Le 3 décembre 1919, voilà exactement 106 ans s’éteint à Cagnes-sur-Mer l’un des plus célèbres peintres français, Pierre Auguste Renoir .
Né en 1841, fils d’un tailleur de pierre et d’une couturière, Auguste Renoir est placé en apprentissage à l’âge de 14 ans dans un atelier de décoration de porcelaines, tout en suivant des cours du soir de dessin.
Reçu en 1862 à l’École des beaux-arts : il y rencontre Claude Monet, Alfred Sisley, Frédéric Bazille, qui lui font partager leur admiration pour Eugène Delacroix, Gustave Courbet, Camille Corot et plus encore pour Édouard Manet.
Bientôt arrivent les premières commandes de portraits, qui seront le support financier de toute sa carrière.
Tantôt admis, tantôt refusé au Salon, Renoir connaît un certain succès à l’occasion de celui de 1868 avec Lise à l’ombrelle . En compagnie de Monet, il se rend aux bains de la Grenouillère, sur la Seine, et s’adonne à l’étude des reflets d’eau qui le conduiront à l’impressionnisme. En 1870, il expose la Baigneuse au griffon et l’Odalisque – ce dernier tableau étant celui qui atteste le plus l’influence de Delacroix.
Après avoir été refusé aux Salons de 1872 et de 1873, année de son Allée cavalière au bois de Boulogne, dont les ombres sont jugées trop bleues, Renoir prend activement part à l’organisation de la première exposition impressionniste (1874), où il présente avec succès la Danseuse et la Loge.

Dès 1876, Renoir applique au portrait les principes des impressionnistes, tout en demeurant un maître des jeux de lumière. Cette année-là, il loue à Montmartre un atelier d’où sortiront des scènes d’intérieurs ou d’extérieurs, de cafés, de jardins, de bords de Seine, qui seront autant de chefs-d’œuvre, tels le Bal du Moulin de la Galette.
Avec le Déjeuner des canotiers, En 1881 point d’orgue de cette période, il rend hommage au peintre Gustave Caillebotte, le premier mécène des impressionnistes, ainsi qu’à celle qu’il épousera, Aline Charigot
Aline est le modèle préféré de son mari. Elle apparaît dans une quinzaine de tableaux, dont trois Maternité (1885-1886) – la deuxième étant à l’origine de la sculpture intitulée Mère et enfant (1916), où elle est représentée allaitant Pierre, leur fils.
En 1881 encore, Auguste Renoir séjourne en Algérie, d’où il rapporte des portraits de femmes et des paysages aux couleurs vives.
À la fin de cette même année, c’est en Italie qu’il part en voyage avec sa femme. Il passe par Milan et Venise, puis visite Florence, Rome, Naples et la Sicile. L’éblouissement que lui apporte Raphaël et son admiration pour les fresques de Pompéi se reflètent dans sa Baigneuse au bord de la mer.
Représenté par vingt-cinq toiles à la septième exposition impressionniste (1882), Renoir entre cependant dans une période de crise esthétique qui dénote une certaine sécheresse dont témoignent les Parapluies (1883). Une cassure dans son œuvre , une impasse, j’étais allé au bout de l’impressionnisme dira-t-il. Au cours de cette période il se décide à changer de manière. Il continue à privilégier la figure humaine (la Danse à la ville, 1883), tout en s’intéressant aux paysages et aux marines. Un dessin plus aigu, des touches plus lisses, une grande froideur caractérisent par exemple les Grandes Baigneuses (1887)

Dès l’automne de 1888, Renoir connaît une nouvelle phase de découragement, due aux premières atteintes d’arthrite. Il détruit de nombreux tableaux et opte pour une manière, dite « nacrée », où dominent les blancs et les roses en demi-teintes.
Toute une série de nus, intitulés Baigneuses, et de Jeunes Filles (au piano, lisant, se promenant) en est l’illustration. Puis ce sont les scènes que lui inspirent ses enfants et la jeune femme qui les garde, Gabrielle, qui prennent une place prépondérante.
Musique de françaix
Depuis plusieurs années, Renoir passe l’hiver dans le Midi. En 1903, il se fixe à Cagnes-sur-Mer, où il continue de peindre : scènes mythologiques, portraits ou natures mortes.
Alors même qu’il a le bras droit paralysé, il fait l’expérience de la sculpture en demandant à des aides de modeler la terre selon ses indications.
Il vécut les vingt dernières années sous la souffrance physique provoquée par les rhumatismes et la paralysie. Dans ses vieux jours, paralysé des doigts, le peintre ne cessera jamais de tenir le pinceau et trouvera son réconfort dans le travail en peignant la vie triomphante chaque jour, jusqu’au dernier.

Ce 3 décembre 1919, le peintre de la vie heureuse s’éteint à 78 ans en laissant une œuvre considérable, nécessairement inégale, ne serait-ce qu’en raison de son caractère prolifique: plus de 4 000 peintures !
De tous les maîtres de l’impressionnisme, Auguste Renoir a su exprimer le mieux le bonheur de l’instant. Usant d’une palette exquise, il a rendu un vrai culte à la sensualité dans ses portraits et dans ses nus féminins. Ce que j’aime disait-il c’est « la peau, une peau de jeune fille, rosée. Ce que j’aime surtout c’est la sérénité «
Ses oeuvres colorées et gaies ont porté au sommet le courant impressionniste. Son nom seul évoque le paradis et la joie d’exister. Il est celui qui représenta la figure humaine et le bonheur de vivre
Aucun de ses trois fils ne devient peintre. Tous les trois ont par contre en commun le cinéma. Pierre Renoir comme acteur, Claude Renoir comme producteur et enfin Jean Renoir devint le grand réalisateur que l’on sait.
Mais c’est une autre histoire !





























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