Le budget 2026 a beaucoup fait parler de lui mais surtout sur les conditions de son approbation enfin plutôt de son adoption aux forceps grâce au 49.3. On respire ! On a un budget mais lequel ?
On a assisté à un long feuilleton depuis l’été 2025 sur les avances, les reculs, les propositions, les contre propositions, les menaces des uns et des autres, de chaque côté de l’hémicycle sur la survie de ce gouvernement faisant du vote du budget la seule priorité politique du moment.
Des allers/retours vers le Sénat, des Commissions Paritaires mixtes qui ne décident de rien, des mesures nouvelles qui arrivent et puis s’en vont, des vieilles propositions qui reviennent et puis qui disparaissent, des discussions qui semblent sans fin et dont on se doute qu’elles ne concernent pas que le budget mais des problématiques politiciennes beaucoup plus importantes pour l’avenir de certains des protagonistes.
Finalement, la France a un budget, considéré comme mauvais par tous les partis politiques. Certains disent le moins mauvais possible !
On respire ! On a un budget mais lequel ?
Premier constat : ce budget 2026 ressemble en tout point à celui adopté un an plus tôt lorsque François Bayrou était premier ministre. C’est-à-dire qu’il ne remet pas en cause la politique économique menée depuis 2017 par Emmanuel Macron.
Et malgré les critiques de certains à droite, c’est tout sauf un budget de gauche, bien au contraire.
D’abord parce qu’il ne contient aucune mesure qui augmente les impôts des contribuables des ultra riches. On pense notamment à la taxe Zucman, maintes fois rejetée. Même la version light de la dite taxe n’a pas trouvé preneur ! On ne touche pas aux riches, c’est compris !
Par ailleurs, ce budget contient un article inspiré par l’extrême droite qui concerne la majoration des droits de timbre pour les étrangers. Cet article rehausse concrètement les taxes acquittées pour l’obtention d’un visa de régulation, d’un permis de séjour ou de résident. Dès cette année, le tarif normal d’une carte de long séjour ou de résident passera notamment de 200 à 300 euros pour une première délivrance. Quand le tarif minoré (étudiants, bénéficiaires du regroupement familial, travailleurs saisonniers…) augmentera de 50 à 100 euros. Le montant du visa de régularisation passera lui de 200 à 300 euros, et la demande d’accès à la nationalité française bondira de 55 à 255 euros.
Il s’agit de faire payer les pauvres étrangers et là le doigt ne tremble pas !
Outre cet article scélérat, on voit plus globalement en étudiant ce budget dans le détail que, hors ministères régaliens et de l’agriculture, les coupes sont généralisées dans toutes les missions de l’État. « Pour la première fois, les dépenses des ministères, seront inférieures à celles de l’année dernière », se réjouissait Sébastien Lecornu.
Le budget coupe près de 9 milliards d’euros de crédits dans l’ensemble des services publics, ce qui va nécessairement détériorer la redistribution et la réduction des inégalités.
L’aide au développement voit ses crédits baisser de 23 % en 2026, asséchant considérablement les moyens des ONG à l’international. Cela fait penser aux coupes budgétaires de Trump !
Le budget de la culture, perd 250 millions d’euros en 2026, soit une baisse de 6,4 %.
La fonction publique d’État est également en net recul avec une baisse de 29 %.
Le budget destiné aux aides au logement est lui réduit de 290 millions d’euros. De quoi renforcer la crise du logement, alors que les inégalités en la matière explosent et que la situation n’est pas partie pour s’arranger, déplore dans son dernier rapport la Fondation pour le logement des défavorisés.
Sans oublier les coupes sur la santé, l’école, l’écologie, les collectivités locales !
Ben dis donc, tout ça pour ça ?
Moins de services publics, moins d’aides aux défavorisés, moins de moyens pour la culture, et pas de contributions significatives des plus riches alors que ne cessent d’exploser les revenus des plus favorisés !
Ah ! J’oubliais, la hausse des dépenses militaires de plus 6,5 milliards d’euros !
« Tout dans ce budget est une escroquerie. Alors honte à ceux qui l’ont voulue« , assène Éric Coquerel. « Honte également à ceux qui permettraient qu’elle s’accomplisse. » Il dénonce « la constitution d’une nouvelle noblesse, celle de l’argent, tout aussi minoritaire que l’était celle de l’Ancien régime face au tiers-état« .
Et c’est ce budget que le Parti Socialiste a décidé de ne pas sanctionner par son abstention (largement prévisible depuis longtemps) lors du vote de la motion de censure.
En ne votant pas la censure le Parti Socialiste ne se rend-il pas complice de dix-huit mois supplémentaires de politique macroniste pour la population ?
Comprenne qui pourra !

































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