La première mandature de C. Barthès à Carcassonne débute comme celle de R. Ménard à Béziers. Il n’y a rien de surprenant c’est déjà un copié/collé.
Carcassonne et Béziers ont des destins croisés. Au moyen-âge déjà les deux villes avaient été prises d’assaut par l’armée catholique de la croisade.
Plus près de nous dans le temps, les deux clubs de rugby se disputent la dernière place du même championnat de Pro D 2.
Mais malheureusement, il n’y a pas qu’en rugby que Carcassonne et Béziers risquent d’être rétrogradées.
Au vu des 15 premiers jours de mandat du maire de Carcassonne, on peut pronostiquer que les deux villes vont s’accompagner dans une descente aux enfers politique.
Dans l’Aude et dans l’Hérault, C. Barthès et R. Ménard sont les Laurel et Hardy de l’extrême droite languedocienne. On les imagine reprendre à leur compte la célèbre présentation cinématographique : « C’est toi Laurel, c’est moi Hardy, c’est toi le gros, c’est moi le petit. »
Loin d’Hollywood, leurs gags à eux, c’est jouer aux enfonceurs de portes ouvertes par le contexte politique.
Avec une certaine dextérité liée à l’ancienneté, le maire de Béziers fait des pirouettes médiatiques depuis deux mandatures et un mois.
S’il n’y prend garde, il devrait rapidement être concurrencé sur les plateaux télé par le maire de Carcassonne.
R. Ménard avait fait un départ canon en 2014, C. Barthès fait le même en 2026.
Sa déclaration initiale lors de son installation dans le fauteuil de maire il y a 15 jours à peine, sonne comme une dédicace à son alter ego biterrois : « Faire parler sans cesse est une bonne chose, en bien ou en mal, l’essentiel, c’est qu’on parle de toi ».
Ce programme politique narcissique nous le subissons depuis 12 ans à Béziers.
Par chance, il suscite très vite des réactions du côté carcassonnais, là où de notre côté nous avions mis un semestre à réagir.
Si C. Barthès fait le show à la R. Ménard, il suscite en écho les premières ripostes :
- La LDH vient de contester la signature d’un arrêté anti-mendicité dans le centre-ville et dans la Cité. Elle l’a contesté en justice en déposant un recours en annulation, assorti d’un référé-suspension,
- Le commentaire de la LDH est on ne peut plus clair : « Cet arrêté, sous couvert de supposés troubles à l’ordre public, non étayés par des éléments concrets, vise en réalité à chasser les personnes en situation de précarité d’une partie significative du centre-ville de Carcassonne entre 11 h et 23 h, ce qui relève des seules compétences du préfet »,
- En représailles le dernier conseil municipal du 9 avril a décidé de supprimer la subvention et le prêt épisodique d’un bureau à la LDH.
De son côté, dans une tirade digne d’un R. Ménard, C. Barthès répond : « Nous avons besoin d’évacuer le centre-ville et la Cité de tous les punks à chiens ».
Côté drapeau, rendez-vous est pris pour le 9 mai, seul jour obligatoire (jour de l’Europe) pour afficher le drapeau européen sur le fronton de la mairie.
En effet, dans la législation seules les écoles doivent arborer les drapeaux français et européens.
Côté citoyen, des lycéens voulaient manifester contre l’extrême droite le 31 mars. Ils avaient créé un groupe privé WhatsApp pour organiser une manifestation.
Après avoir infiltré ce groupe privé, C. Barthès a récupéré tous les pseudos de chaque membre pour les menacer.
Confronté à une levée de boucliers organisée par parents d’élèves et syndicalistes, le maire de Carcassonne a ni plus ni moins déclaré : « Ils ont menacé de me faire sauter avec une bombe ».
Questionnée à ce sujet, une des lycéennes fondatrices du groupe WhatsApp a précisé : « Monsieur Barthès a déclaré avoir vu des messages haineux qui pointaient des menaces à son encontre, avec des émojis dynamite notamment. Sauf que ces émojis dynamite étaient postés contre nous, après l’ajout du maire dans le groupe ».
Là aussi en 15 jours à peine, les lycéens on fait l’expérience de ce qu’est un maire d’extrême droite et de ses arrangements avec la réalité.
Après sa victoire aux municipales, C. Barthès vient : d’être battu à la présidence de l’agglomération, d’augmenter ses émoluments et ceux de ses adjoints, de déclarer la guerre : « aux médias qui salissent la ville »
Ces expériences collectives disent une chose, lutter contre un maire d’extrême droite c’est comme courir un marathon. Il faut tenir dans la durée.
Pour cela il est nécessaire de créer des structures pérennes qui permettent la riposte.
Riposte indispensable puisque C. Barthès vient d’annoncer qu’il : « ouvrira une permanence chaque mercredi après-midi pour recevoir les habitants et leurs plaintes, sans rendez-vous, comme un docteur ».
On sait dans son cas que le docteur est pire que le mal.
D’autant plus qu’il a clairement annoncé son programme : « le mandat, c’est remettre de l’ordre partout ».

































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