Le 19 mars 1882, voilà exactement 144 ans, débute la construction du temple expiatoire de la Sagrada Familia à Barcelone sous l’impulsion de l’architecte diocésain Francisco de Paula del Villar.
Situé en plein cœur de Barcelone, l’œuvre est devenue au fil des ans l’un des signes universels de l’identité de la ville et du pays. C’est sûrement l’œuvre architecturale la plus célèbre de Barcelone et le symbole le plus éclatant de la Catalogne.
Le monument le plus visité de Barcelone et peut-être d’Espagne est encore un chantier qui dure depuis près de 191 ans!
La construction de cette basilique catholique dédiée à la Sainte Famille débute le 19 mars 1882 à l’initiative d’une association des dévots de Saint-Joseph. Elle est financée uniquement par les aumônes et la générosité des fidèles.
Le projet va prendre une ampleur inattendue dès l’année suivante avec sa prise en main par un nouvel architecte visionnaire, Antoni Gaudí.

Cet architecte catalan apparaît comme le principal représentant de l’Art Nouveau, un courant artistique qui s’est épanoui dans toute l’Europe au tournant du XXe siècle.
Le projet présenté par Gaudí, alors âgé de 31 ans, constitue un changement total par rapport à celui de Villar. Il prévoit la construction d’un temple à l’architecture issue de son imagination personnelle.
En rupture avec l’académisme, il promeut les références à la nature, en particulier au milieu marin, avec des motifs décoratifs et des structures tout en courbes et en couleurs. Avant que les travaux ne soient confiés à Gaudi, les maçons et ouvriers travaillaient de manière très traditionnelle et très simple. En vue de l’importance et de la grandeur du projet, Gaudi change les méthodes de travail afin d’être plus efficace. En effet, il apporte des chariots pour transporter le matériel et des grues pour soulever les charges lourdes. Pour que les travaux avancent de manière rapide et efficace, il sollicite quasiment tous les ateliers de la ville pour l’aider dans sa construction.
Comme l’ensemble de l’Art Nouveau, l’art de Gaudí est imprégné par l’appétit de vie, le mystère de la Nature et la gaieté. On peut l’apprécier à travers ses nombreuses réalisations architecturales qui font la beauté de Barcelone .

Toutes en rondeur, elles excluent la ligne droite et angulaire, ce qui leur donne une infinie douceur et une grande humanité, à l’opposé des constructions glaciales et sans âme de la fin du XXe siècle.
Ainsi en va-t-il de la Sagrada Familia qui est assurément la création la plus importante, la plus grandiose la plus complexe aussi de Gaudi. Il doit composer avec des plans préexistants et travailla à sa construction pendant toute sa vie.
Le jeune architecte, fervent catholique, fait le choix d’un édifice de très grandes dimensions, avec une nef de 90 mètres de long, surmontée de 18 tours, pour les douze apôtres, les quatre évangélistes et la Sainte Famille : Joseph, Marie et le Christ. La tour la plus haute, qui représente le Christ, culmine à 170 mètres. Malheureusement, une seule de ces tours verra le jour avant sa mort.
Toute la basilique est ainsi chargée de symboles religieux, dans sa structure et ses éléments décoratifs tant extérieurs qu’intérieurs. Elle compte par exemple trois façades qui représentent la Nativité, la Passion et la Gloire ou la Résurrection du Christ.
Cette église est une sorte de résumé de son œuvre et on peut lire la façade principale comme l’évolution de tout son art.

L’architecte mesure rapidement l’ampleur du chantier et comprend qu’il ne sera achevé que bien après sa mort. Il élève donc en premier lieu les tours afin que celles-ci ne soient jamais remises en cause, et gardé pour la fin la couverture de la nef.
Renversé par un tramway le 10 juin 1926, Antoni Gaudí a été inhumé dans la crypte de la basilique à laquelle il a offert la plus grande part de son génie. Il laisse derrière lui une œuvre inachevée
Les travaux se sont poursuivis grâce à l’argent des dons et celle des visites sous la direction de ses disciples. Peu à peu, son rêve devient réalité grâce à plusieurs artistes venant achever petit à petit son gigantesque travail en utilisant les plans originaux de l’architecte et les constructions ont pu reprendre. Depuis peu, la grande salle intérieure est ouverte au public.
En 1997 toutefois, les admirateurs de Gaudí se sont émus de ce que la façade de la Passion ait été décorée de sculptures toutes en angles vifs et acérés, l’exact opposé de la douceur du maître.
La nef, aujourd’hui couverte, a été consacrée par le pape Benoît XVI le 7 novembre 2010. Les architectes actuels, ont planifié la fin des travaux du Temple en 2026, soit 100 ans après la mort de Gaudi lequel pourrait être béatifié à cette occasion…
… Mais c’est une autre histoire !
Écouter la chronique avec illustration musicale































Total Users : 1072322