Bonsoir à toutes et à tous. Je m’appelle Mamadou. Je viens de la République Démocratique du Congo.
Si je suis ici aujourd’hui, ce n’est pas seulement pour parler d’un projet de béton ou de barbelés. Je suis ici pour vous dire ce que ça veut dire, vraiment, d’être un être humain en exil.
J’ai quitté mon pays avec des peurs et des blessures, mais surtout avec un espoir immense : celui de vivre en sécurité, de travailler, d’aimer, et d’avoir enfin une place quelque part.
Quand on arrive en France, on souffle. On pense qu’on est enfin arrivé. Mais en réalité, on entre dans une autre attente, parfois plus douloureuse : attendre des papiers, attendre une réponse, attendre d’être reconnu comme quelqu’un qui a le droit d’exister.
Aujourd’hui, on nous parle de construire un CRA ici, à Béziers. Un centre de rétention, ce n’est pas juste un bâtiment administratif. C’est une cage. C’est un endroit où l’on enferme des gens qui n’ont commis aucun crime, à part celui de chercher à ne pas mourir. Savoir qu’on veut construire cela ici, dans cette ville où je vis, ça me blesse.
Pourquoi vouloir nous enfermer alors que nous ne demandons qu’à participer, à construire, à vivre avec vous ?
Moi, je ne suis pas un dossier. Je ne suis pas un « sans-papier » anonyme. Je suis une histoire. Je suis une voix. Je suis un cœur qui bat exactement au même rythme que le vôtre.
Ce soir, je ne vous demande pas de me plaindre. Je vous demande de regarder la vérité en face : on ne règle pas la détresse humaine avec des verrous.
Derrière chaque mot comme « migrant » ou « étranger », il y a un visage, une famille, un rêve de liberté. Merci d’être là pour défendre une humanité qui ne met pas les gens derrière des murs, mais qui leur ouvre des portes.
Ni à Béziers, ni ailleurs !
Merci.
































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