Cette rentrée politique et sociale est particulière, car elle précède de quelques mois seulement une élection présidentielle qui peut porter l’extrême droite au pouvoir en France. Pour contribuer à éviter ce qui peut devenir un point de non-retour, je propose une série qui s’adresse à celles et ceux qui pensent naïvement que l’extrême droite n’est pas dangereuse en France parce qu’elle n’a pas été essayée.
L’extrême droite a déjà été essayée en France entre 1940 et 1944, pendant ces 4 années elle a mis en place une dictature et elle a collaboré avec l’occupant nazi.
Elle n’a été chassée qu’au prix d’une guerre civile au travers d’une résistance armée et d’un débarquement des forces alliées sur son territoire.
La première leçon, c’est qu’on ne se débarrasse pas facilement de l’extrême droite. En conséquence, il vaut mieux ne pas la porter au pouvoir.
La deuxième leçon, c’est qu’il existe (comme le disait Umberto Eco) un fascisme primitif et éternel. Ce fascisme il faut apprendre à le repérer et le dénoncer.
La troisième leçon, c’est qu’il y a une filiation entre l’extrême droite des années 30, celle de Vichy et celle, actuelle, du RN. Il est de notoriété publique que le Front national a été créé par d’anciens Waffen SS français qui ont combattu dans la division Charlemagne.
La quatrième leçon, c’est que le fascisme est par essence nationaliste, mais qu’il existe au niveau international. Dans ce cadre les différents fascismes entretiennent simultanément des relations d’aide et de concurrence.
Pour appréhender ces différents axes, il fallait une méthode, j’ai choisi de distinguer 3 grandes périodes. La première portera sur la décade 1930/1940, la deuxième sur la dictature de Vichy, la troisième sur l’éclatement post 1945 qui a vu les collaborateurs se recycler dans différents partis dont le FN.
À l’intérieur de ces périodes, je chercherai en permanence à dégager ce qui fait lien entre le passé et le présent. Car l’extrême droite et le fascisme c’est avant tout une continuité.
Une continuité que l’on peut caractériser et que nous retrouverons dans toutes ces séquences.
De 1930 à 2026 le fascisme c’est :
- Une attaque, souvent populiste, contre la démocratie libérale,
- Un retour au nationalisme tribal,
- Une révolte contre ce qui est considéré comme décadent,
- Un appel à l’irrationnel et au complotisme,
- Un retour brutal à des valeurs conservatrices,
- Une dichotomie entre ce qui est fait et ce qui est dit,
- Un hiatus permanent entre l’idéologie prônée et la pratique chez les cadres et les militants,
- Une idéologie profondément contre-révolutionnaire et rétrograde,
- Un appel aux déclassés, parvenus, aventuriers, pour remplacer les notables,
- Une volonté de renverser le pouvoir existant plus ou moins pacifiquement,
- Un double discours permanent,
- Une mystification verbale,
- Une volonté de gouverner les rapports humains par la hiérarchie,
- Un goût immodéré pour l’impérialisme et la colonisation,
- Une défense du droit de propriété, du profit, d’une fiscalité proche de zéro,
- Une réduction des dépenses publiques vers moins de « commun »,
- Une volonté de démanteler les syndicats et de réduire ou interdire les partis politiques,
- Une défense des intérêts sociaux, économiques et culturels du capitalisme,
- Une promotion du catholicisme en France,
- Un rejet des mœurs modernes,
- Un virilisme assumé et revendiqué,
- Un rejet organique du féminisme et du « wokisme »,
- Un racisme endémique,
- Une conception caméléonesque de la politique,
- Une volonté de s’assurer la mise sous tutelle de l’armée et de la police,
- Des différences affichées entre personnes et mouvements qui n’occultent pas des ressemblances fondamentales,
- Une profonde répugnance pour la démocratie sociale, économique et politique,
- Un immense dégout pour les valeurs de la démocratie,
- Un rejet de la lutte des classes au nom de la collaboration des classes,
- Une croyance que le spirituel l’emporte sur le matériel,
- Une haine de la « décadence » culturelle,
- Une tendance à régler les différends par la force, la violence, la disparition.
La volonté de cette série, c’est prouver qu’au fil du temps ces différentes caractéristiques s’articulent et se maintiennent dans différentes séquences politiques.
Ce continuum sur près d’un siècle donne la possibilité à une hypothétique Présidence de la République en 2027 de mettre en œuvre ces différentes caractéristiques.
C’est bien entendu ce que je vous propose collectivement d’éviter en diffusant massivement autour de nous ce devoir de mémoire.




























