Israël/ Palestine/Royaume Uni : Historique des relations

par | 12 juillet 2026 | Histoire

Après la Shoa et les pogroms en Europe, un grand vent de sympathie soufflait en faveur de l’établissement d’un État israélien et des kibboutz. Cela a permis de dissimuler les conditions de réalisation du projet : l’expulsion des Palestiniens.

De 1903 à 2004, au Royaume uni, Le « Jewish Labour movement » (mouvement ouvrier juif) a eu pour but d’encourager les femmes juives à se rattacher au Parti travailliste et à Israël. Le « Labour friends of Israël » (amis d’Israël) a été créé. Cependant, au cours des années qui ont suivi, avec la montée de Thatcher, cela est passé au deuxième plan. Affilié au « World zionist organ » (organe sioniste mondial), le gouvernement britannique n’y a joué qu’un rôle mineur.

C’est à la fin du XXe siècle aux États-Unis et en Grande Bretagne de façon concomitante, que ce mouvement a été réactivé.

L’AIPAC « American Israël public affairs commitee » (Commission des affaires publiques americano israéliennes), créée en 1963 aux USA, « visant à apporter un soutien politique à la droite israélienne proche du Likoud », s’est beaucoup développée dans de nombreux pays, spécialement en Angleterre.

Cette commission a prétendu avoir de 5 à 6 millions d’adhérents, (55 000 semblait plus probable en 1989 *).

Elle compterait 80% de Juifs américains et 10% de fondamentalistes chrétiens. Ce mouvement  reste le mieux organisé et le plus actif des lobbyistes. Tous les efforts à partir des années 70 et 80 pour réduire son influence ont échoué, car il finance un très grand nombre de « congressmen » (députés) des deux partis : démocrates et républicains. Alimenté par un club de milliardaires, il subventionne les nouveaux candidats à la députation. Tous leurs frais de campagne sont couverts, ainsi que des voyages en Israël et nombre de privilèges. La règle : récompenser les amis et punir les adversaires.

Mais en Grande Bretagne, avec l’élection de Jeremy Corbyn comme chef du Parti travailliste en 2017, beaucoup de choses changent. Il désapprouve les actions d’Israël en Palestine et dénonce les abus de l’AIPAC.

Le bloc Israël/US riposte et dit que jamais il ne tolèrera un gouvernement britannique qui critiquerait Israël et défendrait les droits des Palestiniens.

Une série de complots sont alors organisés à l’initiative du lobby pro israélien et de la droite du Parti travailliste afin de détruire l’aile gauche des travaillistes.

Une main mise sur l’ensemble de la presse s’ensuit. (Exactement comme en France, par des rachats massifs de medias). Blair et les Lords aidés par leur amis multimilliardaires utilisent leur influence pour y parvenir, avec le Foreign Office d’Israël (ministère des affaires étrangères).

Des millions sont versés dans deux associations presque moribondes : JLM « Jewish Labour movement » et « Labour friends d’Israël ». 145 voyages financés pour les députés élus et les Lords et des milliers de livres distribués. Actuellement, plus de la moitié du Conseil des ministres travaillistes est constitué de membres financés par ces groupes.

Alors que Jeremy Corbyn était l’un des personnages les plus admirés et respectés du pays dans tous les sondages, ils ont réussi à le disqualifier en décembre 2019, à coups d’accusations d’antisémitisme ! (Air connu, repris en France.)

Habilement, le groupe « Labour together » a positionné Starmer pour remplacer Corbyn en présentant un manifeste de gauche qui a été abandonné avant même l’élection.

Mais un changement se profile aux USA !

Depuis 2023/2024, suite au génocide à Gaza et en Cisjordanie, on voit des candidats démocrates refuser les fonds de l’AIPAC. Ce mouvement reste minoritaire, mais il a le mérite d’exister.

 Il faudra probablement des années pour faire baisser une influence qui s’est imposée depuis 60 ans.

D’après le témoignage d’une militante qui a adhéré pendant 40 ans au Parti travailliste, et qui est actuellement démissionnaire.

* 55 000, Monde diplomatique août 1989.

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