Pendant le XXe siècle la France a connu trois Républiques, perdu la plus grande partie de son empire colonial au moment où certains colonisés venaient à peine d’être français. C’est tout sauf un long fleuve tranquille.
(5). Colonisation et décolonisation
En un siècle, la France aura connu quatre régimes politiques : la suite et la fin de la IIIe République, l’État français Pétainiste, la IVe République et enfin la Ve République.
Elle traversa deux guerres mondiales, connu l’occupation de son territoire par les nazis, subi un putsch militaire en 1958 (ratifié ensuite par le suffrage universel), une autre tentative de putsch en 1961.
Sa politique coloniale glorifiée par la droite extrême et l’extrême droite, se termina en décolonisations plus ou moins sanglantes.
Les « « bienfaits » de la colonisation ont été célébrés à l’occasion de l’Exposition coloniale de 1931.
La « grande France » était glorifiée sur les 110 hectares du bois de Vincennes.
Des artistes et des militants politiques dénoncèrent le principe même de l’Exposition qui proposait au public des « zoos humains », qui avait installé un « village Kanak » au Jardin d’acclimatation du bois de Boulogne.
La colonisation n’importait pas que des matières premières dans la métropole. Elle importait aussi de la main-d’œuvre pour ses besoins économiques.
Pendant la Première Guerre mondiale, 800 000 soldats et travailleurs étaient venus renforcer le dispositif militaire.
Pendant la Seconde Guerre mondiale 50 000 personnes furent transportées depuis les colonies indochinoises et répartis de force dans les usines d’armements. 20 000 autres furent à nouveau convoyés de force par bateau pour développer la riziculture en Camargue.
Ils étaient logés dans des camps sommaires, avec un salaire réduit au dixième de celui des ouvriers français. Un millier d’entre eux mourut.
En 1946, la IVe République entendait créer une « Union française », sur le modèle du Commonwealth britannique. L’ensemble représentait 12,5 millions de km2 et 120 millions d’habitants.
Les protectorats du Maroc et de la Tunisie avaient dès le début refusé d’adhérer. Ils obtiennent leur indépendance en 1956.
Ailleurs dans les « colonies », la répression des soulèvements malgache et camerounais se fait au prix de plusieurs dizaines de milliers de morts.
Au Vietnam, l’indépendance réclamée est refusée. Le contingent militaire français capitule en mai 1954. C’est la première victoire d’un peuple colonisé contre un colonisateur. Elle se sera faîte au prix d’un demi-million de morts vietnamiens, principalement civils.
Entre 1955 et 1957 les trois États indochinois redeviennent indépendants, les possessions françaises en Inde sont reprises lors de l’indépendance de ce pays.
En Algérie on comptait un million de Français pour huit millions d’Algériens. Ces derniers étaient français de nationalité mais non citoyens, et donc privés des droits afférents. Ils ne le deviendront qu’en 1958, quatre ans après le début de la guerre d’indépendance.
L’indépendance Algérienne est acquise en 1962. Elle aura couté la vie à 400 000 Algériens (soit 5% de la population), 30 000 soldats français et supplétifs algériens.
Il ne subsiste de nos jours que des confettis de l’ex-empire coloniale français : 5 départements d’outre-mer et 4 territoires d’outre-mer. Tous les habitants de souche ou immigrés, y sont français.
La droite extrême et l’extrême droite revendiquaient dans les années 1950 une « Algérie française ». Les mêmes remettent en cause aujourd’hui l’appartenance à la nation de nombreux Français issus de l’immigration algérienne.
Revendiquer une chose et son contraire restera devant l’histoire une de leurs contradictions majeure.
Cet article est une recension du livre de Jean-Paul Demoule « La France éternelle, une enquête archéologique » paru aux éditions la fabrique, édité en septembre 2025, vendu au prix de 17 euros. Je vous en recommande l’achat et la lecture intégrale.































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