Dans ce tumulte politique suite à la mort annoncée de ce gouvernement, toutes les hypothèses sont à l’étude et nourrissent les propos de tous les astrologues constitutionnels qui prédisent la suite des évènements avec le succès légendaire que l’on connaît.
Évidemment la confiance refusée à François Bayrou et la démission de son gouvernement sont actées. Mais ensuite que va faire Macron?
Les scénarios les plus probables :
– Macron renomme un nouveau 1er ministre
De quel camp ? Le Parti socialiste désormais (à jamais ?) fâché avec LFI se voit bien revenir aux affaires et occuper Matignon. On reparle de Cazeneuve ! Avec quel programme et quelles forces politiques ? Un genre de pacte de non-censure avec la droite et LFI ? Un remake du rêve macronien du centre gauche au centre droit en excluant ce qu’il appelle les extrêmes dans une opération « Il faut sauver le soldat Macron ? De Faure à Retailleau comme entendu aux journées d’été du PS à Blois ?
– Macron dissout à nouveau l’Assemblée Nationale.
Le résultat n’est garanti pour personne. La gauche s’unira-t-elle dans un Nouveau Front Populaire avec son programme toujours d’actualité? Mal barrée cette union, avec les derniers propos de Boris Vallaud pour qui cette hypothèse est inenvisageable. Quel score pour les grandes forces politiques actuelles ? Retrouvera-t-on les mêmes trois grands blocs parlementaires ? Quid du barrage républicain contre le RN ? Et du coup, la situation sera-t-elle éclaircie ?
Les scénarios moins probables :
– Démission d’Emmanuel Macron
Il peut le faire à n’importe quel moment avec ou après les hypothèses vues précédemment. Cela entrainerait de facto une nouvelle campagne présidentielle suivie ou précédée d’ailleurs par une élection législative.
– Destitution d’Emmanuel Macron
C’est ce que demande la France Insoumise. Mais c’est un long parcours parlementaire qui a peu de chance d’aboutir et surtout extrêmement procédural.
L’impact du 10 septembre
– Je reste dubitatif sur la simultanéité des dates. Ce n’est pas un hasard si cette session extraordinaire de l’Assemblée Nationale a été programmée 2 jours avant la journée du 10 septembre. Je crois qu’ils ont la trouille. En organisant une sorte de vacance de pouvoir avec un gouvernement démissionnaire qui ne peut pas prendre de décision importante, ils espèrent couper l’herbe sous les pieds de ce mouvement qui s’annonce massif et imprévisible.
– En réalité, ce processus marque le début de la fin de l’ère Macron en le poussant à se retrouver seul face à la colère populaire dont il est en grande partie responsable.
La surprise du chef : l’article 16
– Macron a, à sa disposition, une autre solution, c’est de décréter l’état d’urgence en déclenchant l’article 16 de la Constitution et se doter de pouvoirs exceptionnels.
– Cet article 16 précise les conditions de fond posées pour son application :
- d’une part, une menace grave et immédiate des institutions de la République, de l’indépendance de la Nation, de l’intégrité de son territoire ou de l’exécution de ses engagements internationaux,
- et, d’autre part, l’interruption du fonctionnement régulier des pouvoirs publics constitutionnels.
Un article qui lui va comme un gant puisque il peut considérer que le mouvement du 10, si ça se gâte pour lui, présente « une menace grave et immédiate des institutions de la République » et constater « l’interruption du fonctionnement régulier des pouvoirs publics constitutionnels ». Et puis, ne sommes-nous en préparation de la guerre contre les Russes et donc devant une menace grave et de l’indépendance de la Nation, de l’intégrité de son territoire ou de l’exécution de ses engagements internationaux,
Et le tour est joué ! Il reste le maître du temps et du jeu politique national et même international (son préféré). Un scénario qui a tout pour le séduire. Il décide (pour un temps) tout seul grâce aux pouvoirs exceptionnels que lui sont attribués par la Constitution et n’a pas de compte à rendre au Parlement. Cela lui permet de durer en attendant les échéances électorales de 2026 et la fin de son quinquennat. Mais l’application de cet article ne saurait être maintenue indéfiniment : elle doit être une réponse temporaire à des situations de crise. Pas grave, juste le temps de faire adopter le budget 2026 et d’autres mesures antisociales en gestation et de mater la révolte sociale commencée le 10 septembre.
Ma solution ? L’article 10092025 !
