Pendant que Macron propose de replanter 1 milliard d'arbres, il serait plus malin de moins en détruire. C'est le cas un peu partout dans le monde pour diverses mauvaises raisons  (je pense à l'Amazonie ou aux Philippines ) mais aussi en France.

Alors, imaginez une grande place en plein centre ville avec un kiosque à musique vieux de 140 ans, rajoutez-y  73 tilleurs argentés de près de 12 mètres qui font de l'ombre, rendant plus supportables les épisodes caniculaires.

Vous vous doutez que cette place est un centre de la vie sociale, qu'on s'y retrouve, qu'on s'y rencontre, qu'on s'aime, où se côtoient jeunes et vieux, retraités et lycéens, parents avec leurs poussettes, un havre de paix et de sérénité, un endroit convivial, un pur joyau à conserver !

Et des bancs bien sûr, des bancs publics évidemment !

Avec ...

Les amoureux qui s'bécotent sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics
En s'foutant pas mal du regard oblique des passants honnêtes
Les amoureux qui s'bécotent sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics
En s'disant des "je t'aime" pathétiques
Ont des petites gueules bien sympathiques

Brassens, lui, a bien connu cette place Aristide Briand puisqu'elle se trouve en plein cœur de Sète !

Parlons de ce projet municipal adopté en novembre 2018. La demande de permis de construire prévoit la construction de 314 places de stationnement sur deux niveaux enterrés. D'où destruction du kiosque historique et des arbres de la place forcément. Il contredit toutes les règles d'urbanisme élaborées et adoptées (SCOT, PDU, PLU) pour préserver, restructurer et moderniser la ville. Les objectifs explicites repris dans tous ces textes officiels indiquaient qu'il fallait diminuer l'emprise de la voiture (raté !), favoriser les modes de mobilité douce et les transports collectifs en s'appuyant sur des parkings relais  (raté encore !) et enfin végétaliser l'espace urbain (toujours raté !).

La population a réagi dès l'automne 2021 suite à l'annonce de l'imminence des travaux par Midi-Libre. En moins d'une semaine, des riverains et des citoyens lancent une pétition (15000 signatures), créent un collectif (3500 personnes) ainsi que l'association "Bancs Publics" (890 adhérents) qui affirme sa volonté de faire respecter la loi.

Car vous ne la respectez pas Monsieur le Maire ! Vous n'aviez pas déposé de Déclaration préalable de travaux ni de permis de démoir concernant la place.

Pourquoi avoir commencé les travaux sans permis de construire?

Pourquoi avoir posé des palissades sous la protection de la police et des violences policières inacceptables qui ont créé un choc terrible dans tout Sète.

Pourquoi la démolition de la place elle-même a-t-elle débuté dès le 22 septembre dernier ? Pour créer l'irréversibilité au mépris du juge ?

Le 24 septembre, l'association  "Bancs Publics" a organisé son rassemblement hebdomadaire près du lieu d'une inauguration à laquelle participe le Maire. Bousculade, gifles et coups de pied de la part du Directeur Général des Services. Les images et témoignages sont édifiants. La tension monte très vite à Sète. Le DGS en question se défend en parlant, je le cite, "d'une meute déchaînée, les yeux révulsés et la bave aux lèvres".

Depuis, le référé suspension concernant le kiosque est rejeté mais le référé suspension concernant la déplantation des arbres est accepté.

Les arbres sont toujours là au milieu d'une place cadenassée et interdite à la population.

Le combat continue à Sète et tout dernièrement une lettre avec demande  d'audience a été envoyée à Christophe Béchu, ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires.

A suivre.....

L'émission Altermédia sur Radio Pays d'Hérault a consacré son numéro de novembre à ce sujet. A écouter en podcast ICI

Site de "Bancs Publics" ICI - les contacter : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.