Retour sur Sète

par | 15 juin 2025 | Politique locale

À Sète aussi on se mobilise pour que l’extrême droite ne prenne pas la municipalité aux prochaines élections municipales. Deux membres de la rédaction d’EVAB étaient invités et vous livrent leurs impressions.

Le collectif « la Vigie » est un regroupement de citoyens sétois qui luttent contre l’extrême droite localement et nationalement. Samedi 7 juin 2025 ils organisaient une conférence intitulée « La gestion des villes par l’extrême droite ».

Leur intention initiale était de balayer tous les aspects de la gestion d’une ville par l’extrême droite pour ne plus dire « on ne savait pas », ou « on n’a jamais essayé ».

cette analyse s’est faite néanmoins dans un contexte où les villes d’extrême droite ne constituent plus une expérience isolée, ont même dépassé leur rôle de fer de lance pour s’ancrer dans un environnement politique dominé par l’idéologie d’extrême droite. Ce qui n’enlève rien à la nécessité de lutter localement.

Pour cela ils avaient invité des citoyens engagés impliqués dans des structures associatives, syndicales et politiques contre l’extrême droite dans des villes de l’ex-région Languedoc-Roussillon à Perpignan, Beaucaire, Béziers, représentatives de la montée de l’extrême droite dans l’arc méditerranéen.

De manière très méthodique, plusieurs thèmes avaient été choisis pour balayer tout ce qui fait lien dans une municipalité (services publics, vie associative, discriminations, sécurité, démocratie, religion, racisme . . .).

Ces thèmes ont été abordés par tous les intervenants pour chacune des villes précitées et nourris par un public militant et engagé.

La formule choisie avait pour intention de balayer l’ensemble des problématiques et de raconter « de l’intérieur » comment s’organisait le contrôle social et politique de la population.

Les participants constatèrent ainsi que les trois villes remettent en cause la date de l’indépendance de l’Algérie et nourrissent la nostalgie de « l’Algérie française ». Qu’elles adoptent les mêmes méthodes pour faire rentrer la crèche de Noël à l’intérieur des hôtels de ville.

Pour ce qui est de l’identité les efforts pour inscrire la ville dans une identité rabougrie sont identiques. On note quelques variantes liées à la géographie avec une volonté de se raccrocher à l’identité provençale à Beaucaire, une volonté de se démarquer de la « catalanité » à Perpignan et l’affirmation d’un soi-disant esprit rebelle cathare à Béziers.

Le lien le plus évident était la mise en place d’un politique ségrégationniste dans les trois villes. Certains dans la salle ont parlé de politique « d’apartheid » qui consistait à sanctuariser des quartiers en les interdisant de fait à certaines populations.

Dans ce cas, la police municipale jouait à chaque fois le rôle de « cerbère municipal ».

L’autre donnée générale observée est la gentrification plus ou moins avancée des centres-villes avec une volonté évidente d’en chasser les précaires et les racisés.

De ce point de vue l’expérience biterroise est la plus avancée avec une sorte de « combo » gentrification, expulsions, rénovation urbaine. La ville de Perpignan semble se singulariser par une destruction du bâti ancien, pendant que Beaucaire expulse sans remplacer.

Dans toutes les villes la police municipale joue le rôle de bras armé des politiques municipales. Au prix de drame humain comme à Béziers (meurtre de Mohamed Gabsi), d’une politique de contrôle au faciès systématique, ou au prix d’interpellations musclées comme à Perpignan et Beaucaire.

Dans ces trois villes la sécurité proposée est à destination des blancs, pas à destination des racisés.

Dans les trois villes les services publics relayent la politique municipale. La formule est plus ou moins installée et généralisée mais l’ensemble des villes sont concernées. La palme de l’extrême droite revient à Béziers avec un service public carrément au service des idées du maire (refus de mariage pour une personne sans papier).

Pour ce qui est de la vie associative, elle a disparu dans Beaucaire, se retrouve très marginalisée à Perpignan, dépendante de la municipalité à Béziers.

Du point de vue de la démocratie, les trois villes ont connu des attaques en règle. Elles visaient soit des militants via des procès à répétition comme à Perpignan. Soit l’organisation même de la vie démocratique comme à Béziers et Beaucaire (conseil municipal, prêt de salle, interdiction de l’espace public).

Au niveau de la religion les trois villes favorisent la chrétienté et attaquent l’islam. Au niveau biterrois on note une collusion entre les représentants du judaïsme en place et la municipalité.

Finalement, les 120 / 150 personnes présentes ont mis en évidence que l’extrême droite cultivait un modèle politique global qui déclinait à l’échelon municipal ses thèmes de prédilection.

Le frontisme municipal du temps de Mégret à Vitrolles, fait d’initiatives erratiques et d’amateurisme, paraissait bien loin.

Le RN et ses affidés développent à l’inverse une réelle volonté de structurer la vie municipale à partir de problématiques nationales, que ce soit dans les villes ou de la même manière dans le monde rural.

De la même manière la volonté de contrôler l’espace public et les habitants est évidente on peut dire que c’est une constante dans les trois villes. Elle est à mettre en lien avec la volonté de contrôler nationalement l’espace médiatique, universitaire, éditorial et culturel.

Ce constat faisait dire à une des participantes « et encore ce n’est que l’échelon municipal, qu’est-ce que ça va être s’ils gagnent au niveau national ». 

Ce qui a posé la question de la nécessité de l’unité à gauche, largement débattue dans la salle.

L’expérience sétoise est à renouveler partout, pour qu’il ne soit plus formulé les : « on ne savait pas », « on n’a jamais essayé ».

C’est bien parce qu’ils ont été essayés à Beaucaire, Perpignan et Béziers, qu’il faut stopper l’expérience.

Partager sur

En Bref

< Retour à l'accueil

L'agenda Culturel

L'agenda Militant

Lettre d'informations En Vie à Béziers

Pour recevoir notre lettre hebdomadaire

[sibwp_form id=1]

La Revue de presse

Dessins et photos d'actualités

Le mot du maire de Béziers

En vie à Béziers Adhésion et/ou dons !

Le coin des lecteurs

Journée Anti CRA le 31 janvier

Journée Anti CRA le 31 janvierChèr.es ami.es de Cuisine d'ailleurs, c'est avec enthousiasme et détermination que nous vous invitons à participer à la riche journée organisée par le Collectif Anti CRA de Béziers le Samedi 31 Janvier prochain. Au...

Listes vert de gris

Cinq listes apolitiques aux municipales du 15 mars, dans cinq villages de feu le Midi rouge sont d'ores et déjà annoncées à :   Capestang, Saint Chinian, Puisserguier, Maureilhan et La Salvetat. Comme disait Sartre juché sur un bidon d'huile Antar à l'entrée...

Ordre et désordre d’une fiction inutile

Les débats qui ont lieu habituellement ici sur la lettre-info des mutins, se passent ces jours-ci dans les salles de cinéma autour de la sortie de Howard Zinn, une histoire populaire américaine 2... et nous n’avons même pas le temps de vous raconter tellement...

Réunion publique LFI Béziers avec M. Bompard le 6 février 2026

Réunion publique avec le député LFI Manuel Bompard et le duo de tête de liste Wissal El Jarrari et David Ocard pour les prochaines élections municipales le Vendredi 6 février 2026 à 18 h 30 à Béziers Auditorium du palais des congrès 29 avenue Saint Saëns LFI...

15 et 22 mars : quelles évolutions de la tripartition ?

La radicalisation des droites françaises se poursuit. Elles forment à marche forcée un bloc néo-réactionnaire avec ou sans le Rassemblement national. À la gauche rassemblée de sortir ce dernier du podium en mettant au centre de la confrontation électorale le logement,...

Au bout du fil de la presse libre

Appel international au renforcement de l'action antifasciste et anti-impérialiste (Blast)

À l’initiative du CADTM international, plus de 230 personnalités issues d’une cinquantaine de pays de tous les continents ont souscrit à un appel international en faveur du renforcement de l’action antifasciste et anti-impérialiste. Cet appel alerte sur la progression mondiale de l’extrême droite, des forces néofascistes et des agressions impérialistes.

Il est urgent de partager les analyses, de renforcer les liens et de décider des actions concrètes. Ces objectifs ont inspiré l’initiative d’organiser une Conférence internationale antifasciste et antiimpérialiste à Porto Alegre, au Brésil, du 26 au 29 mars 2026.

 

 

 

L’association a bénéficié en 2018 et 2019 du fonds de soutien aux médias d’information sociale de proximité / Ministère de la culture

Nombre de visites

Nombre de visites

1056304
Total Users : 1056304

jeudi 29 janvier 2026, 20:06

La Rédaction