Nous publions ci-dessous un texte rédigé par nos camarades du Collectif contre l’extrême droite de Sète / Bassin de Thau. Ce texte fait un tour d’horizon des multiples visages de l’extrême droite dans le département de l’Hérault.
Commençons par les groupes violents (l’extrême droite radicale) Ils sont essentiellement implantés à Montpellier
Il y a les historiques de La Ligue du Midi, groupe identitaire fondé par Richard Roudier (qui habite non loin de Ganges) avec ses deux fils et sa fille. Ils interviennent régulièrement sur Montpellier et dans ses environs. Participation au commando contre les étudiants de la fac de droit en 2018 (un jouteur sétois était aussi dans ce commando). Destruction d’un local d’une association de soutien aux migrants. Coup de couteau de la part d’un des fils Roudier contre un opposant. Ils ont aussi soutenu activement Zemmour (ils étaient dans son service d’ordre) et auprès de Robert Ménard lors de l’installation de la crèche dans la Mairie de Béziers. Récemment ils ont voulu organiser à Castelnau-le-Lez (juste à côté de Montpellier) une projection d’un film raciste anglais… Elle a été interdite par le maire de la ville mais aurait eu lieu quand même à Montpellier. Ils sont donc très violents mais plutôt vieillissant. Ils auraient des liens avec d’autres groupes identitaires à Carcassonne, Albi et Perpignan
Les jeunes d’OC. C’est les ex de Génération identitaire (mouvement dissous). Ce sont des habitués à des happening, de la comm, des coups médiatiques. Jeunes d’Oc seraient en perte de vitesse depuis quelques années. Mené par son porte-parole, Anthony Lacoste, le groupuscule est responsable d’une série d’agressions, notamment lors de la demi-finale France-Maroc en 2022, place de la Comédie à Montpellier, en compagnie de militants de la Ligue du Midi. Ils sont impliqués également dans les intimidations envers des militants de gauche lors d’une manifestation en soutien aux agriculteurs à Montpellier en 2024. Tous récemment, ils viennent de s’attaquer aux drapeaux arc-en-ciel peints dans les rues de Montpellier, en les recouvrant de peinture noire. Dans leurs groupes, il y a là, deux frères à Aniane qui s’étaient investis dans les parents d’élèves… Il y a aussi un certain Johan Salacroup, ex cadre violent de Génération identitaire et sa compagne Flora alias Teissier qui, elle aussi a été reconnue coupable de « violence avec une vingtaine de militants de Génération identitaire », notamment contre une employée enceinte, qui a perdu son bébé deux semaines plus tard.
Ensuite, il y a l’Action française C’est des royalistes mais ils sont peu actifs actuellement
Le petit groupe de femmes identitaires Nemesis (l’ennemi pour elles sont les hommes étrangers). Ce Noël, une de leur militante a accroché une banderole sur son balcon à Bordeaux « 6482 viols ou tentatives de viols par des étrangers en 2024. Papa noël, remigre-moi ces violeurs »
Le Bloc Montpelliérain. Les plus nombreux et les plus violents. Ils auraient participé à l’agression violente contre un bar de gauche à Alès, Le Prolé, le 7 mai 2025 lors de la Féria. (Ils étaient entre 15 et 30) D’ailleurs les 10 blessés de cette agression, ont organisé une conférence de presse, le 7 novembre dernier, pour réclamer des nouvelles de l’affaire.auprès de la police et de la justice. Ils sont très jeunes et très radicalisés style Néo-nazis, Ils sont issus des violents de la Jeunesse St Roch (mais plus politisé idéologiquement version 3ème Reich) Ils sont actuellement en procès contre le journal en ligne le Poing et ils ont des liens avec Martial Roudier (fils du fondateur de la Ligue du midi). Ils ont été vu à Paris dans le SO du défilé annuel en l’honneur d’un identitaire mort en fuyant la police Sébastien Deyzieu… Pour info, l’avocate membre de la LDH qui défend 7 des 10 victimes du bar reçoit des menaces de morts et des intimidations en venant dans sa rue.
Montpellier Nationaliste C’est peut-être un nouveau groupe car quelques autocollants signés de ce groupe ont été vu récemment à Montpellier
Ensuite toujours à Montpellier, il y a des restes de complotistes et conspiratifs. Quelques anciens gilets jaunes anti-vaccins (comme les frères dissidents)
Un petit groupe aussi appelé Solaris (plutôt des survivalistes)
Et quelques ultras du club de foot de Montpellier mais sur le déclin
South Face, un autre groupe aussi sur le déclin. Il existait comme une sorte de milice rassemblant des fascistes de Nîmes, Montpellier et des villes environnantes, gravitant entre autre, autour de militants pro-Zemmour.
A propos des soutien à Zemmour, Florence Medina, ancienne candidate du parti d’Eric Zemmour aux législatives de 2022 à Montpellier vient de perdre un procès pour avoir écrit sur les réseaux sociaux : « Si c’est la guerre que les racailles veulent ils vont l’avoir. Dans les années 80 il existait des ratonnades – au risque de choquer on peut recommencer, mais nous ne laisserons pas nos enfants se faire assassiner lâchement par des racailles en surnombres et armés. Puisque le Gouvernement ne bouge pas, les Français de Province vont montrer à Paris comment il faut les traiter. Il vaut mieux que les flics les trouvent avant les locaux, car il risque d’y avoir de gros dommages collatéraux ». Hasard de calendrier, à peine quelques jours après cet appel, des militants d’extrême droite d’Occitanie ont participé à des défilés suivis de violence, de plusieurs dizaines d’individus d’extrême droite encagoulés, certains armés de battes de base-ball, le 25 novembre à Romans-sur-Isère. Des montpelliérains auraient participé à cette ratonnade à l’appel d’un dénommé « Gros Lardon » Il s’agirait en fait de militants de Nîmes et de Millau.
A l’Ouest du département Il y a aussi la tendance des cathos intégristes et de la manif pour tous (autour du maire de Béziers Robert Ménard et de sa femme Emmanuelle) Il a aujourd’hui le soutien de Bruno Retailleau (alors que certains LR de Béziers étaient contre cette investiture). Plusieurs maires de l’agglomération le suivent comme les 6 conseillers départementaux autour de Béziers Nicole Zenon, Maire-Emanuelle Camous, Gilles Sacaze, Marie Hirth, Jean-Louis Respaud, Denis Marsala (même si certains l’ont lâché pour rejoindre Zemmour et Marion Maréchal) Un premier sondage mettait Robert Ménard largement en tête avec 61% des intentions de votes pour les municipales de 2026 mais c’était avant que le nouveau député Julien Gabarron (RN) de la circonscription (celui qui a battu en 2024, l’ex députée Emmanuelle Ménard) ne se présente officiellement. C’est la deuxième fois où le RN affronte avec le maire de Béziers, alors qu’il avait activement soutenu avant. Le député RN récemment présenté ses voeux devant plus de 500 personnes et en présence de plusieurs maires de l’Agglo de Béziers : Gérard Abella (maire Boujan sur Libron) , Fabrice Solans (maire de Villeneuve les Béziers), Didier Bresson (Maire de Cers) et Bertand Gelly (maire de Corneilhan)
Le RN a dans notre département 4 députés encartés : Aurélien Lopez-Liguori (6ème circonscription Sète-Agde…), Manon Bouquin (4ème circo, Mèze, Lodève, Gigean..), Julien Gabarron (7ème circo, Béziers) et Stéphanie Galzy (5ème circo, Bédarieux, Clermont-l’Hérault, St Pons)
Ils visent plusieurs villes pour les municipales dont Sète avec Pacull. Aurélien Lopez-Liguori, le député qui a été élu avec plus de 51% des voix dès le premier tour (41% à Sète et 56% à Agde) aimerait donc prendre Agde même s’il est en concurrence avec la conseillère municipale ex RN Fabienne Varesano. Le RN voudrait prendre également Frontignan avec Cédric Delapierre, conseiller régional d’Occitanie. Mauguio, avec Gilles Parmentier et bien d’autres villes comme Cédric Augier à Valras. A Mèze, aussi l’ostréiculteur, Joël Armentier, bénéficie de la présence, sur sa liste, de la députée Manon Bouquin. Récemment des agriculteurs en colère sont venus protester au siège du Midi Libre à St Jean de Védas. Insultes, menaces, jets de verre, palettes et pneus incendiés ont endommagé l’entrée du journal… Le journal a déposé plainte. Or ces violents incidents font suite à un appel à mobilisation lancé par ce candidat RN, Joel Armentier par ailleurs vice-président du syndicat du port du Mourre blanc. Il expliquait « Je sais que je suis attendu au tournant, surtout en période d’élection, mais j’ai pas à rougir du fait de défendre ma profession ». Mais le RN a aussi une stratégie de soutien à certains maires, une sorte de charte de soutien co-signer entre le RN et les candidats au poste de maire est en cours, comme une promesse en échange d’un engagement écrit. Ce pacte est présenté sous la forme d’un contrat gagnant/gagnant. Gagnant pour le candidat qui aurait l’assurance de bénéficier des votes RN. Et gagnant pour le RN qui aurait en retour une série d’engagements et de place sur sa liste qui cadenasseraient le mandat de l’éventuel élu. Ce renvoi d’ascenseurs serait probablement utile lors des sénatoriales qui auront lieu en septembre prochain où là le RN visent à prendre les 4 places de sénateurs.
Les proches de Marion Maréchal du mouvement Identité-Libertés Il y a eu à Sète un certain Francis Delpech, issu de la gauche « chevènementiste » mais ancien représentant de Debout La France passé par Renaissance et désormais référent local du micro parti de Marion Maréchal. Il a avec deux autres soutiens de Marion Maréchal Gilbert Norbert Adjedj et Gaston Bentata, était derrière la « fameuse » marche contre l’antisémitisme du 7 octobre dernier à Sète. Leurs leaders dans le département sont Franck Manogil ex RN de Béziers, ex Zemmour et conseiller régional d’Occitanie. Il y a aussi Gilles Ardinat, conseiller municipal de Frontignan.
L’UDR, le parti de Ciotti. L’Union des droites pour la république est un allié fidèle du RN dans sa conquête de pouvoir. Ce parti est surtout présent à l’Est du département via le député de 9ème circonscription (Lunel, la Grande Motte, Maugio) Charles-Henri Alloncle. C’est un véritable Versaillais, élevé dans un lycée catholique privée qui a été parachuté dans l’Hérault en 2024. Ex jeunes loup des jeunes Républicains et du soutien à Nicolas Sarkosy, aujourd’hui, il enfourche la défense des traditions taurines et des Manades de la Camargue. Charles-Henri Alloncle s’est fait remarquer ces derniers temps car il était rapporteur de la « commission d’enquête sur la neutralité et le financement de l’audiovisuel public », Commission proposée par son patron Eric Ciotti au moment même où le RN demandait la privatisation de l’audiovisuel public. Le député UDR pense lui aussi qu’au regard du budget de l’audiovisuel public, on pourrait à la place «sauver, en une seule année, nos 6000 églises en danger, de construire 20 000 places de prison ou un réacteur nucléaire ». Pour être social » il ajoute « ou payer le salaire de 100 000 professeurs ». Au cours de cette commission, il a notamment accusé Thomas Legrand et Patrick Cohen, deux journalistes de France Inter et de France 5 de manipulation politique suite à une vidéo or comme le souligne le Midi Libre « le rapporteur pose des questions, les plus inquisitoires et à charge et il n’écoute pas les réponses. Ça ne l’intéresse pas, ses conclusions sont déjà écrites ». Plusieurs députés ont dénoncé alors « un procès politique où le rapporteur sort totalement de ses missions ». D’ailleurs, Charles-Henri Alloncle a été plusieurs fois recadré par le président de la commission, il a même fait l’objet d’un ferme rappel à l’ordre par la présidente de l’Assemblée nationale au point que la Commission a suspendu ses travaux. Cela n’a pas empêché, l’élu de l’Hérault, de lancer, au début de l’année, une autre polémique contre l’animateur Nagui de France 2 « d’être la personne, sur les dix dernières années, qui s’est le plus enrichie sur l’argent public ». Çà, c’est sur le côté vitrine dans les médias, mais maintenant dans le fond, Charles-Henri Alloncle est visé par une plainte pour incitation à la Haine raciale et à la violence, pour avoir co-administré avec 35 autres personnes, un groupe Facebook ouvertement raciste intitulé « La France avec Jordan Bardella » de 11 500 membres. Les propos développés sur ce site étaient pourtant assez « limpides » par exemple on pouvait lire «Les Arabes dehors», «la France est dirigée par les juifs sionistes», «il nous manque un mec à petite moustache. Tout serait fini très vite.» E bien sûr, comme par hasard, il affirme ignorer être administrateur du groupe !
Et pour terminer, il y a les maires qui flirt avec eux
Stéphane Pépin-Bonnet, le maire de Bessan était présent voeux du RN
Cédric Raja, le maire de Bouzigues pourrait aller chercher un soutien au RN
Jordan Dartier, le maire de Vias, Condamnés lui aussi aurait besoin de soutiens ?
Jean-Luc Meissonnier, le maire de Baillargues qui a défoncé une barrière d’aire aux gens du voyage de Castries,
Laurent Jaoul, le maire de Saint Brès qui combat les ZFE et soutien Robert Ménard
Jean Pierre Rico, le maire de Pérols membre de l’UDI, soutien à Robert Ménard et se rapproche du RN.
Yves Michel maire de Marseillan, Condamné lui aussi, Il a salué la victoire du député RN. Récemment, dans un article du Singulier au titre assez clair « la love story discrète entre Yves Michel et le Rassemblement National ». Le journal en ligne explique les échanges entre eux traduisant une convergence d’intérêts à l’approche des élections municipales. Ce rapprochement s’est matérialisé par l’irruption progressive de Bernard Chaumeil (suppléant du député Lopez-Liguori), dans l’entourage direct du maire. Il est membre de l’association des Amis d’Yves Michel et devrait figurer en bonne position sur la prochaine liste municipale. Alors, si le maire est condamné à deux ans d’inéligibilité pour prise illégale d’intérêts, l’hypothèse d’un passage de relais, serait dès lors un scénario crédible
Le Collectif contre l’extrême droite Sète / Bassin de Thau édite une revue qui s’appelle » la vigie »
vous pouvez les contacter via l’adresse mail suivante : seteluttecontrelextremedroite@proton.me































Total Users : 1055181