Une autre histoire – 26 novembre 1966, inauguration de l’usine marémotrice de la Rance

par | 23 novembre 2025 | Histoire

Le 26 novembre 1966, voilà exactement 47 ans, Charles de Gaulle, président de la République inaugure l’usine marémotrice de la Rance.

Située à l’estuaire de la Rance, en Ille-et-Vilaine, cette centrale électrique tire son énergie de la force de la marée.

L’Homme utilise la formidable énergie des marées depuis bien plus longtemps que cela : dès le Moyen-Âge, cette source d’énergie a été exploitée grâce à des moulins à marée, qui permettaient, à l’instar des moulins à vent et des moulins à aube, de moudre le blé.

Toutefois, ce n’est qu’avec cette centrale, construite dans l’optique gaullienne de promouvoir la grandeur de la France – ici via des réalisations technologiques et l’aspiration à l’indépendance énergétique -, que l’énergie marémotrice a été utilisée de façon industrielle.

L’idée de construire une usine marémotrice sur la Rance remonte à 1921. Un premier chantier dans le Finistère sera abandonné en 1930 faute de financement.

Dans le monde, les sites susceptibles de recevoir une usine marémotrice sont rares, car ils doivent satisfaire plusieurs critères : la construction d’une digue de fermeture doit être naturellement possible et la marée doit y être de très forte amplitude. Ils doivent également posséder un réseau interconnecté à proximité du site, pour pallier l’intermittence de la production, inhérente à toute usine marémotrice.

L’estuaire de la Rance permet la communication de la rivière avec la Manche. Il est long de plus de 20 km, ce qui fait de lui un réservoir potentiel d’une capacité volumique considérable : 184 millions de  m3.

De plus, l’amplitude des marées y est exceptionnelle :

Les premières études visant à la conception d’une nouvelle usine marémotrice sur l’estuaire de la Rance remontent à 1943 et les premiers travaux commencent en 1961

Les deux premières années, les travaux visent à créer une zone sèche où l’usine pourra être construite. La construction de l’usine, proprement dite, débute deux ans plus tard, lorsque la Rance est entièrement coupée par des barrages formés de deux rangées de batardeaux.

Le barrage s’étend sur 750 mètres, il est situé au Sud de Dinard et Saint-Malo. Il crée un bassin de retenue d’une superficie de 22 km2.

Le barrage de l’usine elle-même mesure quant à lui 332 mètres et l’électricité est produite par 24 groupes bulbes c’est à dire des turbines entraînant un alternateur.  Les pales des turbines sont orientables afin qu’elles puissent fonctionner aussi bien à marée montante qu’à marée descendante. Ces turbines utilisent alternativement la force des marées et celle du courant du fleuve en pouvant produire de l’électricité dans les deux sens du débit d’eau.

La salle de commande contient un système informatique qui assure le pilotage automatique de l’usine. Il intègre les paramètres propres à chaque marée afin d’optimiser la production d’énergie.

La production de l’usine marémotrice de la Rance correspond à la consommation de la ville de Rennes. Elle contribue ainsi à réduire l’important déficit énergétique de cette région

Mais la construction du barrage a profondément modifié les équilibres écologiques de la baie au point que l’on peut parler de « crise environnementale ».

Le barrage est responsable de l’envasement progressif de la Rance. Les accumulations de vase pouvant atteindre 3 m ont transformé les plages de sable blanc en vasières13au point que cette envasement menace la navigabilité de La Rance mais aussi la survie de certaines espèces de poissons . En fait la faune s’est totalement transformée puisque les espèces plus petites et plus rapides constituent la majeure partie de la faune, leur vivacité permet de passer à travers les hélices du barrage, chose impossible pour les espèces « nobles » plus lentes.

Construite avant la crise pétrolière et le lancement du programme nucléaire de 1974, l’usine marémotrice de la Rance avec le four solaire de Font-Romeu ont constitué deux tentatives de production d’électricité renouvelable bien avant qu’on parle d’éolien ou de photovoltaïque et de crise énergétique.

Depuis cette époque, d’autres solutions sont au point pour produire de l’énergie électrique renouvelable (éolien, photovoltaïque, bio-masse, etc)  et  s’agissant de la mer, l’hydrolienne qui utilise les courants marins plutôt que les marées .

V Utiliser les énergies renouvelables pour produire autrement notre électricité est une chose, cependant nous ne pourrons pas éviter de modifier nos comportements pour consommer avec plus de sobriété…

… mais c’est une autre histoire

Écouter la version audio avec illustration musicale

Partager sur

En Bref

< Retour à l'accueil

L'agenda Culturel

L'agenda Militant

Lettre d'informations En Vie à Béziers

Pour recevoir notre lettre hebdomadaire

La Revue de presse

Dessins et photos d'actualités

Le mot du maire de Béziers

En vie à Béziers Adhésion et/ou dons !

Le coin des lecteurs

Congé climatique : l’exemple espagnol qui inspire la France

La proposition de Marine Tondelier de créer un congé climatique a relancé le débat en France. En Espagne, cette mesure est déjà bien implantée depuis 2024, non sans résistance de la part du patronat. À l’occasion de la fête du travail, Marine Tondelier, cheffe de file...

Le Bolloré qui cache la forêt

Dans cette période, à un an de la présidentielle, plus que jamais, nous devons nous serrer les coudes et faire avancer les idées qui éviteront un grand désastre (de plus) en France avec la victoire électorale de l’extrême droite et de l’extrême centre (toute cette...

Au bout du fil de la presse libre

L’association a bénéficié en 2018 et 2019 du fonds de soutien aux médias d’information sociale de proximité / Ministère de la culture

Nombre de visites

Nombre de visites

1102170
Total Users : 1102170

dimanche 24 mai 2026, 17:52

Robert Martin