C’est peu dire que la sécheresse qui a frappé les Pyrénées-Orientales entre 2022 et la fin 2025 a choqué et causé un changement de mentalités. « Imaginez : il passe en général 330 millions de mètres cubes dans la Têt au barrage de Vinça, chaque année. Pendant la sécheresse, il n’en est passé que 70 millions, alors que l’agriculture a besoin de 150 millions de mètres cubes », explique Magali Trilla, cheffe du service Barrage au conseil départemental des Pyrénées-Orientales, qui gère trois des quatre retenues que compte le département.
C’est pour anticiper de nouvelles périodes intensément sèches et leurs conséquences que le département a financé, avec le soutien de l’État, la mise en place d’une nouvelle vanne sur la sortie du barrage qui alimente le canal de Corbère. Une conduite largement surdimensionnée, qui peut convoyer jusqu’à 15 m cubes seconde quand le canal n’en prélève que 1,4.
Construite et mise en place par l’entreprise INEO, cette nouvelle vanne, installée cet hiver pour près d’un million d’euros, va déjà permettre de faciliter l’entretien des installations en séparant les flux, ce qui n’était pas possible précédemment.
Transfert et électricité
Mais surtout, elle prépare l’avenir et deux projets en cours menées par le département. Le premier, dans les tuyaux depuis de longues années, est la construction d’un aqueduc pour transférer plus efficacement de l’eau du lac de Vinça vers celui de Villeneuve-de-la-Raho. Transfert qui existe déjà aujourd’hui par le biais du canal de Perpignan. Les études techniques sont en cours, l’heure est à l’évaluation économique du bien-fondé de l’idée avant, peut-être en 2027, le lancement d’un débat public comme celui qui se tient en ce moment sur la ligne ferroviaire à grande vitesse.
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L’autre projet à l’étude depuis plusieurs années aussi, c’est d’utiliser une partie de l’eau pour produire de l’électricité. Deux installations avaient été envisagées. La microcentrale sur le canal de Corbère a été disqualifiée, faute de rentabilité économique liée aux incertitudes de débit en cas de période sèche. C’est donc l’autre installation, plus importante, qui tient la corde.
En tout cas, ce printemps, de l’autre côté des 60 m de béton qui obstruent la vallée, il ne manque que quelques dizaines de centimètres pour que le lac réservoir soit plein, alors que la chaleur fait fondre la neige des Pyrénées à vitesse grand V.
Michel Llebre lecteur des PO article paru dans l’Indépendant





































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