La police anti-immigration américaine (ICE) fait penser aux SA de l’Allemagne de 1933. Je vous propose de revenir sur quelques ressemblances glaçantes.
Créé en 2003 à la suite des attentats du 11 septembre, l’US Immigration and Customs Enforcement (ICE) devait initialement appliquer les lois sur l’immigration et le travail.
Depuis la seconde mandature de Trump en janvier 2025 le champ de ses missions a été élargi et ses effectifs doublés. Le nombre de ses agents (20 000) et de ses bureaux (400) indique la place prise par cette milice légale.
Pour cette année 2025, le bilan de l’ICE est déjà conséquent, les arrestations arbitraires ont explosé, 69 000 personnes ont été incarcérées, 30 sont mortes en détention plusieurs autres ont été tuées ou blessées lors d’interventions systématiquement musclées.
L’application cruelle et autoritaire de lois sur l’immigration indique qu’au minimum les USA ont basculé dans un régime illibéral. Certains pensent même qu’on peut dresser des parallèles avec l’Allemagne de 1933 lors de l’arrivée d’Hitler au pouvoir.
Je vous propose dans cet article de nous attarder sur des points de comparaison entre l’Allemagne de 1933 et les USA de 2026.
Côté USA, les actions de ICE sont la résultante d’une stratégie politique bâtie sur la peur et le danger des immigrés. Les agents de cette police sont masqués et n’ont pas de comptes à rendre à aucune instance de contrôle. Il n’y a pas d’IGPN dans cette administration, à l’inverse les agents bénéficient de l’impunité.
ICE est complètement intégré dans un dispositif de militarisation des villes américaines alors que légalement l’exercice de troupes fédérales est encadré.
ICE est devenu en un an une sorte de contre-pouvoir à la disposition de Trump. Elle ne répond pas à un magistrat et vise des personnes sans motif juridique, sur la base d’une suspicion de séjour illégal aux USA. Des personnes sont visées sur des critères comme la couleur de peau ou l’accent.
Lors du récent meurtre à bout portant d’une citoyenne à Minneapolis, le vice-président américain, J.D Vance, a assuré que l’agent incriminé disposait « d’une immunité absolue dans le cadre de son travail ».
Le site de l’ICE indique bénéficier actuellement de 8 milliards de dollars par an. Il prévoit l’attribution de 170 milliards de dollars sur les 4 ans à venir.
Sur les 68 440 personnes détenues à la mi-décembre 2025, près de 75 % n’avaient pas de casier judiciaire.
Côté Allemagne, le 7 avril 1933 (quelques semaines après l’accession d’Hitler au pouvoir) est signée une loi « pour la restauration de la fonction publique professionnelle ». Le constat des nazis est dans le titre même de la loi. Les administrations ont été perverties par le marxisme et par la gauche.
Le texte de loi s’applique aux 2 millions de fonctionnaires du Reich. Ceux qui n’offrent pas la garantie de leur engagement total pour l’État national sont renvoyés.
Dans les faits, 20 % du corps professoral des facultés est renvoyé. Tous les enseignants juifs le sont aussi.
À la suite de cette loi, plusieurs ordres professionnels adoptent des mesures d’exclusion « raciale » le nombre des interdits d’exercer augmente considérablement.
Ces normes nouvelles encouragent les SA (section d’assaut) à commettre des violences et des crimes.
La prétendue remise en ordre du Reich commence par le fédéralisme de l’État et ses administrations ; elle est ensuite méthodiquement appliquée à tous les domaines de la vie publique.
Un expulsé juif qui a survécu à l’holocauste raconte son expérience : « nous étions confrontés à un état d’impuissance totale et sans issue, combiné avec les séquelles du choc causé par une attaque-surprise. Les nazis nous tenaient à leur merci. Toutes les forteresses étaient tombées, toute résistance collective était devenue impossible. La résistance individuelle n’était plus qu’une forme de suicide. Nous étions traqués jusque dans les recoins de notre vie privée, la déroute régnait sur notre existence, une débandade dont on ne savait pas où elle finirait. »
À la lecture de ce témoignage d’une des premières victimes des lois raciales nazies, qui peut affirmer qu’un migrant arrêté par ICE dans l’Amérique de Trump d’aujourd’hui ne pourrait pas dire la même chose ?
ICE c’est effectivement glaçant.




































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