Une autre histoire – 17 juillet 1936 :  les militaires espagnols se soulèvent contre la République

par | 13 juillet 2025 | Histoire

Le 17 juillet 1936, voilà exactement 87 ans, la garnison de Melilla basée au Maroc espagnol  se soulève contre le gouvernement républicain, sous le commandement du général Franco. C’est le début d’une guerre civile de trois ans qui va faire 500.000 morts et un prélude aux horreurs de la Seconde Guerre mondiale.

La jeune république espagnole est à cette époque victime d’une flambée de violences qui se soldent par plusieurs centaines de morts. Ces violences sont le résultat de l’instabilité politique depuis l’avènement de la IIème République en avril 1931. Elles culminent avec la victoire électorale du Front Populaire le 16 février 1936 et débouchent sur l’assassinat du député monarchiste José Calvo Sotelo, le 13 juillet de la même année. C’est dans ce climat que se produisit le soulèvement. Il se préparait depuis le mois de mars dans les milieux militaires et surtout depuis la victoire électorale du Front Populaire. La disparition de Calvo Sotelo souda la coalition des opposants et précipita le déclenchement du coup d’État.

Le soulèvement militaire, survient le 17 juillet 1936 dans la garnison de Melilla, au Maroc espagnol, conformément à un plan préparé de longue date.

L’inspirateur principal en est le général Emilio Mola, ancien chef de la police devenu gouverneur militaire de Pampelune en Navarre, région de petits paysans carlistes et catholiques, farouchement hostiles à la République. Il est associé au général Sanjurjo, en exil à Lisbonne, ainsi qu’au général Francisco Franco, gouverneur militaire des Canaries.

Dès le lendemain, le général Franco quitte son poste et se rend en secret à Melilla. Il débarque deux jours plus tard en Andalousie avec ses troupes. Il s’agit essentiellement de musulmans marocains et de soldats de la Légion étrangère.

Dans le même temps se soulèvent les garnisons de la plupart des grandes villes espagnoles. Mais une bonne partie de l’armée, la moitié environ, reste fidèle au gouvernement.

En définitive, en trois jours, les rebelles «nationalistes» s’emparent de la Galice et de la Vieille-Castille, près de la frontière avec le Portugal, ainsi que d’une partie de la Navarre, du Léon et des Asturies.

En Navarre et Aragon, les insurgés bénéficient du soutien de milices carlistes, los « requetès ». Ce sont des paysans-soldats bien entraînés, catholiques fervents et monarchistes enthousiastes.

Les nationalistes s’implantent aussi en Andalousie, à Cordoue, Grenade et Cadix, toujours avec l’aide de bataillons maures et d’unités de la Légion. Mais à Barcelone, ils sont repoussés par les milices ouvrières. Ils échouent aussi à Valence et dans le Levant méditerranéen.

 Le soulèvement est d’abord un échec  car les nationalistes escomptaient une reddition rapide du gouvernement. Les grandes villes leur échappent (Madrid, Barcelone, Valence). Et ils ne se maintiennent principalement que dans le Sud. Encore est-ce avec le concours de troupes marocaines.

Le général Mola projette de s’emparer de Madrid en faisant converger sur la capitale quatre colonnes de troupes et en combinant leur action avec le soulèvement de civils madrilènes favorables au Mouvement. C’est ce qu’il appelle la «cinquième colonne» (l’expression fera florès).

Mais la manœuvre échoue devant la mobilisation impromptue des habitants. La capitale reste aux mains des troupes légalistes. 

Au terme des «trois jours de juillet» (18, 19 et 20 juillet), l’Espagne apparaît divisée en deux zones où vont s’instaurer des régimes opposés, avec un léger avantage au gouvernement, qui garde le contrôle des principales zones industrielles, de la capitale ainsi que de 14 millions d’habitants contre 10 aux insurgés.

L’armée elle-même est divisée. La plus grande partie des officiers d’état-major sont restés fidèles à la République. Toutefois, les officiers intermédiaires, issus de la moyenne bourgeoisie, ont, eux, rejoint massivement le camp nationaliste et ils vont cruellement manquer à l’armée républicaine.

A première vue, le coup d’État a échoué. Il faut donc s’attendre à une longue guerre.

Le général Franco prend la tête du Mouvement après la mort accidentelle, le 21 juillet, du général Sanjurjo, qui avait été pressenti pour ce rôle.

La guerre civile va dès lors se prolonger pendant deux ans et demi, opposant des armées de plus de 800.000 hommes chacune, avec un soutien actif de l’étranger. En s’internationalisant, elle va devenir un enjeu majeur de la lutte que se livrent dans toute l’Europe les démocrates et les mouvements totalitaires.

Ainsi l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste apporte un soutien sans faille au général Franco. Il n’en va pas de même de l’Angleterre et de la France du Front Populaire, côté républicain, qui fondèrent même un comité de non-intervention. Seule l’URSS fournit du matériel et fut à l’initiative des brigades internationales.

La guerre civile espagnole se soldera par la victoire de Franco le 1er avril 1939 et débouchera sur l’établissement de la dictature franquiste qui dura jusqu’en 1975. Elle reste encore aujourd’hui  une blessure béante et non cicatrisée pour les familles des milliers de réfugiés installés en France.

Mais c’est une autre histoire !

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