C‘est la proposition de loi que vient d’annoncer Sébastien Lecornu ce jeudi 19 février au 40e dîner annuel du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France). Et pourquoi pas l’écologie ou l’humanisme ? Ou bien mal voter ou mal penser ?
Après les éco-terroristes et les islamo-gauchistes, la tendance en France est de pénaliser, à la sauce Trump, tout ce qui ne plaît pas à nos gouvernants.
Cette proposition de loi est un tournant législatif majeur, comme le long aboutissement d’un processus volontaire et malhonnête de confusion concernant les évènements qui se déroulent depuis près de 80 ans en Palestine.
Assimiler l’antisionisme à l’antisémitisme est courant et de plus en plus récurrent. Il ne s’agit pourtant pas de la même chose :
- l’antisionisme est une opinion qui s’est opposée au sionisme c’est-à-dire à l’existence de l’État d’Israël. Aujourd’hui, c’est devenu l’opposition à la revendication sioniste de considérer la Palestine comme l’État d’Israël, de droit, puisqu’il est le peuple élu (de Dieu d’après la bible) et premier sur cette terre ! Il s’agit donc d’une opposition à cette idéologie de domination dont on a depuis mesuré les conséquences : attaques répétées depuis 80 ans de l’État d’Israël contre les Palestiniens et colonisation progressive de leurs terres.
- l’antisémitisme est un délit, et renvoie à la haine des Juifs (israéliens ou pas)
Dans un contexte de recrudescence des actes antisémites, personne ne conteste l’urgence de combattre l’antisémitisme tout comme le racisme.
Mais la proposition de loi vise à élargir le délit d’apologie du terrorisme et à créer un nouveau délit : l’« appel à la négation d’un État ». C’est là que réside le danger.
« la France se tient aux côtés de l’existence de l’État d’Israël » a dit Lecornu
Comment devrions-nous alors appeler celles et ceux qui s’opposent à l’existence d’un État palestinien ? À sa négation ?
Et faut-il alors en faire là-aussi un délit ? Chiche !
Contester la nature d’un régime, critiquer un projet national, défendre une transformation radicale d’un cadre constitutionnel relèvent du débat politique. Pénaliser ces positions, même choquantes ou excessives, reviendrait à déplacer la frontière entre opinion et délit.
On retrouve là les fantasmes de Trump pour qui est un délinquant toute personne qui ne pense pas comme lui !
Car confondre la haine des juifs (qui doit être combattue sans faiblesse) et la critique d’un projet politique ou d’un État revient à brouiller les repères.
Le mot même de « résistance » deviendrait-il suspect ?
Ce type d’idéologie peut placer chercheurs, journalistes et militants sous la menace permanente d’une qualification pénale.
Or analyser la violence politique, la contextualiser, la comparer, n’est pas l’excuser : c’est chercher à la comprendre. Criminaliser cette démarche reviendrait à restreindre l’espace même du savoir. De la même manière, interdire certaines comparaisons historiques, même controversées, porterait atteinte à la méthode scientifique.
Et on retrouve la catastrophique réalité trumpienne avec toutes ses attaques sur la presse et la recherche.
À vouloir sanctuariser certains sujets par le droit pénal, le gouvernement prend le risque d’affaiblir ce qu’il prétend défendre : un État de droit fondé sur la liberté d’expression, le pluralisme et la rigueur juridique.
Si être antisioniste, c’est être antisémite, si soutenir les droits du peuple palestinien, c’est soutenir le Hamas, si défendre l’écologie, c’est du terrorisme alors on court le risque que TOUTE opinion devienne un délit !
C’est peut-être le but !

























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