Le 29 avril les eurodéputé-es ont adopté à une très large majorité (540 voix pour, 60 contre et 45 abstentions) le fameux « Omnibus VI ». Un ramassis de mesures qui visent, une fois de plus, à laisser aux industriels du temps et de nouveaux délais pour qu’ils s’adaptent aux mesures de santé publique. Des années, des mois supplémentaires pour continuer à nous tuer à petit feu.
Proposé par la Commission européenne, le parlement l’a suivie en prolongeant l’utilisation de substances cancérogènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction dans les produits cosmétiques (CMR). L’Europe ne préconise même pas de commencer à réduire la vente des produits dangereux. Ils continueront à être en rayon au détriment de la santé des Européen-nes.
Normalement, les substances CMR sont interdites dans les produits cosmétiques commercialisés dans l’Union européenne. En tout cas, pour celles qui sont reconnues comme telles après quatre ans d’expertises et de contre expertises. Évidemment,ensuite, il existe des dérogations dont les modalités diffèrent en fonction du niveau de danger de la substance.
Les industriels s’inquiétaient de la possible classification CMR de certaines substances, comme le paracymène ou l’acétophénone, utilisées notamment en parfumerie. Ils critiquaient également des difficultés à obtenir des dérogations.
Qu’à cela ne tienne, ils ont obtenu une rallonge des délais : le texte leur accorde environ deux ans et demi pour retirer de la vente des produits contenant des substances CMR lorsqu’aucune demande de dérogation n’est déposée. Un délai supplémentaire pourrait être accordé par dérogation, jusqu’à plus de 6 ans dans certains cas.
Les délais pour maintenir sur le marché des produits contenant des substances nouvellement classifiées CMR sont « totalement inacceptables », juge l’ONG française Générations Futures.
L’ONG Health and Environment Alliance (HEAL), qui regroupe environ 70 organisations de défense de la santé et de l’environnement estime que les négociations à venir entre le Conseil, le Parlement et la Commission européenne (négociations dîtes en trilogue) doivent aboutir à une meilleure protection des consommateurs. « Nous appelons toutes les parties (…) à donner la priorité à la protection de la santé ».
Les industriels sont contents des délais et dérogations obtenus, après s’être agités ces derniers mois auprès des eurodéputé-es. Un lobbying, en particulier des multinationales du luxe (Chanel, LVMH, L’Oréal…) que le gouvernement français a soutenues, présentant aux élu-es les avantages d’un allongement des délais de transition.





























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