupent dans une Société civile d’exploitation agricole (SCEA).

Signe de leur respect des normes, le terrain de l’exploitation est acquis à l’insu et sans l’accord de la Société d’aménagement foncier et d’établissement rural (SAFER).

La première demande administrative est déposée en février 2011. En août 2011, une enquête publique démarre, elle émet un avis favorable.

Le même mois des citoyens opposés au projet décide de créer l’association Novissen (Nos villages se soucient de leur environnement).

Le 18 février 2012, une première manifestation réunit 700 personnes à Abbeville.

En février 2013, les services administratifs autorisent une capacité de 500 vaches. En mai 2013, l’association Novissen dépose un recours suspensif au tribunal administratif d’Amiens, elle est déboutée.

Le 12 septembre 2013, la Confédération paysanne tente de bloquer le chantier.

Le 28 mai 2014, le même syndicat agricole tente de démonter les machines de traite.

En juin 2014, le Conseil d’État rejette les demandes de pourvoi de Novissen.

La première traite industrielle a lieu le 13 septembre 2014. À partir de là, et pendant 3 jours, les opposants bloquent les accès à la ferme industrielle.

Les 4 et 5 octobre 2014, 2 vaches de l’exploitation meurent de mauvais traitements.

Le 28 octobre 2014, une manifestation de soutien aux opposants réunit 4 000 personnes à Amiens.

En juin 2015, un employé licencié révèle que le site dépasse le seuil autorisé des 500 vaches autorisées. Le directeur d’exploitation reconnait les faits.

Saisie par les opposants, la préfète de la Somme décide le 28 août 2015 d’appliquer des sanctions :

  • 780 euros d’amende,
  • Astreinte quotidienne de 780 euros jusqu’au retour au seuil des 500 vaches autorisées.

Une étude sanitaire indépendante est ordonnée.

Saisie par les exploitants de la ferme la commission d’enquête donne un avis favorable à l’extension (passage à 800 animaux).

En mars 2016, les associations « L214 et Écologie sans frontières » réclament une visite sanitaire. Elles sont déboutées.

En décembre 2020, la ferme annonce l’arrêt de sa production de lait pour janvier 2021, production qui n’est pas rentable.

Le 22 septembre 2021, le Conseil d’État confirme définitivement et rétroactivement l’amende infligée de 780 euros.

L’abandon du grand projet inutile de la ferme des 1000 vaches aura été un coup de semonce aux lobbies agroalimentaires qui industrialisent le monde paysan. Ces « patrons voyous » qui font fi des normes administratives, ont rencontré une opposition tenace qui a su conjuguer actions sur le terrain et actions judiciaires.

C’est aussi l’abandon d’une production confinée dans un espace clos, doublée de forts risques sanitaires, ainsi que d’un modèle économique qui s’est révélé non viable et destructeur pour le prix du lait dans la profession.

La rediffusion de cette série « Histoire de l’abandon des grands projets inutiles » s’arrête avec ce dixième épisode.

La semaine prochaine je vous propose une nouvelle série inédite sur l’histoire du nettoyage ethnique de la Palestine

Partager sur

En Bref

< Retour à l'accueil

L'agenda Culturel

L'agenda Militant

Lettre d'informations En Vie à Béziers

Pour recevoir notre lettre hebdomadaire

[sibwp_form id=1]

La Revue de presse

Dessins et photos d'actualités

Le mot du maire de Béziers

En vie à Béziers Adhésion et/ou dons !

Le coin des lecteurs

D-connexion blogs Médiapart

Bonjour Pour Information, J’ai publié sur blogs Media-part  un billet (en accès libre). Bonne lecture et Joyeuses Fêtes et désolé pour les doublonsCordialement Thierry Canals...

Communiqué de presse COLBAC

La disparition de Brigitte Bardot marque la perte d’une figure majeure de la cause animale en France. Parmi l’ensemble de ses engagements, l’un fut constant et sans ambiguïté : la dénonciation de la corrida en tant que pratique cruelle, fondée sur la souffrance...

Janvier 2026 pour la Palestine

Madame, Monsieur Le Week end des 10 et 11 janvier sera un temps  fort pour la Palestine à Béziers. Samedi 10 à 16H rassemblement rond point Gagarine. Dimanche 11 à 15H voeux partagés poétiques et musicaux à la Cosmopolithéque. Vous en trouverez le détail dans les...

Défendre la viticulture c’est vital !!

La ministre de l’Agriculture Annie Genevard annonce au salon Sitevi à Montpellier fin novembre l’arrachage de35000 hectares de vignes. L’an dernier c’est 27000 hectares qui ont été arrachées, l’équivalent du département duGard. Donc ils veulent en finir avec la...

Y’EN A MARRE DES PAUVRES ?

Le 27 juillet 2017, à Orléans, le jeune président Macron déclare : « Je ne veux plus, d’ici la fin de l’année, avoir des femmes et des hommes dans les rues, dans les bois ou perdus. C’est une question de dignité, c’est une question d’humanité et d’efficacité. ». Deux...

Au bout du fil de la presse libre

En 2026 Continuons à défendre l'édition libre

Le monde de l’édition française est un monde très concentré. Aujourd’hui, après des décennies d’acquisitions et de rachats, 90% du marché est détenu par 5 conglomérats d'édition, avec 5 milliardaires à leurs têtes. Statistiquement, l'achat d'un livre revient dans 90% des cas à renforcer les empires de Vincent Bolloré (Hachette), Daniel Křetínský (CMI/Editis), Bernard Arnault (LVMH, Madrigall, Lefebvre Sarrut), Francis Esménard (Albin Michel) ou de la famille Michelin-Montagne (Média Participations), dont l'omniprésence oriente l'opinion publique.

Hobo Diffusion promeut l’édition indépendante et critique, et propose une alternative dans un monde du livre monopolisé et dominé par les grands groupes. Hobo Diffusion ne travaille pas avec Amazon.

 

Cette carte, proposée par les éditions Agone et le Monde diplomatique,  expose l’ampleur de la concentration éditoriale tout en rendant visible la myriade de maisons indépendantes qui y échappe.

 

L’association a bénéficié en 2018 et 2019 du fonds de soutien aux médias d’information sociale de proximité / Ministère de la culture

Nombre de visites

Nombre de visites

1049387
Total Users : 1049387

jeudi 1 janvier 2026, 23:52

Didier Ribo

Description de l'auteur de l'article - co-fondateur du journal majoritaire de Béziers