Édito – France : la diabolisation de l’antifascisme est en marche

par | 22 février 2026 | Edito

Le terrible homicide d’un militant fasciste (*) la semaine dernière à Lyon est devenu un prétexte à la diabolisation de l’antifascisme. Ce retournement de situation initié par l’extrême droite est lourd de dangers et de menaces, car il est cautionné par le gouvernement en place.

Ça semble être une évidence, mais il va falloir le dire et le redire : le fascisme précède l’antifascisme. C’est parce que le fascisme tue depuis ses origines qu’est né l’antifascisme.

Au sortir de la Deuxième Guerre mondiale, l’immense majorité des Européens étaient antifascistes. Ils avaient pour la plupart subi le fascisme.

Cette placardisation européenne du fascisme a été un fardeau pour l’extrême droite, pendant des dizaines d’années elle a connu une longue traversée du désert. Depuis la libération, elle n’a de cesse de sortir des oubliettes de l’histoire dans lesquelles elle avait été jetée.

En France, gaullistes et communistes ont combattu les armes à la main le Pétainisme et le fascisme. Cette convergence ponctuelle entre gauche et droite a permis la mise à l’écart de l’extrême droite.

Les fascistes n’ont eu de cesse d’annuler cette mise à l’écart.

L’héritière du clan Le Pen, Marine, donne un coup d’accélérateur à la dédiabolisation en changeant le nom et en repeignant la façade du FN.

En quelques années l’impossible va se produire, le loup va devenir un mouton.

Très vite la dédiabolisation du fascisme commence à aller de pair avec la criminalisation des mouvements sociaux (mouvements des retraites, gilets jaunes, luttes écologiques).

Chaque manifestation devient l’objet de répressions policières décidées au plus haut niveau des ministères (Sainte Soline, A69).

Pour les gouvernements en place : « la société s’ensauvage », « l’ultra gauche est une menace », « les écoterroristes un danger ».

Le discours gouvernemental de l’extrême centre va de pair avec la montée de l’extrême droite.

Une grande partie de la droite gaulliste passe avec armes et bagages chez les pétainistes.

Ce mouvement est profond, les Ciotti, Darmanin, Wauquiez, Retailleau en sont les boussoles.

Les Attal, Philippe, Bertrand hésitent encore à franchir le Rubicon.

Dans ce contexte préexistant, il n’est pas étonnant que le drame de la semaine dernière ait eu lieu à Lyon.

Pour l’extrême droite pétainiste, fasciste, royaliste, cléricale, Lyon est restée la capitale des Gaules.

Cette fixation lyonnaise sur un passé révolu en dit long sur la mythologie fasciste.

Depuis la libération, les fascistes font de Lyon une citadelle. Une citadelle où les racisés, les femmes, les juifs, les trans, sont autant en danger que les militants de gauche.

C’est pour se défendre de ces agressions récurrentes qu’a été créée la Jeune Garde. Elle s’est bâtie sur un mode d’autodéfense et c’était nécessaire. L’autodéfense n’est pas la même chose que l’attaque, nous y reviendrons.

Depuis une semaine nous assistons à la criminalisation de pans entiers de la gauche politique, syndicale et citoyenne.

Les permanences sont taguées, saccagées, des locaux attaqués, des personnes menacées de mort. Chaque jour qui passe amène son lot de provocations.

Il va falloir le dire haut et fort, la violence est depuis toujours du côté de ceux qui :

  • chantaient : « viva la muerte » en Espagne en 1936,
  • disaient : « je m’en fous (en parlant de la mort) » en Italie dans les années 1920,
  • arboraient des têtes de mort sur leurs uniformes de SS,
  • ont créé les camps d’extermination pour les juifs, les gitans, les handicapés, les homosexuels, les militants, les opposants.

Pour faire face à cette résurgence de la violence institutionnelle et politique, la création d’un large front antifasciste au niveau national et local est indispensable.

Le pire serait d’attendre que ça passe comme le proposent Hollande et Gluksman, que la dynamique fasciste s’arrête seule ; elle ne s’arrête pas, l’histoire l’a prouvé.

(*) Quentin aura successivement été militant d’un groupuscule néo-fasciste « Allobroges Bourgoin » qui se réclame de la mouvance nationale révolutionnaire fasciste, du groupe « Action française » de Vienne qui se revendique royaliste, des intégristes religieux catholiques de Lyon, le tout à 23 ans. Tous ces éléments sont vérifiables sur les sites Rue89 et Médiapart.

(**) Depuis 2017, six personnes sont mortes du fait d’activistes de la droite radicale :

  • Les militant·es kurdes Emine Kara, Mehmet Srin Aydin, Abdurrahman Kizil, abattu-es rue d’Enghien à Paris, en 2022,
  • Le rugbyman argentin Federico Martin Aramburu, tué à Paris en 2022,
  • Djamel Bendjaballah, écrasé par un militant de la Brigade française patriote, à Dunkerque (Nord), en 2024,
  • Hichem Miraoui, tué parce qu’arabe dans le Var, en 2025.

Aucune de ces victimes du fascisme n’a bénéficié d’une minute de silence à l’Assemblée nationale (source Médiapart)

Partager sur

En Bref

< Retour à l'accueil

L'agenda Culturel

L'agenda Militant

Lettre d'informations En Vie à Béziers

Pour recevoir notre lettre hebdomadaire

La Revue de presse

Dessins et photos d'actualités

Le mot du maire de Béziers

En vie à Béziers Adhésion et/ou dons !

Le coin des lecteurs

Vivre quelque chose ensemble

Salut, Entre les œufs et le gros lapin de Pâques, la grosse cloche de la maison blanche a promis la destruction comme perspective  : « une civilisation entière allait disparaître pour ne plus jamais renaître »... puis il a bien fallu se confronter à la réalité, car le...

Fuites à la CCHL : dégât des hauts le cœur et bas les masques !

Le conseil communautaire du Haut-Languedoc (CCHL), s'était donc réuni  mardi 31 mars 2026 pour élire son  président et les vice-président-e-s. Robert Bousquet, maire de Lacaune et unique candidat à la présidence de la CCHL a été élu, avec les voix de 30 des...

Cueillette des chants de la Cimade/15 et 24 avril 2026

Bonjour tout le monde Le printemps arrive et nous met en fleurs ! Le 24 avril à partir de 18h, vous êtes invité.es. à la restitution de la Cueillette des Chants de la Cimade Béziers, mené par Laurent Cavalié. L’idée, c’est de cueillir la mémoire chantée de toutes...

Activités LPO avril

16 avril : 19h au Campotel de Bédarieux, conférence ouverte au public « Le Monde extraordinaire des chauves-souris » animé par Camille Fraissard, salarié de la LPO Occitanie chargée de missions nature et biodiversité.  La conférence sera...

Au bout du fil de la presse libre

Des médias et des penseur·euses pour s'armer contre l'extrême droite

A lire : Comment le fascisme gagne la France, De Macron à Le Pen Ugo Palheta, 2025, La Découverte

Ugo Palheta : "Les fascistes nous veulent déprimés, sidérés et isolés : la réponse, c'est l'action collective" (Socialter) 

 

L’association a bénéficié en 2018 et 2019 du fonds de soutien aux médias d’information sociale de proximité / Ministère de la culture

Nombre de visites

Nombre de visites

1084422
Total Users : 1084422

lundi 13 avril 2026, 12:48

La Rédaction