Le samedi 28 février 2026 a commencé ce qui pourrait être l’acte de guerre le plus dangereux de notre temps et dont on ne mesure pas encore les nombreuses conséquences. Arrêtons-nous un instant sur ce déclenchement, les causes et l’embrasement en cours.
Dès le premier jour, tout est réglé !
L’attaque israélo-américaine,« Epic Fury » (Fureur épique, une déclinaison de « La paix par la force ») a commencé alors que des négociations étaient en cours sur le développement nucléaire iranien. Il y avait des avancées importantes si on considère la notion de « diplomatie de paix », un accord était prêt à être conclu. Dès le début de l’attaque, ont été tués : le guide suprême de la République islamique d’Iran Ali Khamenei avec à la fois des membres de son premier cercle politique et plusieurs proches de sa famille, sa fille, sa petite-fille, son gendre et sa belle-fille. Donald Trump a aussitôt fanfaronné, présentant l’opération comme « la plus grande chance pour le peuple iranien de reprendre son pays ». La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, ainsi que la plupart des dirigeants européens ont exprimé leur soulagement. La porte‑parole du gouvernement français, Maud Bregeon, a déclaré aussitôt sur RTL que Paris ne pouvait « qu’être satisfait » de la mort de Khamenei, qualifié de « dictateur sanguinaire ».
Juste avant l’attaque sur l’Iran, le président Trump s’est montré en train de manger des hamburgers. Profitant de l’effet de surprise, le renseignement israélien et des outils I.A., développés essentiellement par Palantir, ont défini trois cibles potentielles pour localiser Ali Khamenei et les responsables iraniens. L’opération conjointe États‑Unis–Israël a bombardé les trois sites le samedi 28 février. Palantir est la société de Peter Thiel, qui a pris ce nom en référence à la « pierre de vision » dans le roman de Tolkien, « Le seigneur des anneaux », c’est dire qu’il assume totalement le but maléfique de sa compagnie.
La première attaque qui révèle l’ensemble
Ce 28 février 2026, une frappe d’un missile Tomahawk a touché l’école primaire Shajarah Tayyebeh à Minab, dans la province de Hormozgan. On compte entre 150 et 170 victimes, principalement des fillettes de moins de 12 ans qui se trouvaient en classe ce jour-là. Face au fiasco de l’opération, les premières réactions du président Trump ont été un tissu de mensonges contradictoires, en prétendant d’abord que l’Iran était à l’origine de ce tir :
« D’après ce que j’ai vu, je pense que c’est l’Iran qui a fait ça », a déclaré le président aux journalistes à bord d’Air Force One. Le secrétaire à la guerre, Pete Hegseth, à ses côtés, a ajouté : « Comme vous le savez, leurs munitions sont très imprécises. Elles sont totalement inefficaces. C’est l’Iran qui a fait ça. »
Donald Trump en a ensuite rajouté une couche, en affirmant que tout le monde pouvait avoir des Tomahawks, puis les preuves ont commencé à tomber, confirmant l’origine de la frappe. D’après le New York Times, qui a montré les photos, la frappe est due à une erreur de ciblage de l’armée américaine. « Des officiers du Commandement central américain ont établi les coordonnées de la cible à partir de données obsolètes fournies par la Defense Intelligence Agency ». [1]
D’autres observateurs américains affirment que cette « erreur » est due aux mesures prises par Pete Hegseth pour simplifier les procédures de bombardement en raccourcissant les circuits d’autorisation, en desserrant les garde‑fous internes et en privilégiant des munitions lourdes disponibles en masse, ce qui facilite une campagne de bombardements quasi continue et moins de contrôle. Quoi qu’il en soit l’aspect « humanitaire » et « libérateur » de l’attaque contre l’Iran a été érodé par ce massacre survenu dès les premiers jours.
Cette première attaque n’est pas anodine, elle est symptomatique de la réalité de la guerre et de ses véritables intentions de destruction totale, sans se préoccuper de l’aspect humain.
« Couper la tête du serpent »
Tout le monde sait que posséder l’arme nucléaire est la meilleure garantie de survie pour un État dans le monde tel qui est. Si on peut douter de l’histoire de la « fatwa » qui aurait été lancée par l’ayatollah Ali Khamenei et qui interdirait la production, le stockage et l’usage d’armes nucléaires, les agences américaines n’ont cependant jamais prouvé qu’il existait des armes nucléaires opérationnelles iraniennes. L’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique) comme les services états-uniens disent n’avoir aucune preuve d’un programme militaire organisé visant une arme prête à l’emploi, tout en soulignant qu’ils ne peuvent garantir que le programme est « exclusivement pacifique ».
Lors de « la guerre des douze jours » de juin 2025, les buts de guerre étaient la mise hors service des sites nucléaires et, après les bombardements sur les sites de Fordo, de Natanz et de Ispahan ( opération « Midnight Hammer ») avec le spectaculaire envoi des bombardiers furtifs B‑2 Spirit, Donald Trump était sorti de la séquence se vantant d’avoir sifflé la fin de l’histoire.
Quelques mois plus tard, c’est la libération d’un peuple opprimé par ses tyrans qui est mise en avant. Le but affiché est un « changement de régime ».
Au premier jour de l’attaque, ce 28 février 2026, le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben‑Gvir, s’est félicité de l’assassinat d’Ali Khamenei en déclarant qu’Israël a « coupé la tête du serpent », reprenant la fameuse formule du roi Abdallah d’Arabie saoudite à l’encontre de l’Iran (révélation Wikileaks de 2010). Avec cette formule grossière, on s’embarrasse à peine de bonnes intentions.
« Notre objectif est d’amener le peuple iranien à se libérer du joug de la tyrannie, mais en fin de compte, cela dépend de lui », a déclaré Netanyahu, répétant la propagande récurrente dans ce genre de guerre mais avec une nuance : on balance les bombes, aux iraniens de s’occuper de la démocratie.
Pour le secrétaire à la guerre américain, Pete Hegseth, l’objectif de l’attaque en Iran est de déchaîner « la mort et la destruction du ciel, jour et nuit ». Voilà qui est plus franc.
Le discours de cette association de malfaiteurs, qui se fout totalement du droit international, des conventions de la guerre, et du bien-être des peuples opprimés, se résume au fait que bombarder l’Iran pour le ramener au XIXe siècle serait censé libérer les iraniens qui n’attendaient que ça.
Plus personne de sensé ne gobe ce genre propagande. Pas même la population américaine qui, dès le premier jour, était déjà majoritairement opposée à cette guerre, d’après les sondages autour de 60%. Même les trumpistes sont très divisés sur cette guerre alors que plus de 80% de la population israélienne la soutient (plus précisément, 93% des Juifs israéliens, 26% des Arabes israéliens). Dans le mouvement MAGA, des voix s’élèvent de plus en plus pour critiquer l’influence d’Israël dans la politique de Trump, et ça n’est pas nouveau. [2]
Mais, il semble que la fabrique du consentement n’est plus nécessaire pour justifier une guerre, il suffit d’avoir la force, de raconter n’importe quoi, d’adapter les déclarations au jour le jour, et de passer à la prochaine attaque en changeant de discours plusieurs fois dans la même journée s’il faut. [3]
Le récit est simpliste. La propagande se résume à la bande-annonce de cette guerre, produite par la maison blanche, dans les codes du blockbuster hollywoodien (blockbuster, c’est le nom d’une grosse bombe qui détruit tout), ou du lancement d’un nouveau jeu vidéo :
Quant à la promesse de remplacer « la tête du serpent », le discours est vite devenu obsolète.
Dans un tweet, Jonathan Karl, journaliste à ABC, a écrit : « Le président Trump m’a dit ce soir que les États-Unis avaient identifié des candidats possibles pour prendre le contrôle de l’Iran, mais qu’ils avaient été tués dans l’attaque initiale. « L’attaque a été si réussie qu’elle a éliminé la plupart des candidats », m’a dit Trump. « Ce ne sera personne à qui nous pensions parce qu’ils sont tous morts. Le deuxième et le troisième choix sont morts. » » [4]
Derrière le monde virtuel et les propos délirants de Donald Trump, il y a des réalités dont la complexité dépasse la fiction dont ils s’intoxiquent probablement eux-mêmes et qui échappe au flux de l’information continu et des commentaires qui restent au niveau de la fascination pour des armes de haute technologie et d’une « intelligence » très artificielle.
L’ayatollah Ali Khamenei n’était pas seulement le dictateur-chef de l’État iranien, il était un symbole religieux pour les chiites du monde entier pour qui il est fort probable que son assassinat par des bombes américano-israéliennes pendant le ramadan, alors qu’il organisait la résistance, fait de lui un grand martyr pour beaucoup de gens dans le monde. Avait-il rêvé d’une mort si honorifique ? Son fils a donc pris la place. Et s’il tombe, un autre prendra sa place. Fin de la stratégie de décapitation annoncée.
Comment Donald Trump a-t’il été convaincu d’entrer dans le bourbier ?
Selon l’historien et journaliste d’investigation américain Gareth Porter, Mike Pompeo (directeur de la CIA au début de la présidence Trump, de 2017 à 2018, puis secrétaire d’État des États‑Unis de 2018 à 2021) et le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, ont eu recours à une série de provocations pour forcer la main de Donald Trump, qui refusait s’engager dans une surenchère tant qu’il n’y avait pas de pertes américaines. Car il est clair que sans l’appui militaire des États-Unis, Israël est un « tigre de papier ».
Durant l’automne 2019, Netanyahu a ordonné une série de frappes israéliennes contre des alliés iraniens en Irak et contre des unités du Hezbollah libanais, en espérant que l’Iran réagirait assez violemment pour déclencher une réaction susceptible d’entrainer des pertes américaines et lancer une guerre ouverte avec l’Iran avec le soutien des États-Unis. [5]
Des spécialistes en géopolitique, comme John Mearsheimer, répétaient depuis des mois que cette guerre serait une impasse et le répètent encore : « Les États-Unis et Israël n’ont aucune stratégie pour gagner ce conflit ni aucune perspective de sortie », s’appuyant notamment sur le rapport du National Intelligence Council (NIC), qui est l’organe de synthèse analytique stratégique de la communauté du renseignement américaine. En début d’année, le NIC a produit une évaluation classifiée concluant qu’« une campagne militaire, même de grande ampleur, aurait peu de chances de provoquer un changement de régime à Téhéran même si les bombardements sont massifs. » [6]
Avant l’opération en cours, le général Dan « Razin » Caine, plus haut gradé censé « conseiller » le président Trump, avait averti en coulisses que toute grande opération contre l’Iran se heurterait à la pénurie de munitions et au manque de soutien des alliés, soulignant les risques de pertes américaines et l’ampleur de la campagne nécessaire si l’objectif était de renverser ou d’« écraser » le régime. [7]
Pourtant, Donald Trump a fini par être convaincu qu’il devait engager les États-Unis dans cette guerre. Probablement un jour, sera documenté ce qui a vraiment décidé Donald Trump à suivre le criminel de guerre Benjamin Netanyahou dans cette aventure, contre l’avis des agences de renseignement américains, contre la majorité de l’opinion américaine, contre une partie de son propre camp politique, et contre la réalité même. On comprendra sûrement comment le premier ministre israélien est arrivé à être aussi convaincant.
Le précédent Vénézuélien, avec l’enlèvement du président Maduro en janvier et son remplacement, a-t-il pu donner des ailes à Trump, qui s’est vu si puissant qu’il pouvait décider partout du casting et qu’il avait désormais assez de ressources pétrolières et de stock pour prendre le risque du blocage du détroit d’Ormuz ?
Mais ses déclarations répétées depuis le 28 février donnent peut-être des pistes quant aux arguments qui ont pu vraiment motiver le président Trump à prendre cette décision absurde :
« Je l’ai eu avant qu’il ne m’ait » s’est réjouit Donald Trump devant la presse, après la mort de l’ayatollah Ali Khamenei, le 28 février 2026.
Propos confirmés de la bouche de Pete Hegseth, le secrétaire à la guerre, qui a déclaré que le chef de l’unité secrète iranienne qui avait planifié l’assassinat du président Trump avait été « traqué et tué » avant d’ajouter fièrement : « L’Iran a tenté d’assassiner le président Trump, et c’est le président Trump qui a eu le dernier mot ». Nous voilà donc dans un western.
D’après le New York Times, ce sont les services de renseignement israéliens qui ont recueilli les informations selon lesquelles l’Iran complotait pour assassiner Trump et les ont transmises aux États-Unis. [8]
Déjà, le 15 juin 2025, sur Fox News, Netanyahu affirmait que l’Iran avait tenté d’assassiner Trump à deux reprises » [9]
Mais personne n’a encore fourni la preuve de l’implication de l’Iran dans les tentatives d’assassinat contre Trump, à Butler, en Pennsylvanie, le 13 juillet 2024 par Thomas Crooks ni de lien avec l’arrestation de Ryan Routh, caché avec un fusil dans les buissons du golf de Trump à Mar-a-Lago deux mois plus tard.
Bien que les prétextes pour convaincre Donald Trump sont nombreux pour qui sait construire un récit et peser sur les décisions aussi folles soient-elles, le rôle qu’a joué Benjamin Netanyahu dans la décision est évidemment un enjeu crucial pour mesurer le réel degré d’indépendance du président des États-Unis dans l’engagement d’une guerre d’une telle ampleur. D’autant que, comme le fait remarquer le journaliste indépendant britannique Jonathan Cook, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a créé du remous en déclarant le 2 mars à Fox News : « Le président a pris une décision très sage : nous savions qu’il y aurait une action israélienne, nous savions que cela précipiterait une attaque contre les forces américaines, et nous savions que si nous ne les attaquions pas préventivement avant qu’ils ne lancent ces attaques, nous subirions des pertes plus importantes. ». Le journaliste souligne que « Rubio a été contraint de revenir sur ses propos le lendemain. De son côté, Trump s’est empressé de suggérer que c’était lui qui avait forcé Israël à attaquer l’Iran, et non l’inverse. » [10]
Le débat n’a pas fini de faire des vagues aux États-Unis dans les semaines qui viennent.
L’embrasement en cours
Le 2 mars 2026, le Hezbollah tire des roquettes vers les sites militaires et de défense antimissile au nord d’Israël. Des avions israéliens bombardent Beyrouth vers 3 heures du matin et frappent aussi le Sud-Liban et la Bekaa. Il n’a pas fallu attendre bien longtemps pour qu’Israël recommence à pilonner Beyrouth, fort de la mollesse des protestations françaises, notamment.
Benjamin Netanyahou s’était pourtant vanté, à plusieurs reprises, de mettre fin au Hezbollah, notamment en septembre 2024, après l’assassinat d’Hassan Nasrallah, le secrétaire général du Hezbollah et les opérations des talkies-walkies piégés et des frappes massives sur plus de 300 cibles au Sud-Liban et dans la Bekaa qui ont fait plus de 500 morts.
Jeudi 12 mars, une frappe de drone de l’armée israélienne a touché la Faculté des sciences de l’Université libanaise, tuant un directeur et un professeur. Comme à Gaza, comme partout, on détruit, les écoles, les universités, les hôpitaux… Les règles internationales ont volé en éclat depuis bien longtemps et les crimes de guerre s’enchaînent impunément.
La France est, peu à peu, entrainée dans cette guerre et aura forcément des pertes. Déjà un premier soldat mort et plusieurs blessés, le vendredi 13 mars, dans le Kurdistan irakien. Toute réplique entraine une escalade. On va vite savoir si la ligne défensive peut être tenue sans se lancer à corps perdu dans l’escalade de cette guerre.
Des milliers de morts, des destructions qu’il faudra des décennies à reconstruire, de l’Iran jusqu’au cœur du Liban avec pour premières victimes des civils, femmes et enfants censés être libérés par les bombes. Mais il est inutile à ce stade de donner des chiffres, ça ne cesse d’augmenter d’heure en heure et on ne sait pas grand chose. Pas plus que les données sur les dégâts occasionnés par les tirs et la riposte. Les bases américaines sont très endommagées par les missiles iraniens au Qatar, au Koweït, à Bahreïn, aux Émirats. Les pays du Golfe sont en panique. Le brouillard de la guerre est loin de se dissiper pour laisser un peu de visibilité à la vérité.
Ce que l’ont sait, c’est qu’entre 20 et 25 % du pétrole brut et du gaz naturel mondial passe par le détroit d’Ormuz, qui est le véritable point de pression dont dispose l’Iran pour répliquer. Mais pas seulement, au-delà des bases américaines partout dans la région, il y a les points d’appui des alliés européens qui mettent à dispositions leurs bases : l’Allemagne, le Royaume-Uni, la Grèce, la France. L’Espagne a refusé son soutien logistique à cette guerre. Le président Macron a ordonné l’envoi du porte-avion Charles-de-Gaulle, plein d’avions-Rafales, d’hélicoptères, huit frégates, deux porte‑hélicoptères amphibies… Nous voilà engagés concrètement dans cette zone la plus explosive du monde et on peut désormais s’attendre à des ripostes, comme on en a connu dans le passé, notamment à travers des attentats sur notre territoire. Quant à la crise économique mondiale, elle est en cours.
« Je ne peux pas dire que nous avions anticipé précisément leur réaction, mais nous savions que c’était une possibilité », a déclaré Pete Hegseth, le secrétaire américain à la guerre, qui n’en rate décidément pas une.
Désormais les cibles de ripostes de l’Iran sont très nombreuses, et elles ne sont pas seulement militaires et pétrolières, il y a des points d’eau cruciaux pour la région (barrages, usines de dessalement), et de nombreuses autres cibles encore. La guerre low cost a de l’avenir. Tout le monde commence à s’accorder que les conséquences entrainent le monde dans une escalade et une crise dont personne ne maîtrise la fin. Mais qui se souviendra des causes de cette guerre dans quelques mois ?
Où est la sortie ?
Tuer le chef d’État et toute sa famille en pleine négociation marque la fin de toute diplomatie avec l’Iran. Tant que Trump et Netanyahou seront aux manettes, il n’y aura plus de négociation possible. Avec eux, la diplomatie et le droit international sont enterrés sous les décombres à Gaza, au Liban, en Iran…
Plus la guerre dure, plus les États-Unis sont poussés à envoyer des soldats sur place, et à voir des cercueils revenir au pays. Et ce n’est pas la chose la plus facile pour un président qui a déjà créé la polémique, dès le 7 mars, en gardant sa casquette vissée sur la tête pour le salut aux premiers soldats américains tués, au point où Fox News a remplacé les images par des plus anciennes pour tenter de sauver le président de la honte (peine perdue). [11]
Tout le monde a conscience qu’envoyer des troupes au sol dans un pays aussi vaste que l’Iran ne semble pas plus simple qu’en Irak ou en Afghanistan et Donald Trump a été élu en grande partie parce qu’il avait affirmé qu’il n’y aurait plus de guerres. Il est probable qu’il cherche désormais une porte de sortie. [12]
Et le « narratif » trumpien étant plus proche désormais du jeu vidéo que de la real politique, il se pourrait que la meilleure porte de sortie pour Trump soit une opération très héroïque et sensationnelle pour sortir de cette impasse le poing levé en criant « Fight ! Fight ! Fight ! »
D’après le New York Times, les États-Unis et Israël envisagent de déployer un commando de soldats au sol pour s’emparer d’un trésor très délicat à manipuler : 440 kilos d’uranium enrichi à 60 % qui gisent toujours en Iran. [13]
« Peut-être qu’à un moment donné, nous le ferons. Ce serait une excellente chose », a lancé Donald Trump, dimanche 8 mars, à bord d’Air Force One.
Cela ferait effectivement un très bon scénario pour un jeu vidéo. Mais dans la vraie vie, on ne meurt qu’une fois et ce qui est détruit est détruit.
Y a-t-il une opposition quelque part chez nous ?
En Europe, dès les premiers jours de l’opération « Epic Fury », seule l’Espagne de Pedro Sánchez a condamné la guerre comme illégale et refusé l’usage de bases américaines pour les opérations contre l’Iran.
Mais en dehors de ce cas, comme on l’a compris avec Gaza, il n’y a aucune réelle opposition des principaux « alliés » soumis au bon vouloir d’un des plus grands criminels de guerre de notre temps, Benjamin Netanyahou, et de son meilleur partenaire, Donald Trump.
Quelques vagues appels timides au respect du droit international ont été timidement prononcés, mais sans mesure de désobéissance, et on est très loin de parler de possibles sanctions.
Comme toujours, sans la moindre dignité, le président Macron a fait du « en même temps » [14]
C’est cette absence de résistance, constante depuis des années, qui a conduit à cette situation dramatique. Et nous allons en payer les conséquences nous aussi, et pas seulement « à la pompe ».
Quand on dit qu’il faut s’intéresser aux affaires du monde, à la géopolitique et aux conséquences des discours de nos élus en France, en voilà encore une fois la terrible démonstration.
On a beau entrer dans nos bulles virtuelles, s’aménager son jardin et sa cave, vivre dans le confort intellectuel des débats à la mode du moment, il y a un monde réel autour de nous, auquel on ne peut échapper. Nous avons le devoir d’agir, à tous les niveaux, y compris le tout petit pouvoir que nous confère encore ce qu’il nous reste un peu du droit de manifester, de s’exprimer sans se laisser intimider, de se mettre en grève, de boycotter, d’appeler aux sanctions contre Israël qui viole sans cesse le droit international et qui s’ingère dans la politique française, de voter pour des candidats qui s’opposent clairement à ces réalités… s’organiser pour tout mettre en œuvre afin de résister à la logique de guerre, à l’économie de guerre, qui conduit à la guerre réelle, qui n’entraine que le chaos, la misère et le désespoir, tout faire ce qui est de notre capacité collective d’éloigner du pouvoir les complices de ce désastre qui peut entrainer l’humanité à sa perte.
Olivier Azam, 14 mars 2026.































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