Une autre histoire – 15 avril 1912, naufrage du Titanic

par | 14 avril 2024 | Culture

Le 15 avril 1912voilà exactement 112 ans, Le Titanic sombre au cours de son premier voyage. C’est la catastrophe maritime la plus médiatique de tous les temps. Ce naufrage met fin  à la traversée inaugurale qui devait relier Southampton à New York.

Le paquebot de luxe britannique réputé insubmersible heurte un iceberg sur tribord avant.  Nous sommes le 14 avril 1912, il est 23h40.  Le Titanic coule à 2 h 20 en moins de trois heures.

Le Titanic, lancé à Belfast le 31 mai 1911, est le plus grand et le plus luxueux paquebot à vapeur de l’époque. Ses flancs ressemblent à de puissants remparts d’acier. Le géant des mers mesure 269 m de long et 28m de large. Ses trois moteurs d’une puissance de 50000 CV entraînent ce navire de 46238 tonnes à environ 28 nœuds. Pourvu de huit ponts en acier et de 15 cloisons étanches, capables selon les experts de résister à n’importe quel choc, le Titanic se présente comme le fleuron de la White Star Line. Il peut accueillir 1178 personnes dans ses 14 canots de sauvetage mais ce jour-là ils sont 2224 à bord, passagers et membres d’équipage confondus. Peu importe, chacun pense que le Titanic est insubmersible. Il incarne le triomphe de la technique sur les éléments naturels !

Le 10 avril 1912 à midi, lors de son départ de Southampton pour New York, la High Society se bouscule sur le pont supérieur : pas moins de 57 millionnaires sont du voyage. La première traversée est l’évènement mondain de la saison. Sous la ligne de flottaison, les moins nantis voyagent tout autrement, dans des conditions rudimentaires. Pourtant riches et pauvres pensent de la même façon que ce navire de rêve les conduira sans encombres en Amérique..

Le 12 avril Le Titanic reçoit un message lui signalant un brouillard dense, une couche de glace épaisse et des icebergs sur plusieurs points de l’Atlantique Nord.

Malgré cet avertissement le capitaine John Edward Smith ne réduit pas la vitesse. Il mène donc le navire à plus de 22 nœuds suivant la route habituelle.

Officier expérimenté, il  veut remporter le ruban bleu, ce fameux trophée qui récompense le paquebot le plus rapide sur l’Atlantique Nord

Ce 14 avril au soir, un dimanche, tout est normal. Il fait un froid glacial et la mer est d’huile. Le veilleur Frederik Fleet installé dans le nid de pie scrute l’horizon à la recherche d’icebergs.  A 23h40, du haut de son poste d’observation alors que le Titanic avance à pleine allure, il voit surgir un obstacle dans la nuit : c’est un iceberg droit devant et le signale à la passerelle.  Il fait retentir trois fois sa sirène d’alarme et annonce iceberg droit devant ! L’officier de quart essaie de virer le navire vers bâbord et fait stopper les machines.

37 secondes plus tard, le bateau  vire mais il est déjà trop tard, il heurte l’iceberg par tribord et le choc fait sauter les rivets ouvrant ainsi une voie d’eau dans la coque sous la ligne de flottaison sur une longueur de près de 90 m. Les portes étanches sont alors immédiatement fermées afin d’éviter une voie d’eau plus importante.

Mais l’eau commence à envahir les 5 premiers compartiments étanches du bateau. Or le Titanic ne peut flotter qu’avec au maximum quatre de ses compartiments remplis d’eau. Il n’est plus possible de sauver le Titanic !

Ce qui suit est entré dans la légende : actes d’héroïsme et de lâcheté !

Minuit 25, l’ordre est donné de faire monter les femmes et les enfants en premier dans les canots de sauvetage.

1h moins le quart, le premier canot est affalé avec 28 passagers contre 65 possibles et le signal CQD de détresse est envoyé en SOS.

A intervalles réguliers et jusqu’à 1h40 des fusées de détresse sont lancées.

2h05 le canot pliable est le dernier mis à la mer avec succès avec 24 personnes à son bord contre 47 possibles.

2h18, les lumières du Titanic clignotent une dernière fois puis s’éteignent. 2 minutes plus tard le paquebot se brise en deux  et s’enfonce inexorablement dans l’eau glacé de l’océan.

Aux alentours de 3 heures 30 les passagers des canots aperçoivent les feux du Carpathia qui arrive sur le lieu du drame et sauvera 711 personnes.

A 5h30, un autre navire le Californian arrive lui aussi sur place. Le dernier canot est récupéré à 8h30.

1500 personnes environ ont disparu avec le Titanic dans les eaux glacés de l’Atlantique.

Les rescapés vont témoigner de l’inconscience des passagers qui, incrédules et trop confiants dans la fiabilité du paquebot, se sont attardés dans les salons et les chambres et ont laissé partir les premières chaloupes à moitié pleines.

Ils vont témoigner aussi de l’injustice faite aux malheureux passagers de la troisième classe, empêchés de gagner à temps les chaloupes. Il semble en effet que l’on aurait fermé des grilles pour les empêcher de gagner les ponts de la première classe.

A la suite de cette catastrophe, les règles de sécurité pour les paquebots vont changer : le nombre de canot de sauvetage, par exemple, n’est plus fonction du tonnage du bâtiment mais du nombre de personnes embarquées.

Mais la catastrophe porte un coup à la foi des Européens en un progrès indéfini de la société : on ne va plus parler de la technique dans les mêmes termes qu’auparavant et la Grande Guerre, deux ans plus tard, va porter un coup fatal à la suffisance orgueilleuse des élites de la Belle Époque.

Sans doute est-ce en raison de cette dimension symbolique que le naufrage a tant marqué les esprits et continue d’exciter les imaginations.

L’épave a été localisée et explorée le 1er septembre 1985 par une équipe franco-américaine. Elle repose par 4000m de fond. De multiples  expéditions permettront de remonter des nombreux objets à la surface et de nouvelles hypothèses seront avancées pour expliquer le naufrage.

Les scientifiques estiment que les nombreuses expéditions sur l’épave ont accéléré sa dégradation et estiment qu’elle aura disparu vers 2050. Deux plaques sont déposées, l’une sur la proue demandant à ce que le navire soit laissé en paix, l’autre sur la poupe en hommage aux victimes.

En 1997, le réalisateur de cinéma James Cameron a puisé dans le drame matière à un chef-d’œuvre sentimental et à l’un des plus grands succès commerciaux de l’histoire du cinéma, avec Leonardo Di Caprio dans le rôle principal.

Le naufrage du Titanic est l’une des plus grandes catastrophes maritimes   en temps de paix et la plus meurtrière pour l’époque. Mais si grand qu’il soit, le bilan de la catastrophe n’est pas exceptionnel et le monde a connu depuis lors des naufrages plus meurtriers.

On pense au Lancastria, victime de la guerre, au large de Saint-Nazaire, le 17 juin 1940 (environ 5200 victimes) ou encore au Wilhelm Gustloff le 30 janvier 1945, torpillé dans la mer Baltique par un sous-marin soviétique (7 à 9000 victimes).

mais c’est une autre histoire !

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