Interpellation mortelle, requalification contestée : la famille refuse l’effacement judiciaire
Béziers, 8 avril 2020 : en plein premier confinement, sous couvre-feu municipal, Mohamed Gabsi, 33 ans, père de trois enfants, est interpelé par la police municipale pour non-respect des règles sanitaires. Moins d’une heure plus tard, il meurt. Plaqué au sol, menotté, maintenu en décubitus ventral, puis transporté allongé sur le ventre dans un véhicule, avec un policier assis sur lui, Mohamed Gabsi arrive au commissariat déjà décédé.
Plusieurs vidéos de témoins attestent qu’il était inconscient avant même le départ du véhicule, en contradiction directe avec la version policière. Aucune caméra-piéton n’a été déclenchée.
L’autopsie du 10 avril 2020 conclut à une mort par asphyxie, compatible avec les techniques de maintien utilisées (pression cervicale, atteinte du nerf vague, syndrome asphyxique).
Une information judiciaire est ouverte pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner et non-assistance à personne en danger.
Le 18 décembre 2020, trois policiers municipaux sont mis en examen. En 2021, ils sont autorisés à retravailler au sein de la collectivité, hors fonctions policières.
En juillet 2025, les faits sont requalifiés en homicide involontaire, renvoyant l’affaire devant le tribunal correctionnel pour un seul policier.
La famille de Mohamed Gabsi, soutenue par son avocat, a immédiatement fait appel de cette décision.
Cette requalification constitue, pour les proches, une dégradation grave de la reconnaissance judiciaire de la violence subie, alors même que de nombreuses zones d’ombre demeurent : absence de bodycam, absence de secours, durée anormale du trajet, maintien ventral prolongé, contradictions entre témoins et déclarations policières.
L’appel sera jugée Jeudi 12 Février à la cour d’Appel de Montpellier.
Dans un contexte local et national où l’insécurité est instrumentalisée à des fins électorales, la famille rappelle une évidence fondamentale :
Aucune politique sécuritaire ne justifie la mort d’un homme.
La famille appelle à la vigilance citoyenne, médiatique et judiciaire afin que la vérité soit pleinement établie et que la justice soit rendue à Mohamed Gabsi.
Nous demandons que les trois policiers, et non pas un seul, soient jugés. Nous considérons que les faits relèvent de la Cour d’Assise et non pas du tribunal correctionnel.
Nous appelons toutes les personnes solidaires à venir manifester devant la Cour d’Appel de Montpellier (1 rue Foch)
jeudi 12 Février à partir de 9H
Contact : 07 52 18 43 65- 07 82 96 72 60 – justicemohamedgabsi@gmail.com

































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