Au moment où l’extrême droite française cite en exemple les méthodes de l’administration Trump aux USA, il flotte comme un air de déjà vu, lu et entendu.
Tout l’échiquier de l’extrême droite française vient de se positionner face aux agissements de la police secrète de Trump « ICE ». Sans surprise c’est un alignement.
Zemmour va le plus loin en disant qu’il incarne en France le mouvement MAGA.
Marion Maréchal Le Pen partage la lutte contre l’immigration, l’insécurité, le narcotrafic et le wokisme avec le président des USA.
Ciotti trouve que la politique ce n’est pas que des paroles, c’est aussi de l’efficacité.
Bardella loue le patriotisme de Trump.
Du côté de la société civile, Arno Klarsfeld (fils du couple Klarsfeld qui lutta contre l’impunité des anciens nazis) souhaite la mise en place de « grandes rafles » en France.
Ce déferlement de haine et de folie n’est pas sans rappeler un positionnement similaire dans les années 1930.
André Siegfried professeur à Sciences Po vilipende la malheureuse influence orientale sur l’Europe que les juifs ont exercée. Pour lui : « l’Allemagne fut l’objet d’une invasion juive », qui explique aisément « l’antisémitisme de Hitler ». Ce Siegfried-là fait office de premier politologue français dans les années 1920. Il règne sur Sciences Po Paris qui produit les plus hauts fonctionnaires du pays.
Édouard Herriot (président du conseil), alors conseiller général du Rhône suggère en 1937 de réduire les crédits alloués aux « asiles psychiatriques ». Il le fait au nom de la bonne gestion face à des individus déclarés : « de toute manière incurables et inutiles ». Au même moment, de l’autre côté du Rhin, s’applique un début de « solution finale » qui élimine physiquement les handicapés.
Jean Giraudoux autre républicain « humaniste et lettré » disserte dans un essai de 1939 sur les « pleins pouvoirs » qu’il s’accorderait fictivement pour soigner le corps malade de la France. Parlant des Ashkénazes qui s’échappent des ghettos polonais ou roumains il écrit : « Nous les trouvons grouillant sur chacun de nos arts ou de nos industries nouvelles ou anciennes, dans une génération spontanée qui rappelle celle des puces sur un chien à peine né ». Giraudoux évoque aussi « l’Arabe qui pullule à Grenelle et à Pantin ». Il regrette que « notre État favorise l’irruption en France de races primitives ou imperméables, dont les civilisations, par leur médiocrité ou leur caractère exclusif, ne peuvent donner que des amalgames lamentables ».
L’univers mental de ce qui était alors perçu comme une élite républicaine n’est pas éloigné des vociférations nazies d’outre-Rhin.
Ces glissements vers la droite et l’extrême droite sont très actuels. Ils ont « in fine » conduit à la collaboration avec le fascisme.
Dans le même moment, la question de la paix était omniprésente. Ils étaient nombreux ceux qui au centre, à droite et à l’extrême droite disaient « Hitler, c’est la paix, les Juifs et Moscou c’est la guerre ».
Au moment où Trump veut doubler l’ONU en tentant de vassaliser le monde, les mêmes questions se posent, invariablement.
À ceux qui hésitent encore à caractériser l’époque actuelle de préfasciste, il faut citer ces pages de « Je suis partout », un hebdomadaire qualifié de politique et littéraire par l’éditeur Arthème Fayard en 1930.
Un des « camarades » de Brasillach, Bardèche, Drieu, Rebatet et Roy, Gaxotte y écrivait : « Il y a en France 3,5 millions d’étrangers, dont la plupart sont venus comme réfugiés antifascistes. Nous avons vu ces messieurs très belliqueux défiler en montrant le poing et en criant des injures contre Hitler. Une occasion véritablement exceptionnelle va peut-être se présenter à eux de combattre ce fascisme abhorré par les moyens les plus directs. Nous comptons, bien entendu, que ces messieurs en “ski, en — vitch, en — o, en — of et en — ez” vont en profiter. Le premier soldat tué en 1914 a été le caporal Peugeot. Nous comptons que le premier soldat tué au front de 1938 sera un Rabinovitch ou un Rosenfeld ».
Au-delà de l’injure faite à la mémoire de tous ceux qui ont combattu le fascisme dès son origine — et qui pour certains l’ont payé au prix de leur vie — on ne peut qu’être sidéré par la prose du dénommé Gaxotte.
Dans son texte, Hitler est plus fiable que les antifascistes.
Près d’un siècle plus tard, je crains que la problématique soit identique, la droite et la droite extrême dérivent vers l’extrême droite.
Il faut envoyer un message à tous ceux et celles qui en France veulent faire du Trump.
Le message est simple, net et précis : « Non merci, on a déjà donné, on ne veut pas prendre un ticket pour le totalitarisme et la troisième guerre mondiale qui va avec ».































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